CHAPITRE II
La Restauration de la Lèvre
Les procédés de restauration de la lèvre sont très nombreux, nous en avons retrouvé vingt-deux. Cette multiplicité des techniques est due à ce que les opérateurs, non contents des résultats obtenus, ont cherché des perfectionnements dans les incisions cutanées. Ils partaient d’un principe que nous croyons absolument faux, car nous allons voir que ce n’est pas à la peau que sont dus les mauvais résultats
de la lèvre. Tout vient du muscle et de la muqueuse.
Nous classerons les procédés de restauration en trois groupes ; chaque groupe comprenant des techniques basées sur le même principe.
L'expérience nous a montré que les résultats obtenus par chaque technique du même groupe sont les mêmes dans
leur ensemble.
I. PREMIER GROUPE : PROCEDES QUI N'UTILISENT LA PEAU DU TUBERCULE MEDIAN QUE POUR RECONSTITUER UNE SOUS-CLOISON.
C’est Dupuytren qui a mis en honneur le principe de cette technique.
Actuellement trois procédés sont encore employés :
a) le procédé d’Owen ;
b) le procédé de Bœckel ;
c) le procédé de Berger.
1° Procédé d'Owen (fig. 5). — C’est le procédé classique en Angleterre.
Le tubercule cutané médian est séparé de l’intermaxillaire et utilisé à refaire une sous-cloison. On décolle ensuite largement les deux lèvres latérales. Sur un des côtés on extirpe la muqueuse et sur l’autre on trace un lambeau partant de la partie supérieure de la fente et taillé en coim à base externe. D’après Owen il faut pour obtenir un bon
résultat :
Fig. 5. — Technique d’Owen.
a) que le lambeau soit bien taillé en coin ;
b) qu'il soit fortement attiré en bas de façon à laisser une large brèche dans laquelle on adoptera le bord vertical du côté opposé, qui a été avivé.
L'auteur avoue qu'il obtient presque toujours une lèvre bridée et effacée.
20 Procédé de Bæœckel (fig. 6). — Le tubercule cutané médian est séparé du plan osseux puis taillé en triangle ou en carré selon la forme qui permet un sacrifice moindre de tissu.
Les deux lèvres latérales sont largement détachées du maxillaire au bistouri. L’avivement se pratique en ponction
nant la lèvre de dedans en dehors au-dessous et un peu en