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peine à la malade de distinguer la clarté du jour, et lui empêche d'apercevoir les objets.
5 Juin. — Une première application d'ammoniaque est faite. L'épithélium est rapidement détruit; au-dessous, tissu granuleux. Quelques petits vaisseaux sont ouverts,
occasionnant de légères hémorragies. L'éclaircissement est
à peine notable.
1 juin. — Deuxième cautérisation. La majeure partie des tissus sclérosés de la cornée n'existe plus. Nous abandonnerons ce qui reste, afin de ne pas amoindrir dans une trop forte mesure la résistance de la membrane transparente. Glycérine iodoformée :
12 juin. — Après plusieurs instillations du collyre à l'iodoforme régulièrement faites chaque jour, Péclaircissement obtenu à persisté. Nous constatons une grande amélioration de la vue: la malade reconnaît très bien les plus petits objets, même à une certaine distance.
Observation XI
C... Marius, 35 ans, peintre. Malade depuis 9 ans. A été opéré vers celte époque pour un trichiasis de la paupière supérieure. Le succès de cette opération n'a été que partiel ; les cils, en effet, relevés du côté externe sont encore déviés vers l’angle interne de l'œil droit : ces cils sont longs et gros. Ils sont enlevés après destruction du bulbe par l'électropuncture. Il y a 5 ans, la cornée de cet œil à commencé à devenir trouble ; depuis, l’opacité s’est accentuée. Actuellement, le leucome occupe la plus grande partie de cette membrane et s'étend surtout vers la partie inférieure. L'éclai-
rage oblique nous montre des stries blanchâtres alternant
NE IS a U EU À
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NON avee d’autres stries bien plus claires. Le leucome ne semble pas profond et parait reposer sur une couche assez épaisse de tissus sains. Les conjonctives ne sont le siège d'aucune lésion inflammatoire. La chambre antérieure est normale, l'iris pas adhérent. La vision est presque complètement . abolie.
10 mai. — Première application d’ammoniaque liquide. Les portions cornéennes situées au-dessous de l’épithélium sont granuleuses. Il se forme de petites hémorragies consééutives à la destruction des capillaires. L'éclairage oblique nous montre une opacité certainement moins considérable. Nous faisons une instillation de glycérine iodoformée et plaçons un bandeau sur l'œil. |
11 mai. — Le malade a souffert cette nuit. Le leucome à presque complètement disparu. Photophobie et larmoiement légers. Instillation de glycérine iodoformée.
1% mai. — Plus de douleurs. Le malade aperçoit à peine un léger brouillard devant son œil. Le collyre à l'iodoforme devra être employé tous les jours. La vue est presque normale. | n.
20 mai. — La guérison persiste. Continuation du traitement encore pendant quelque temps.
Observation XII
G... Henri, 49 ans, journalier. Début de la maladie il y a 2 anspar conjJonctivite granuleuse intense, qui a été traitée et guérie. Jamais d'autre affection avant cette époque. Le malade a eu depuis une kératite ulcéreuse de l'œil droit. Actuellement, nous constatons un leucome opaque occupant exactement le centre de la cornée etempêchant d’apercevoir la pupille, Les rayons lumineux ne traversent plus les
ne
ne
. milieux réfringents. Aulour de la cornée nous frouvons un
cercle bleuté de plusieurs millimètres de largeur, consécutif à une opération de Furnari pour la guérison d'un pannus granuleux très intense. La taie semble légèrement saillante.
3 Juin. — Première application d'ammoniaque liquide
après cocaïnisation. À l'éclairage oblique, nous constatons une diminution notable de l’opacité. Pansement humide. : 4 juin. — La plaie cornéenne a été infectée par un écoulement purulent léger du conduit lacrymo-nasal, écoulement qui avait d’abord passé inaperçu. Les douleurs sont assez fortes, le chemosis est assez intense: une légère suppuration conjonctivale s'est produite. Nous faisons un lavage prolongé au bichlorure de mercure. Atropine et pansement humide. Z
5 juin. — L'écoulement purulent diminue. Nouveau lavage et pansement.
7 juin. — Nous ne trouvons ni inflammation, ni pus. Mais l'amélioration constatée après la première séance ne s'est pas maintenue. Instillations de glycérine iodoformée.
11 juin. — L'amélioration est peu sensible.
Cicatrisation
Après que le tissu leucomateux cicatriciel ou Ivmphoïde a été détruit par l’aclion caustique de lammontaque, comment la brèche arrive-t-elle à se combler?
D'après Éberth, la plaie se comble par prolifération des cellules ordinaires qui entourent la perte de substance etqui se transforment en cellules géantes par simple division de leurs noyaux: d’autres cellules se multiplient par karyokinèse : les plus jeunes s’agglomèrent sur l'endroit de la plaie, déjà à moitié comblée, et réparent le défaut.
NPA
PourMonesi l'épithélium qui recouvre une plaie cornéenne dès le début de sa réparation est celui qui préexistait sur les bords de cette plaie. Une multiplication cellulaire s'établit très active à une certaine distance de l'endroit blessé, et l’épithélium périphérique venu de toutes parts finit par se rejoindre vers le centre. C’est ce qui explique que cet épithé-
lium est fpujours sain.
Indications
Les taies superficielles de la cornée peuvent être traitées par ous les procédés que nous avons passés en revue dans la première partie de ce travail. Quant aux leucomes résultant de la cicatrisation des plaies, il ne faut pas les attaquer directement par les moyens médicaux ordinairement employés, à cause de leur épaisseur. Il est indispensable de détruire ce tissu de sclérose. Nous avons constaté que l’application d’ammoniaque, faite d’une manière aseptique et soigneusement pratiquée, ne peut être nuisible dans aucun cas. Est-ce à dire qu'elle réussit toujours ; nous ne le croyons pas. Mais il suffit que le nombre de succès complets soit raisonnable pour que l'on ne néglige pas d'employer ce moyen. En cas de non réussite, il est toujours possible de pratiquer sous la partie de la cornée la plus éclaircie une pupille artificielle, surtout si l’on a affaire à un leucome central et bien circonscrit. Que le leucome soit superficiel ou profond, peu importe, mais il ne faut pas qu'il soit diffus, car dans ce cas la pupille artificielle ne présenterait évidemment aucun avantage.
Les leucomes superficiels mais très anciens sont justiciables du traitement par l'ammoniaque liquide. Nous disons anciens, car nous croyons qu'il faut d'abord essayer les
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autres traitements avant de détruire les tissus cornéens : la caulérisation ne sera employée qu'après que lon aura constaté Ja réelle inefficacité de tous les autres procédés. Les leucomes profonds devront être traités par Les applications de caustique, car il est peu probable que les moyens médicaux ordinaires les feraient disparaître. Le malade ne peut que gagner à une intervention, car nous n'avons jamais constaté d'aggravation de la maladie ; au contraire. Quelle conduite Lenir à l'égard d'une opacité occupant toute la cornée ? Faut-il détruire d'abord tout l'épithélium, ensuite tous les tissus dégénérés? Evidemment non. Il suffira de percer une petite fenêtre vers le centre du leucome, précisément
au-dessus de la pupille, de façon à ouvrir un passage aux
rayons lumineux. Par un traitement approprié dont nous dirons quelques mots tout à l’heure, il sera peut-être assez facile de diriger la reconstitution des tissus opaques. Seront également justiciables de la méthode par cautérisation les leucomes circonscrits qui se trouveront au-dessus de la pupille gênant ainsi l'accès des rayons lumineux. Dans les leucomes centraux et diffus, nous pourrons en retirer quelque avantage. Si l’opacité ne gêne nullement la vision, ilne nous semble pas utile de la détruire : ce serait s’exposer inutilement à quelque danger. Le tatouage aseptiquement pratiqué est souvent plus bénin et plus avantageux au point de vue esthétique, il est peut-être aussi plus certain dans ses résultats. Quand il existe un staphylôme très petit mais épais, accompagné d'opacité, on peut le traiter mais avec certaines précautions.
Contre-Indications
Le traitement par les cautérisations d’ammoniaque liquide doit-il être généralisé à tous les cas? Tel n'est pas notre avis. Il nous semble même, d'après nos quelques remarques, que dans beaucoup de circonstances, il ne pourrait être que nuisible. Une considération importante doit guider le praticien. Il ne faut pas oublier que nombre de taies cornéennes, qui paraissaient incurables au premier abord, s’effacent complètement à la longue sans laisser de traces et sont remplacées par des tissus absolument transparents. Cette heureuse terminaison d’une affection très rebelle et souvent irrémédiable s’observe assez fréquemment, comme nous l'avons vu plus haut, chez les malades adolescents et les enfants, à cause de la rapidité des échanges nutritifs dans leur organisme. D'autre part, 1l ne faut pas oublier que ce traitement ne réussit guère chez les vieillards et même chez l'adulte.
Nous traiterons volontiers par ce procédé les leucomes cornéens chez les enfants d'un certain âge si l'affection dure depuis quelques années, surtout si les autres traitements sont restés inefficaces. Les parents nous renseigneront sur les dimensions de l’opacité ; nous saurons ainsi si elle diminue ou si elle augmente en étendue et en épaisseur. Pour les Jeunes enfants, il nous semble qu'il vaut mieux attendre ; la taie disparaîtra peut-être seule par l'hygiène appropriée à Vétat du malade; nous éviterons, en outre, la formation toujours fâcheuse d’un staphylome de la cornée : |
M. Terson à remarqué des panophtalmies se développant sur des yeux atteints depuis longtemps d’opacités cornéen-