‹ Traitement du Lupus Vulgaire Suivant les IndicationsChapitre 9 sur 42 · MÉDICAMENTS · texte numérisé non relu

MÉDICAMENTS

Dans la plupart des cas, il est utile de ne pas se contenter d'un traitement hygiénique et de faire prendre au malade des médicaments choisis avec discernement.

A) Les corps gras absorbés en quantité assez considérable semblent améliorer rapidement la plupart des lupiques.

On pourra prescrire l'huile de foie de morue épurée (l'huile brune est parfois mal supportée) à la dose de 2 à 8 cuillerées à soupe par jour. On arrivera à voiler

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son odeur insupportable pour certains malades en lui adjoignant du sirop d'écorce d'oranges amères, ou du rhum.

Certaines personnes prétendent n’en être nullement incommodées en procédant de la manière suivante :

Pressurer dans un verre une orange, mettre ensuite la quantité d'huile à avaler. L'huile surnage et forme une deuxième couche distincte de la première; puis, pressurer une deuxième orange dont le jus vient former une troisième couche au dessus de l'huile. On avale alors le tout ; le goût de l'huile se trouve presque absolument dissimulé.

Le jus d'orange peut être remplacé par de la bière.

On peut également ordonner de la glycérine pure, ou de l'huile d'olives à des doses analogues.

B) La créosote rend également des services. Elle est indiquée lorsque le malade a des lésions pulmonaires qui évoluent lentement ; elle est contre-indiquée quand il y a tendance aux congestions et aux hémoptysies.

Les capsules de créosote, le vin créosoté, l'huile de foie de morue créosotée, ont le défaut de fatiguer à la longue l'estomac. Les injections hypoderiniques d'huile créosotée suivant la méthode de Gimbert, perfectionnée par Burlureaux, n'ont pas cet inconvénient, mais elles demandent à être faites avec un soin et une asepsie rigoureuse si l'on veut éviter des abcès. |

C) Les arsenicaux sont parfois fort utiles. Suivant les préférences du malade et l’état de son estomac, on

EAN = les donne en sirop, en pilules, en injections hypoder-

miques.

La formule suivante de Leloir a l'avantage de réunir plusieurs médicaments excellents :

Sirop antiscorbutique........... 100 grammes. CHINA TE M nie 100 — lodure de sodium ......... Î 4 — Chonrerdesodinumes sers. 10 —

Liqueur de Pearson ou de Fowler LX gouttes.

2 à 10 cuillerées à café après les repas.

Pilules : Arséniate de soude....... 1 milligr. Extrait de gentiane....... 4 centigr.

Das si > —

Pour une pilule.

1 à 2 par Jour après les repas.

Les injections profondes intra-musculaires de cacodylate de soude, pratiquées dans la fesse à la dose de > à 20 centigrammes tous les deux jours, sont bien supportées. Elles excitent l'appétit et le poids du malade augmente rapidement.

D) Les iodures et les chlorures, donnent souvent d'excellents résultats.

Le sirop 1odo-tannique de Guillermond, le sirop antiscorbutique, le siropd'iodure de fer, seront ordonnés avec profit aux enfants strumeux.

Hardy donnait systématiquement à ses lupiques, 1 à 3 grammes de chlorure de sodium chaque jour.

E) L'iodoforme pourra être administré par la voie buccale ou en injections hypodermiques.

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Par la voie buccale on le donnera en pilules, d’après la formule du professeur Guyon :

IGdolorme:s't emo . 1 centigramme.

Créosôte 224 16H02 — ArsSématerdesoude. 1e: 1 milligramme.

EXcipiente arr OSHhpour pilule

2 par jour pendant les repas.

Malheureusement, certaines personnes ont à la suite de l'ingestion de ces pilules des éructations fétides qui les obligent à abandonner ce médicament.

Le docteur Morel-Lavallée prescrit l'iodoforme en injections hypodermiques sous forme d'huile 1odoformée à la dose de 2 à 5 centigrammes par jour pour un adulte (1). I aurait ainsi obtenu d'excellents résultats.

F) Le docteur Philippon a essayé le fluorure de sodium à l’intérieur à la dose de 1 décigramme, trois fois par jour (2). Les effets par lui obtenus sonte ncore indécis et demandent confirmation.

G) Le cantharidate de potasse préconisé par Liebreicht est encore à l'essai, les observations publiées étant peu concluantes. Et quant à la cantharidine qui, en injections hypodermiques, aurait donné des guérisons avec des cicatrices si parfaites qu'on ne les pouvait distinguer des tissus sains, elle est à peu près complètement abandonnée aujourd'hui, son emploi étant tou-

(1) Bulletin médical, n° 99, 1890. :

(2) Rey. dermat. et syph.. 1899, p. 900.

jours dangereux pour le rein, et souvent absolument inefficace (1).

83° SÉROTHÉRAPIE

À) Tuberculines de Koch.

Deux sérums antituberculeux, ou tuberculines, ont été successivement appliqués par Koch au traitement de la tuberculose.

La première porte le nom de Lymphe de Koch; la seconde, celui de tuberculine T KR.

La première tuberculine, ou Lymphe de Koch, est aujourd'hui définitivement jugée ; elle ne guérit pas plus la tuberculose cutanée que la tuberculose pulmonaire. Nous ne saurions mieux faire que de reproduire ici les conclusions du rapport magistral de M. Besnier et de M. Hallopeau (2).

« Dans les tuberculoses tégumentaires en général et en particulier dans toutes les variétés de la tuberculose lupique, dit M. Besnier, la tuberculine de Koch produit une action locale dont l'effet le plus prochain est une réduction temporaire de la masse, une atténuation momentanée des tissus tuberqlisés. Très notable dans

(1) Liebreich. Perl. Klin. Woeshenschrift, 1895, p. 293-323 et H. Kôbner. Dermalol. Zeitschrift, 1805, t. II, p. 245. (2) Communications présentées à la Soctélé de Dermat. et de

Syph., par MM. Besnier et H. Hallopeau, le 12 févr. 1691. Voir Ann. de Dermat. et de Syph., 1891, p. 129.

les formes ouvertes du lupus de Willan, elle diminue dans les formes fermées, elle s'abaisse encore dans les formes sèches, fibreuses; elle atteint son minimum dans le lupus de Cazenave dont les variétés sont sèches et fermées. Elle peut être accrue par l'emploi simultané de tous les procédés qui mettent le lupus à ciel ouvert ou qui l'irritent profondément. Sous le rapport curatif, cette action du remède même répétée jusqu'à tolérance est insuffisante pour amener la guérison; elle n'est ni supérieure, ni même égale aux procédés de traltement ordinaires dont nous disposons actuellement. »

M. Hallopeau insiste sur les inconvénients de ce trai-: tement : persistance de la fièvre pendant quarantehuit heures, insomnies, douleurs musculaires, complications cardiaques possibles. En somme, comme M. Besnier, il renonce à l'emploi d'une méthode dont les inconvénients ne sauraient être compensés par les rares avantages.

Les effets de la seconde tuberculine de Koch, ou tuberculine TR sont un peu différents.

Tous les auteurs s'accordent à dire que les résultats immédiats sont en apparence excellents : la réaction locale est modérée, la douleur n’est généralement pas très vive, les phénomènes généraux ne prennent un caractère alarmant qu si le malade est atteint de lésions pulmonaires. Au bout de quelques joursd'après Morris et Whitefield (1), on observe une diminntion rapide de l'étendue et de la rougeur du lupus, la cicatri-

(1) The british med. journal, 24 juillet 1807.

sation des surfaces ulcérés, la diminution progressive de l'œdème des tissus.

Lassar, qui le premier après Koch appliqua la tuberculine TR au traitement du lupus, Doutrepelont, Werner, Bukowsky, M. Balzer et son élève le docteur Faure, d'autres encore ont constaté ces phénomènes surprenants qui font croire que le malade va guérir ; mais la désillusion ne tarde pas à survenir. Bientôt, en effet, l’accoutumance se produit, et dès lors le lupus reprend sa marche comme par le passé ; ou bien le malade part, se croyant guéri, et 10 jours 15 jours, 1 mois après, il revient avec une récidive terrible qui lui enlève tout le bénéfice du traitement subi.

Nous avons vu dansle service de M. Balzer à Saint- Louis des malades qui avaient été traités par la tuberculine TR, qui avaient été considérés un moment comme guéris où du moins si améliorés qu'on les avait envoyés à la campagne; et ces malheureux revenaient navrés, présentant un lupus hypertrophique, congestionné, exubérant, ne voulant entendre parler à aucun prix des injections de tuberculines. Tout était à refaire.

Ainsi la tuberculine TR ne guérit pas le lupus; elle ne l’améliore que d'une manièreéphémère. Moins dangereuse que son aînée la lymphe de Koch, elle est comme elle inefficace et doit céder le pas aux autres traitements du lupus. C’est une fois de plus une intéressante, mais infructueuse tentative à enregistrer dans l'histoire du traitement de la tuberculose (1).

(1) Voir sur ce sujet lexcellent travail de M. le docteur Faure. Thèse de Paris, 1800.

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B) Action des toxines streptococciques sur le lupus.

MM. Hallopeau et Roger (1) ont fait, il y a quelques années (en 1896) une tentative thérapeutique ingénieuse Se basant sur les modifications que l'érysipèle imprime au lupus, sur les cas dans lesquels on a injecté à des cancéreux des toxines streptocciques, ils ont tenté de traiter des malades atteints de lupus vulgaire par linjection de cultures streptococciques stérilisées à l'autoclave à r00°. Les résultats ont été malheureusement assez peu favorables. Sur 7 malades traités, 1 seul fut très amélioré en l’espace de 7 mois; 2 furent un peu améliorés ; les autres ne présentèrent aucun changement. M. Hallopeau ne se crut pas autorisé à continuer cette tentative.

C) Autres essais sérothérapiques.

Nous ne parlerons que pour mémoire du sérum de Moragliano que Hager a employé en badigeonnage chez les fupiques : 1 centimètre cube suffit pour trois ou quatre badigeonüages. On en fait ordinairement trois par jour. Les résultats sont jusqu'ici peu concluants.

Quelques autres {enlatives de sérothérapie ont encore été faites à fitre de trailement local du lupus.

(1) Pressé médicale, 8 avril 1896, p. 160.

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