ANS
du sang à leur intérieur, elle active et régularise la vitesse de l’ondée sanguine de retour. Qu'elle soit employée seule ou concurremment avec d’autres topiques, ses effets sont prompts et facilement reconnaissables : affaissement des par= ties tuméfiées, diminution considérable de la douleur, retour du membre à une forme et à un volume plus normaux : Bientôt la peau reprend les caractères qui lui sont propres, elle cesse d’être tendue, luisante, semblable à une mince couche de vernis rouge, foncé ou brun, elle adhère moins aux tissus sous-jacents, et si le mal n’a pas fait de trop grands ravages, quelques vergetures seules viennent témoigner de l’état pathologique antérieur. »
Bien des modes de compression ont été employés et chaque auteur s’est appliqué à les perfectionner. On emploie fréquemment les bas élastiques, les bandes de toile, de flanelle, ou même de caoutchouc, disposéescirculairement depuis l'extrémité du pied jusqu’au-dessus du genou, les bandelettes recouvertes d’emplâtre de Nuremberg, d'Ichthyocalle. Ambroise Paré, au chapitre V des ulcères, dit de se servir, dans le traitement des ulcères de jambes, d’une lame de plomb frottée de vif argent, appliquée sur l’ulcère et maintenue par une bande roulée : « De laquelle, dit-il, j'ai vu grand effet, voire plus que d’aucun remède. » Le procédé de compression le plus employé aujourd’hui est assurément celui du chirurgien anglais Baynton : il consiste dans l’application de bandelettes de diachylon sur la surface ulcérée, ces bandelettes se recouvrent l’une l’autre en faisant le tour du membre; la matière emplastique, grâce à ses propriétés légèrement excitantes, vient encore ajouter à l'efficacité de la compression.
= Jo ==
Le mode de compression qui semble le mieux convenir à la suite du traitement par les incisions libératrices, consiste à appliquer une couche d’ouate sur le pansement de Lister, recouvrant l’ulcère et les incisions circonférentielles, à appliquer également uhe assez épaisse couche d’ouate sur le reste du membre, depuis l'extrémité jusqu'à plusieurs travers de doigts au-dessus du genou, à maintenir enfin cette ouate par une bande de toile, exerçant ainsi sur le membre une compression modérée.
Doit-on renouveler fréquemment le pansement des ul= cères variqueux ainsi traités? Les chirugiens émettent à ce sujet des opinions différentes, les uns laissant un jour d'intervalle entre chaque pansement, d’autres, et M. B. Anger agit de la sorte, le renouvellent chaque jour.
Nous avons remarqué qu'à la suite du traitement par les incisions libératrices, la suppuration diminuait considérablement, le pus qui s’en écoulait avait les qualités du pus de bonne nature. Dans ces conditions, nous pensons qu’il suffit de panser ces ulcères tous les deux jours seulement, Si cependant la suppuration était très abondante, il serait nécessaire de renouveler chaque jour lepansement.
Les chirurgiens anciens conseillaient de ne pas panser trop souvent les ulcères des jambes ; tous les quatre ou cinq jours, cela suffit, d’après Richerand. Ambroise Paré tint La même conduite et obtint le même résultat dans le traitement du seigneur de Vaudeuil, aussi ne veut-il pas qu’on déshabille trop souvent les ulcères : « On a fait grande
faute, dit-il, d’habiller souvent les ulcères, les essuyant.
bien fort, car on Ôte non seulement lexcrément inutile qui est la boue ou la sanie des ulcères, maïs aussi là
== 0 matière dont est faite la chair. Par quoi, pour les rai
sons sus-dites, il n’est pas besoin de si souvent panser les ulcères. »
Traitement médical. — Au traitement externe ou chirur-. gical, on peut joindre avantageusement le traitement interne ou médical. Beaucoup de médicaments ont été proposés comme spécifiques assurés contre les ulcères variqueux. Hancock à proposé l'essence de térébenthine à l’intérieur. On a recommandé chez les individus pléthoriques une diète légère, les boissons rafraîchissantes. L’opium a été également employé. | |
Le médicament qui a semblé avoir une action plus réelle est sans contredit l’iodure de potassium, et dans les observations des malades traités par ce médicament, les ulcères n'avaient rien de spécifique. Deux médecins de Nantes, MM, Tigé et Trastour, ont fréquemment employé l’iodure
de potassium dans le traitement des ulcères variqueux.
M, Trastour, dans un mémoire publié‘ (1) sur ce sujet, rapporte que, depuis dix ans, M. Tigé emploie l’iodure de potassium à l'intérieur contre les ulcères des jambes, et qu'il n’a pas eu un seul insuccès. D’après ce mémoire, plus de
vingt malades traités dans les conditions les plus défavo-
rables auraient guéri.
Nous extrayons du travail de M. Trastour l’observation
suivante: « Un cultivateur, âgé de 55 ans, portait depuis
« dix ans, à la moitié inférieure de la jambe gauche, du côté « interne, un large ulcère à fond rouge, violacé, profond
(1) Journal de la Société académ. de la Loiré-Inférieure, t. XXXIV, livraison 177.
« d’un centimètre, donnant issue à une sanie roussâtre, « avec tuméfaction de la peau sous laquelle rampait un la- « cis de veines variqueuses s'étendant jusqu’au pied. Le « 26 avril, M. Tigé prescrivit: iodure de potassium, 3 « grammes par jour; lavages avec la décoction de feuilles « de noyer, compression avec une bande de toile. Dès le « 8 mai, la cicatrisation de l’ulcère était presque complète, « mais la peau était encore tendue, rouge, luisante, depuis « le pied jusqu’au milieu de la jambe; on continua le trai- « tement auquel on ajouta des cataplasmes de graine de « lin. Le 22 mai, la plaie était parfaitement cicatrisée, et « le malade qui jusque-là n’avait cessé de se livrer à ses « occupations agricoles, put faire trois lieues à pied pour « venir montrer sa jambe, sans que ce voyage lui cau— « sàt la moindre douleur.»
Dans son mémoire, M. Trastour cite encore huit observalions recueillies par lui ettout aussi concluantes. MM. Tigé et Trasiour donnent ce médicament aux doses de 2 à 4 grammes par jour. M. Trastour a donné jusqu’à six grammes par jour, sans jamais dépasser cette dose; il administrait l’iodure de potassium en solution dans l’eau, autant de grammes autant de cuillerées d’eau à prendre avant les repas.
Le nombre des faits observés ne nous semble pas assez considérable, pour qu’il soit possible de se prononcer en faveur de l’efficacité certaine de l’iodure de potassium. Quoi qu’il en soit, il sera bon d’associer au traitement chirurgical, par les incisions libératrices, un traitement médical, et de donner chaque jour aux malades des doses d’iodure
nn Te
ms À ==
de potassium de 2 à 4 grammes et même 6 grammes, selon le conseil de MM. Tigé ei Trastour,