II. — OBSERVATIONS
1° OBSERVATION : J. K1., 16 ans, blessé le 17 juin 1940, par éclat de bombe d’avion. Le blessé nous est amené, le 2 juillet, souffrant en céphalées violentés, vomissant abondamment, mais conscient, répondant bien-aux questions. Sa température est aux environs de 37°. Son pouls est à 80; il n’a ni troubles de la respiration, ni troubles de la déglutition. Il présente une hémiplégie gauche discrète.
Au front siège l’orifice d'entrée, irrégulier et suppurant, d’un éclat gros comme un petit pois, qui est allé se loger dans la région pariéto-occipitale droite.
La ventriculographie confirme l’hypothèse à un abcès constitué autour du projectile.
L'intervention du 4 juillet permet d'enlever en masse cet abcès ; sutures de la dure mère et de la peau selon la technique du service. Au cours de l’intervention, on a prélevé du pus sur le trajet suivi par le projectile. Il était riche en streptocoques comme celui prélevé au niveau de l’orifice d’entrée.
Les 5, 6 et 7 juillet, il reçoit :
— 2 gr. de 693 par voie intra-veineuse; — 2 gr. de 693 par voie intra-musculaire.
Le troisième jour, on dose le Dagénan dans le liquide céphalorachidien : 3 mmgr. %.
Le 13 juillet, élévation brusque de la température à 40° ; l’enfant se plaint de la tête, devient raide ; on décide de reprendre le 693 à plus forte dose. Pendant cinq jours, il prendra : L£ gr. en Dagénan par la bouche plus 2 gr. par voie intra-veineuse.
Petit à petit la température redevient normale, mais la plaie cutanée continue à suppurer; on essaie encore le 693: 12 gr. par os pendant 3 jours, sans résultat bien net. Cependant, à la longue, la cicatrisation cutanée a été obtenue.
Actuellement, l’enfant vit normalement, l’hémiplégie à complètement disparu.
Au total, l'enfant a reçu, en trois fois et par différentes voies, 118 gr. de 693, sans aucun inconvénient. Les quelques troubles notés:
AIS TEE
cyanose intense, nausées, surtout lors de la troisième série, n’ont pas obligé à interrompre le traitement.
2° OBSERVATION : À..., 42 ans.
C’est à cette observation que notre maître, le Professeur Clov:: Vincent a fait allusion lors de sa leçon à la Faculté, sur le traite ment des traumatismes eraniens. Le blessé était atteint d’une fraeture de l’étage antérieur du crâne, portant principalement sur la région frontale droite, avec ouverture au sinus.
Dès l'accident (13-12-39), il perd connaissance pendant quelques heures, saigne du nez.
À son arrivée dans le service, trois Jours après l'accident, il est confus, obnubilé, très agité, ne présente aucun signe neurologique ; au fond d’œil on trouve un léger æœdème de la papille droite ; la température est normale, On ne note aucun symptôme d’atteinte de la vie végétative.
Dans les jours suivants, l’état de notre blessé s'aggrave, la température s'élève chaque jour un peu plus, le 19 elle est à 39°5, l’obnubilation s’exagère, 1l faut des excitations fortes pour le tirer de sa torpeur; sa nuque devient raide, mais il n’y a pas de signe de Kœrnig. Une ponction ventriculaire ramène un liquide hémorragique.
Le 21, le liquide est toujours hémorragique et contient des polynucléaires en plus grand nombre que ne le comporte le nombre des hématies. La culture sur milieu T reste toutefois vierge.
Dès lors, et pendant 8 jours, notre malade reçoit : 5 grammes de Dagénan, dont 3 grammes par voie intra-veineuse et 2? grammes par voie intra-museulaire, Rapidement la courbe thermique s’inserit en descente jusqu’à 37°. Nous croyons ce blessé définitivement guéri, quand, brusquement, le 13 janvier, la température monte en flèche à 40°, la paupière droite est tuméfiée, rouge et douloureuse, la conjonctive est très fortement hyperhémiée. Il reçoit alors :
— 3 gr. de Dagénan pendant 3 jours (per os) ; — À gr. pendant 3 jours (per os); — 1 gr, pendant 3 jours.
Le 15 janvier, la température était à 37° et les phénomènes inflammatoires de la région orbitaire droite rentrés dans l’ordre.
Ce fut là le dernier épisode fébrile. Notre malade a guéri complètement de cette fracture pourtant exposée à l’infection puisque le sinus était ouvert.
La prise de 61 gr. de Dagénan ne semble pas y être étrangère : à deux reprises, l'administration de ce produit a coupé court à des épisodes inflammatoires locaux.
Le traitement à été très bien supporté, c’est à peine si on a remarqué un léger degré de cyanose.