‹ Traitement du Prolapsus du RectumChapitre 31 sur 52 · NOR · texte numérisé non relu

NOR

lambeau pédiculé de muscle fessier ou libre de fascia lata; mais les résultats ont été décevants.

b) Cnerwoop et KELSEY, en 1908, détachent de chacun des muscles grands fessiers un faisceau de fibres d'un pouce d'épaisseur, le laissant adhérent au reste du muscle par son extrémité postérieure. Les deux lanières musculaires ainsi disséquées sont entre-croisées, amenées autour du rectum, puis suturées en avant de celui-ci.

©) WREDEN €t STONE, en 1929, enroulent autour de l'anus deux bandelettes fibreuses prélevées sur le fascia lata en opérant de la manière suivante : de chaque côté, sur une ligne allant du coccyx à l'ischion, une incision met à nu le bord du grand fessier dont on dissocie un faisceau de fibres ayant l'épaisseur du doigt. Deux autres petites incisions sont faites en avant et en arrière de l’anus à 1 centimètre de la jonction muquo-cutanée; les quatre inci-

- sions sont réunies par des décollements sous-cutanés.

Par les tunnels ainsi créés, il est facile de faire passer successivement deux languettes aponévrotiques qui encerclent chacune un des côtés de l'anus et vont s'attacher au bord du grand fessier opposé, en passant à travers la boutonnière faite à ce muscle.

©) SENEQUE, en 1945, pour un volumineux pro- Japsus colo-rectal consécutif à une amputation de Lisfranc chez une femme, a fait une plastie musculaire avec le muscle droit interne enroulé dans la circonférence de cet énorme anus; le résultat pour la malade a été très satisfaisant après avoir nécessité une retouche secondaire.

— J]02 — D) Rétrécissement du rectum

C'est pour éviter le prolapsus post-opéraloire que certains chirurgiens ont été amenés à modifier le traitement du bout colique en se basant sur le fait que les rétrécissements inflammatoires du rectuin retiennent celui-ci dans sa position et l'empêchent de se prolaber lors des efforts considérables que font les malades. Ces rétrécissements provoqués peuvent porter sur le calibre du rectum, sur sa longueur ou sur les deux à la fois.

a) Parmi les procédés qui visent au rétrécissement propre du colo-rectum, il faut citer la technique de LEGENE, variante d’un procédé imaginé par E. Quenu et HARTMANN

LECENE coupe l'intestin au moment de l'amputation — plus haut que le plan cutané, sans chercher à l'abaisser, sans mettre une seule suture; mais il lie sur un tube de Paul l'intestin sectionné et tasse de la gaze iodoformée autour du tube. L'anus infundibuliforme ainsi obtenu est réfractaire au prolapsus : c'est un défilé étroit enserré dans un bloc cicatriciel à la fois rétréci et incontinent.

KOCHER, GAUDIER et HUET préconisent l'abandon pur et simple du bout colique à lui-même au fond de la plaie périnéale, pour obtenir la formation d'un trajet fistuleux cheminant à travers les parties molles, ce qui évite la constitution ultérieure d'une procidence du rectum. :

Ces deux procédés, à peu près identiques, peuvent également être utilisés après l’amputation d’un prolapsus, même de dimensions énormes. Mais la mauvaise qualité des tissus périnéaux, remaniés par des interventions itératives, compromet le résultat final ou provoque une sténose trop serrée obligeant

à des calibrages périodiques. D'ailleurs, les résultats éloignés de celte méthode, observés par J. Quenvu, lui ont paru dans l'ensemble défavorables.

Dans le même ordre de faits, Moresrin, dès 1893, avait remarqué que le prolapsus était beaucoup moins fréquent chez les malades avant suppuré; en effet, il s'est produit chez eux, tout autour du rectum, un tissu scléreux rétrécissant son calibre, provoquant des adhérences intimes entre les diverses tüuniques et accolant le rectum aux organes voisins.

b) La plicature du rectum en accordéon, réalisant un rétrécissement vertical, el obtenue par rectorraphie externe antérieure et postérieure, a été réalisée par GERARD-MARCHANT et LENORMANT dans les prolapsus de moyenne importance.

La technique en est simple : on plisse le rectum en passant à travers ses tuniques, sans perforer la muqueuse, une série de fils cheminant dans leur épaisseur sur une longueur de 1 centimètre à 1 centimètre et demi; en nouant ces fils, on raccourcit le rectum. Deux où trois étages de fils sont ainsi placés en avant et en arrière. Pour terminer, on fixe l’intestin au bord oblique des grands ligaments sacrosciatiques. Cette recto-plicature à le gros inconvénient de ne pas s’opposer à la chute ultérieure de la muqueuse seule qui n’est pas intéressée par le plissement. Elle a été très peu employée.

ce) Plus intéressant est le procédé de GERSUNY (1893) qui combine le raccourcissement et le rétrécissement

Le rectum étant séparé des parties voisines sur ‘une hauteur de 6 centimètres environ, on le tord de 360° sur son axe avant de le fixer dans cette nouvelle situation à la peau du périnée. On fait ainsi subir à ses tuniques une série de replis spiroïdes qui

oblitèrent la lumière du rectum, créent une sorte de sphincter interne grâce à l'enroulement des fibres iongitudinales et offrent une résistance élastique à la colonne fécale qui s'accumule au-dessus de Jui.

Ce mode de procéder a été accepté immédiatement par GEersrer de New-York et semble avoir été adopté à l'époque par un grand nombre de chirurgiens allemands (EISELSBERG, RIEDEL, REHN). BALL en Irlande, Cnarur en France, y ont eu recours avec avantage. RYpyGiEer combine cette torsion à la transplantation intra-fessière du rectum. KEEx déclare s'en être mal trouvé, l'affrontement se faisant moins bien après la torsion que dans les conditions habituelles.

Pour Gaunier, la torsion complète de 360° ne peut que donner de mauvais résultats : elle est dansereuse, car elle est susceptible de compromettre la vitalité du segment tordu par élongation ou étranglement du méso et d'en amener la gangrène : c’est pour celte raison qu'il vaut mieux pratiquer une lorsion incomplète

Beaucoup plus tard, en 1925, TErMIER. de Grenoble, préconise à nouveau la torsion de GERSUNY; et LECENE, qui y revient, l'effectue incomplètement, d'un demi-tour seulement.

Cette méthode, souvent pratiquée d'emblée après l’amputation, a été abandonnée depuis longtemps.

E) Opération de Sanarorr

Ce procédé récent (1939) de traitement des prolapsus rectaux primitifs, a 616 quelquefois employé dans celui du prolapsus secondaire. Il vise à obtenir un anneau fibreux cicatriciel qui renforce le ford du bassin et. vient se coller contre le diaphragme uro-

Page 1