‹ Traitement du croup [electronic resource]Chapitre 12 sur 22 · III. — Tulïage de la glotte · texte numérisé non relu

III. — Tulïage de la glotte

Cette manœuvre opératoire a été proposée en 1858 (1) par M. Bouchut.

(1) Acad. dn méd., scanoe du ili septembre.

Les inslrumenls nécessaires pour le tubage sonl :

1" Des sondes d'homme courbes de diverses grosseurs, servant à pénétrer dans le larynx et à guider l'inlroduclion des viroles ;

2° Des viroles d'argent cylindriques, droites, longues de 1 centimètre 1/2 à 2 centimètres, garnies à leur extrémité supérieure de deux bourrelets placés à 6 millimètres de distance, et percées d'un trou pour le passage d'une amarre de soie destinée à les retenir du dehors;

3° Un anneau protecteur de l'index et un dilatateur spécial des arcades dentaires.

Muni de ces instruments, il est facile, en relevant l'épigiotte, de placer la virole dans le larynx; on voit alors qu'elle a quelque peine à sortir lorsqu'elle y est entrée, et que son bord supérieur se trouve au-dessous de la corde vocale supérieure, sans que le jeu de l'épiglotte et des cartilages aryténoïdes soit empêché. La virole est laissée en place jusqu'à ce (jue l'asphyxie ait cessé.

M. Bouchut paraissait croire à l'innocuité de son procédé.

Les premières tentatives furent peu encourageantes ; une petite fille conserva la virole pendant trente -six heures, mais mourut par la généralisation de la diphlhérile et l'invasion d'une pneumonie lobaire. Un garçon de trois ans et demi supporta la virole pendant quarante heures^ et succomba, malgré la trachéotomie faite m extremis. Néanmoins, M. Bouchut parut satisfait de ces résultats, parce que les malades avaient éprouvé une amélioration passagère, et que la voix avait reparu. Celte dernière circonstance nous étonne et nous nous demandons si la ranule était bien placée dans le larynx.

Les expériences instituées par MM. Trousseau et Bouley

(d'Alfort^ démontrèrent que chez les chiens, après quarante-huit heures de tubage, on constatait de grands désordres dans le larynx, tels que ulcération et destruction de la muqueuse, dénudation des cartilages, etc.

Le tubage dut tomber devant la critique de M. Trousseau, et aujourd'hui personne, à notre connaissance, ne l'emploie, pas même M. Bouchut.

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