‹ Traitement du bec-de-lèvre bilatéral complexe (gueule-de-loup)Chapitre 6 sur 56 · I — EXTIRPATION COMPLETE · texte numérisé non relu

I — EXTIRPATION COMPLETE

Ce procédé mis en honneur par Franco, a encore aujour-

d'hui ses défenseurs.

Duplay est, d’une façon générale peu partisan d'utiliser lintermaxillaire. Pour lui cet os est plus gênant qu'utile.

Gross est même plus affirmatif : même refoulé et suturé, cet os est un chstacle sérieux à la bonne réunion des lèvres.

Tillaux, Hoffa faisaient l'extirpation totale chez les enfants âgés et lorsque le tubercule était très saillant.

Le Dentu est d'avis de sacrifier l’intermaxillaire s’il ne

se soude pas aux maxillaires.

La suppression du tubercule médian que nous trouvons employée dans quatre de nos observations a de graves conséquences esthétiques et surtout dentaires

1° Les conséquences osseuses et dentaires sont telles qu'à elles seules elles doivent faire abandonner cette méthode. M. Ruppe dont la compétence est si grande en matière de prothèse dentaire à bien voulu examiner nos malades. D'après lui :

a) Les deux maxillaires supérieurs n'étant plus séparés

par l'os intermaxillaire, tendent à se rapprocher l'un de l’autre en avant pour obturer l’espace intermaxillaire. Le bord alvéolaire de la mâchoire supérieure prend la forme d’un angle à sommet antérieur, sommet qui supporte les canines.

b) L'articulé est particulièrement défectueux : en effet, seuls les grosses molaires entrent en contact. Toutes les autres dents ne s’articulent plus.

Au point de vue orthodontique la correction de cette déformation du rebord alvéolaire est très délicate. Il faudrait arriver à reporter les dents en dehors puis en arrière, écarter les canines pour pouvoir interposer entre elles un appareil portant des incisives. On est presque toujours obligé d’avoir recours à un appareil de prothèse compet.

29 Les conséquences esthétiques de cette technique apparaissent clairement par l'étude de nos observations.

Dans l’observalion XXIIT il y a eu résection complète de l'intermaxillaire et du tubercule cutané en conservant seulement la sous-cloison ; la lèvre a été refaite par une technique analogue à celle de Berger sans s'occuper de refaire une sous-cloison complète.

Examinons le résultat obtenu (planches III et IV). Le nez est très proéminent mais il n’est pas étalé, l'étalement des ailes du nez a été corrigé par la technique employé pour la réfection de la lèvre. |

La sous-cloison qui normalement apparaît très inférieure au bord supérieur de l’orifice narinaire est ici entièrement caché par lui, nous dirons qu'il y a rétraction de la souscloison. En outre on remarque que la moitié antérieure de cette sous-cloison est recouverte de peau. C’est celle que

l’on avait gardé au cours de l'intervention, La moitié posté-

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rieure montre une perte de substance profonde d’un demicentimètre où l’on apercoit le bord inférieur du vomer recou- “vert par une muqueuse lisse dont l'aspect contraste avec celui de la peau.

La lèvre est aplatie mais non bridée ; cet aplatissement

est surtout marqué dans la portion supérieure de la lèvre.

Dans l'observalion XXI 11 y a eu résection de l'intermaxillaire et du tubercule cutané. On a gardé simplement la sous-cloison cutanée et un petit moignon d’intermaxillaire. Le lèvre semble avoir été faite par simple avivement sur la ligne médiane. Le nez est proéminent avec pointe arrondie mais non aplatie. Les ailes du nez sont légèrement étalées. La sous-cloison est normalement dirigée dans sa moitié antérieure où elle est recouverte de peau mais sa moitié postérieure manque complètement, il existe une perte de substance entre la lèvre et la sous-cloison.

La lèvre plate et bridée est dans son ensemble reportée

en arrière et en haut.

Dans l'observation IX il persistait après l’extirpation une sous-cloison cutanée et un moignon d’intermaxillaire. Ils se trouvaient appendus verticalement à la pointe du nez. La réfection de la lèvre a été faite suivant la technique de Bœckel, donc en refaisant une sous-cloison complète.

Le nez n'est pas exagérèment saillant par suite d’un aplatissement considérable de la pointe du nez. Les ailes du nez sont très étalées.

La sous-cloison n’est pas rétractée, cela est dû au moignon d'intermaxillaire qui persistait. Ce moignon qui était vertical

est redevenu horizontal grâce à la traction de la lèvre, mais

ce déplacement n'a été possible qu'en entraînant l’aplatissement de la pointe du nez.

La lèvre est aplatie mais non bridée dans sa partie supé-

rieure.

Dans l’observalion X l'os intermaxillaire avait été reséqué mais en gardant le tubercule cutané médian qui servit à refaire la lèvre.

Le nez présente une saillie normale.

Les ailes du nez sont très étalées, ce qui a été corrigé par une autre intervention. La sous-cloison est rétractée.

La lèvre est aplatie à sa partie supérieure.

En résumé la résection de l’os intermaxillaire entraîne :

a) un aplatissement général de la lèvre supérieure qui semble subluxée en arrière et en haut. Cet aplatissement est la conséquence des modifications du rebord alvéolaire -qui devient moins saillant que celui du maxillaire inférieur.

b) une rétraction de la sous-cloison. Elle n'existe que lorsqu'on a enlevé tout l’intermaxillaire v compris son col ;

c) une saillie exagérée du nez, apparence qui n’est que la conséquence que l’aplatissement de la partie supérieure de la lèvre ;

d) un étalement des ailes du nez.

e) une augmentation des dimensions de l’orifice narinaire. Cette augmentation porte normalement sur le diamètre transversäl. Elle est transformée en augmentation du diamètre

antero postérieur après correction de l'étalement.

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