PROCEDE EN Y DE GEORGES LAURENS
La méthode que nous allons décrire n’a aucune prétention à l'originalité : c’est un procédé éclectique, destiné à la cure radicale des sinusites frontales bilatérales et qui emprunte à des procédés opératoires divers les temps paraissant remplir le plus exactement possible les conditions requises pour l'obtention du plus parfait résultat. |
C’est en somme une combinaison des procédés de Luc et de Chaput, adaptée au traitement chirurgical des sinusites frontales bilatérales.
Georges Laurens a été conduit à appliquer cette méthode opératoire par le fait clinique suivant :
Au cours d’une trépanation pour mucocile frontoorbitaire suppurée, avec nécrose spontanée de la paroi de l'orbite, accidents oculaires et envahissement des deux sinus chez une femme, il était nécessaire de respecter l’esthétique de la face.
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I] fallait éviter la récidive et, dans ce but, drainer largement la cavité. -
L'opération, faite selon le procédé de Luc, s'élait terminée par l'ouverture des deux sinus en deux orifices distincts : l'important était de réaliser un drainage maximum pour éviter la réinfection de la cavité opératoire.
Georges Laurens utilisa alors un des temps de l'opération de Chaput que nous avons longuement cité plus haut, qui consiste à effondrer la cloison séparant les deux canaux naso-frontaux, c’est-à-dire la lame perpendiculaire de l’ethmoïde.
Pour ce faire, il réunit les incisions faites sur chaque sourcil par un tracé curviligne, au niveau de la racine du nez, qui fut entamée à la gouge; il y eut même essai de lambeau ostéo-plastique, mais l’os étant trop éburné, l’opérateur y renonça de erainte de provoquer un éclatement: les deux orifices de trépanation furent alors réunis par une échancrure horizontale faite au niveau de la racine du nez.
À travers cette échancrure, les deux orifices supérieurs d’abouchement des canaux naso-frontaux étaient nettement visibles et ce fut par cet orifice qu’à l’aide de la gouge et du maillet, et surtout de cureltes, on effondra de haut en bas, la lame perpendiculaire de l’ethmoïde en avant dans la direction du lobule, c'est-à-dire en suivant une direction autant que possible parallèle à l'arête dorsale du nez et directement en:bas vers le plancher nasal.
« J’eus alors un vaste infundibulum mesurant en
done largeur lécartement des deux os propres et me permettant un drainage sinusal parfait. »
Tamponnement de la cavité à la gaze et suture des téguments. |
. Le résultat fut des plus satisfaisants et, au point de vue esthétique, la malade, quoique d’un âge respectable, mais fort coquette, fut enchantée.
Tel a été Le point de départ de cette méthode ; que nous allons maintenant décrire en détail. Les deux principes directeurs sont les suivants: ds 4° Obtenir un drainage maximum, et pour ce réséquer les cornets moyens:
% Respecter l'esthétique de la face, d'où nécessité de la trépanation, médio-frontale juste au niveau de la glabelle. 5%,
Préalablement à l'opération, . est utile de procéder à la résection des cornets moyens. |
RésECTION PRÉALABLE DES CORNETS MOYENS. — La réséction des deux cornets moyens qui masquent Yorifice inférieur du canal fronto-nasal, en lui servant en quelque sorte d’opercule, a pour but de drainer largement la partie inférieure d’abouchement du canal fronto-nasal dans le nez.
On peut y procéder : 1° soit avant l’acte opératoire, 2° soit pendant l'intervention.
4° Avant l’acte opératoire. — Trois où quatre jours avant l'intervention, au besoin même la veille, on
procède de la sorte: … , | Après cocaïnisation des cornets moyens avec une
solution faible de cocaïne à 1 0/0,on adrénalise copieu- : x
Pope sement la surface des cornets, puis on applique sur toute leur longueur le mélange de Bonain:
Acide phénique neigeux
Menthol âà 1 gramme Chlohydrate de cocaïne
Dès que la muqueuse a pris la coloration rose pâle
« couleur plaque muqueuse » (Georges Laurens), on
” saisit avec la pince ethmoïdale uni ou bi-coudée (fig. 2
et 3) la tête du cornet que l’on écrase d’abord et que l’on tord ensuite, finalement qu’on enlève partraction, facile du reste: La pince bi-coudée trouve en parti-
FiG. 2. — Pince ethmoïdale de Georges LAURENS.
eulier son application dans les nez atrésiés, en hauteur, d'accès étroit ou difficile.
On procède ainsi de proche en proche et il n’est pas rare qu’en une ou deux prises, on ait arraché la totalité du cornet moyen. Cela fait, on tamponne à la gaze, assez serrée, s'il y a hémorragie: au besoin, on applique un ballon de caoutchouc. S'il n’y à pas de suintement sanguin, on mel le malade en obser-
AU AS vation pendant une demi-heure à une heure et on le laisse partir sans le moindre pansement, s’il ne saigne pas. :
2° Pendant l'acte opératoire. — Le malade étant anesthésié, la tête placée en position de Rose, on cocaïnise le nez (pour supprimer les réflexes) et on adrénalise (pour éviter l’inondation sanguine). On procède alors à l’extraction des cornets, mais l’exé-
cution de ce temps opératoire est beaucoup plus dif- \ $ ;
F1c. 3. — Pince ethmoïdale bi-coudée de Georges Laurens.
ficile en position couchée etinclinée, avec anesthésie générale, que dans la position assise avec cocaïnisation. L’extrémité céphalique estplus congestionnée. le suintement sanguin plus abondant d’où danger d’asphyxie pour le malade si le sang s’accumule dans l’arrière-cavité des fosses nasales et durée beaucoup plus longue de l'intervention à cause du tamponnement plus fréquent pour dégager le champ opéra-
toire.
yes Cette entrée en matière terminée, on passe à la partie la plus importante de l'intervention.
Deux cas peuvent se présenter :
4° Le diagnostic de sinusite frontale bilatérale est certain ; | | 2 Le diagnostic de sinusite frontale bilatérale est
douteux.