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THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE DES CANCERS INOPÉRABLES

Les cancers inaccessibles à nos moyens d’action directe ou à distance, ne relèvent que de la thérapeutique générale. Pour juger de la valeur de cette thérapeutique il faut en suivre les effets sur des cancers visibles et tangibles. Pour juger exactement le résultat obtenu, il faudrait avant tout, connaître l’évolution naturelle du cancer dans un cas donné : malheureusement ce facteur capital nous manque, et il reste toujours un doute sur faction réelle d’une médication quand nous ignorons ce que la maladie abandonnée à elle -même aurait pu donner.

J’ai essayé successivement et suivant leur ordre chronologique de découverte, les différents sérum, s. Dès 1897 mes tentatives pour élucider la valeur du sérum de Richet et iléricourt me conduisaient à des conclusions négatives, plus tard, le sérum d’un mouton auquel on avait injecté des quantités considérables de suc cancéreux ( / 907 , Borrel) ne fut pas plus efficace ; si toutefois j’en excepte un fait paradoxal que je rapporterai. Mes tentatives d'injection au malade cancéreux d'un liquide extrait du broyage filtré de sa propre t umeur ne me donnèrent aucun résultat vraiment digne d’intérêt. Entre temps j’ai étudié pourquoi l’injection de ces différents sérums était quelquefois

suivie (l’amélioration temporaire vraiment curieuse : arrêt et rétrocession de l' ulcération, amélioration de l’état général, cessation des hémorragies et des douleurs. En voici le mécanisme.

Nous avons vu des sérums dits anticancéreux dès la première injection , améliorer, et meme améliorer très notablement, les néoplasmes cliniquement les plus graves. Cette amélioration porte et sur Y étendue des tissus malades qui peut diminuer d’un tiers, et sur les signes fonctionnels, comme les douleurs , qui peuvent s’atténuer ou disparaître. Les injections suivantes ont moins d’action, l’amélioration qui les suit est moins manifeste, bientôt elles deviennent absolument impuissantes et inutiles, alors que le tissu pathologique est encore vivace. Ce- tissu, un instant influencé, reprend à ce moment sa marche envahissante avec une rapidité quelquefois si foudroyante que je me demande si, en fin de compte, les malades ont réellement bénéficié de la médication, C’est cette amélioration temporaire , dès les premières injections, qui a donné le change aux expérimentateurs de bonne foi. Dans leur hâte bien légitime d’entamer le domaine si large, si intangible, si humiliant pour nous, du cancer, et devant la constatation indiscutable, matérielle, de la rétrocession du processus, ils ont annoncé la guérison prochaine de tumeurs qui s'étaient seulement laissé temporairement influencer. Ce profond silence qui suit leur première communication est le critérium de sa valeur. D’ailleurs, un sérum quelconque , le prenne) sérum venu , n’ayant aucune prétention anticancéreuse, agit de même, et provoque les mêmes modifications que ce prétendu spécifique. Bien plus, lorsque ce premier sérum indifférent aura épuisé son pouvoir, prenez-en un autre également indifférent, et vous aurez encore une amélioration du néoplasme. Mais ce second sérum va perdre, et perdra plus vite que le premier, sa bienfaisante action, un troisième aura le même sort et s’usera plus rapidement encore, si bien que l’action thérapeutique sera toujours épuisée avant que vous arriviez à la guérison de la tumeur. La profonde perturbation organique, la leucocytose passagère et surtout 1 état fébrile qui suivent l’injection d’un sérum organique, sont probablement l’origine de ces modifications qui se traduisent par la diminution du volume de la tumeur, par l’atténuation de la gène ou des douleurs qui l’accompagnent; mais lorsque, sous l’impulsion, sous le coup de fouet de ce sérum, 1 organisme a épuisé ses ressources, a brûlé ses dernières réserves, la résistance a diminué d’autant; et le sujet est tout préparé pour une invasion rapide. La tumeur maligne, se développant alors sans entrave, poursuit sa généralisation sans trêve ni merci, avec une terrible intensité.

La sérothérapie n’a donné jusqu’ici aucun résultat complet, meme temporaire.

Bien entendu les substances chimiques, cacodylate de soude et bromhy drate de quinine préconisés par Jaboulay en injections sous-cutanées alteinatives ou concomitantes furent l'objet de nombreuses tentatives. Là encoie j’ai des améliorations, mais inconstantes, et temporaires et je n ai non ui

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