EE
54 cas) mais qui durent être abandonnées en raison de la douleur intense qu'elles provoquent localement.
Besnier! en 1877, apporta en France une méthode empruntée à Collins, consistant en injections profondes de 50 centigrammes à 1 gramme de chloroforme pur qui, suivies d’abord d'une: douleur assez vive, produisent quelques minutes après, sur le trajet du nerf, l’engourdissement et l’anesthésie. |
Dujardin-Beaumetz, par la même pratique, eut dans quelques cas des accidents locaux assez graves.
De même, Piotrowski?, pratiquant les injections de bleu de méthyle à 1 gr. pour 50, vantées par Ehrhch, n'en obtint aucun résultat appréciable à l'hôpital universel de Lemberg.
L'antipyrine en solutions à 10/20,1injectée dans le üssu cellulaire sous-cutané par Germain Sée * en 1887, parait avoir agi efficacement dans certains cas de névralgies el même de névrites, mais elle provoque souvent des œdèmes douloureux, et ne renouvelle pas ses succès entre les mains de Verneuil, Dieulafoy, Lereboullet, Albert Robin‘. D'autre part, ce dernier auteur publie plusieurs observations de sciatiques et névralgies améliorées et opérées par des injections de sue testiculaire et surtout par celles de glycéro-phosphates, qui auraient, dit-1l, sur le nerf, une action à la fois sédative et tonique, procédé qui est à rapprocher de celui de Glorieux,
* Besnier, Société de Thérapeutique, novembre 1877.
* Piotrowski, Compte rendu, Société de Biologie, Paris,
* Germain Sée, Académie des Sciences, 11 juillet 1887.
Albert Robin, ën thèse Billard, Paris, 1896,
de Bruxelles, qui injectant le phosphate de soude, obtint 7 cas de guérisons sur 10 névralgies du trijumeau.
De tous ces traitements, quelques-uns sont rayés définitivement du domaine de la science, d'autres au contraire y jouissent encore d'une faveur justifiée tels surtout que le massage, la révulsion, l'électricité.
Nous signalerons encore deux méthodes que nous avons volontairement omises jusqu'ici, pour les étudier avec quelque détail: les injections d’eau pure de Potain, et la congélation de Debove. En 1869, le professeur Potan' eut l'idée de pratiquer, chez ses malades atteints d'affections douloureuses de toute nature, des injections d'eau, de 8 à 10 gouttes chacune, à raison de 10, 12 et même 15 injections en une séance, aux points maximum de douleur. Aussitôt après, le malade éprouvait une vive brülure qui durait de vingt à trente secondes, puis disparaissait subitement, ainsi que la douleur précédente, souvent d'une façon définitive, et si bien que le malade Iuimême demeurait étonné d'une guérison si soudaine, De même, chez un malade atteint de colique néphrétique, deux injecuons faites aux deux foyers douloureux : région lombaire droite, et testicule du même côté, le soulagement fut immédiat. |
D'autre part, Debove*, en 1884, cherchant un moyen de révulsion, qui pül agir sur une grande étendue dans le domaine du sciatique, eut recourt à la
1 [lékimiau, thèse de Paris, 1872.
2 Debove, Bull. et mém. de la Sociélé méd. des Hôpitaux de Paris, séance du 8 août 1884,
congélation de la peau, dont les fontions revenalent du reste progressivement à l'intégrité, et dont les escarres mêmes possibles n'offraient pas un inconvénient sérieux, puisque le cautère est un traitement classique de la maladie.
L'agent employé fut le chlorure de méthyle qui donne un froid de 23 degrés et dont l'emploi est relativement facile grâce aux siphons où on le conserve. Dans toutes les névralgies où la douleur est l'élément capital, des résultats furent oblenus instantanés et durables ; le maximum des accidents fut une légère vésication ; la peau congelée éprouvait une douleur moindre que dans la caulérisation ignée, et la décongélation était suivie d'un degré plus où moins accusé d'érythème.
De tous ces moyens, le dernier est peut-être, à l'heure actuelle, le plus employé (à Lyon du moins), principalement dans les cas anciens, rebelles aux autres agents de révulsion, la cautérisalion ignée en parüculier. Nous verrons plus loin s'il n’y a pas lieu de lui adresser quelques critiques, non compris, bien entendu, les cas où il échoue entièrement. Pour être complets, nous ferons remarquer après M. le professeur agrégé Roque, les services que pourraieht rendre les cures de Beaume, près Valence, et du Martouret, près Die, si l'organisation de ces stations thermales était moins défectueuse. Nous arriverons enfin à l'étude d'un procédé dont nous avons fait, après des praticiens éminents et consciencieux, des preuves qui peuvent le recommander à l'attention des malades et des méde-
CIns,