V. — PROCÉDÉS PARTICULIERS
Dans certains cas où, pour des raisons locales ou générales, les différents traitements précédents n'ont pu être appliqués ou sont contre-indiqués, les chirurgiens ont imaginé des procédés pour obvier dans une certaine mesure au prolapsus et à ses inconvénients. Les résultats en ont été très variables, mais dans l'ensemble médiocres. Ils peuvent néanmoins rendre service aux malades chez lesquels on ne peut tenter autre chose. Nous ne ferons que décrire somimairement ici ces divers procédés
a) HARTMANN en 1911, pour une chute du reclum après ampulation périnéale pour rectite sténosante, a opéré une transplantation latérale du rectum dans une incision de la fosse ischio-rectale gauche, suivie d’une suture en masse des parties cruentées. Revue un an après, la jeune femme présente un peu d'éventration périnéale sans prolapsus rectal.
b) CuALIER en 1909, dans les prolapsus muqueux, conseille de faire disparaître l’ectropion au moyen d'une petite opération anaplastique consistant à décrire une incision demi-circulaire sur Île rebord postérieur de l'orifice, de façon à obtenir un &cartement lozangique des deux lèvres que l'on suture alors entre elles, de droite à gauche, transversalement.
——LIMAOES
c) Moxprorir en 1899,a ingénieusement utilisé le prolapsus sacré pour rétablir la continuité, l'anus normal étant resté en place (opération de Hocne- NEGG). Au lieu de pratiquer la résection du prolapsus, il détachait l'anus sacré et, après effondrement du cul-de-sac supérieur du bout distal abandonné, il amenait à travers lui jusqu'à l'anus le cylindre rectal précédemment mobilisé. E. Quext doute fort que cette réparation tardive soit toujours possible; elle n'en laisse pas moins subsister les dangers imméciats de l'anus sacré et tous ses inconvénients jusqu'à l’époque d'apparition d'un prolapsus suffisant: Maxpz y associe la suture des fessiers comme HALTER.
d) JABOULAY en 1907, pratiqua une ceinture cutanée inter-fessière, sorte de pont constituant une sangle artificielle renforçant le périnée.
e) MOULONGUET en 1945, préconise une plastie cutanée fessière à deux lambeaux qu'on arrive aisément à mettre au contact et à suturer aux fils d’argent; ces lambeaux, non doublés, sont cruentés sur icur face profonde qui s'oppose à la paroi rectale procidente.
f) HanTuanNx en 1931, recommande les moyens suivants : « Lorsque le prolapsus se limite à la saillie d'un petit bourrelet muqueux, il suffit de maintenir au contact du nouvel anus une petite lame d'ouate enduite de vaseline et maintenue par un bandage en T. Si le prolapsus est plus important, on peut le contenir par un bandage analogue à celui fait pour les hémorroïdes procidentes.
« Dans un cas (il s'agissait d'une femme âgée, grasse, qui, en même temps que son prolapsus consécutif à une amputalion périnéale pour cancer, avait une véritable éventration périnéale), nous
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avons dû nous borner à soutenir les parties prolabées à l’aide d'une plaque de caoutchouc, allongée d'avant en arrière, recouvrant tout le périnée et suspendue par des lacs passant au-dessus des épaules. »
g) Moresrix, dès 1894, conseillait déjà, dans certains cas, le port d'une ceinture, d’un bandage ou d'un appareil à pelote appropriés.
h) Enfin, Coupray, en 194r, préconise, pour obtenir un bon résultat, l'association de la chirurgie à la sclérose par injections, pratiquées toul autour de labouchement colo-périnéal.
Arrivés au terme de cel exposé qui, par suite de la multiplicité des techniques présentées, peut paraître obscur et fastidieux, nous pouvons retenir jes faits suivants :
Il n'existe pas de traitement unique s'adressant à toutes les variétés du prolapsus post-opératoire. Dans chaque cas particulier, il faut reconnaître le facteur étio-pathogénique prédominant (qui, pour MouLoweuer, reste l'absence du plancher pelvien), et dans ce but employer la technique la plus appropriée.
I faut nettement différencier le prolapsus muqueux, qui peut rester stationnaire et pour lequel des mesures d'hygiène, un traitement conservateur, suffisent à assurer la guérison. Tout au plus, on peut s'adresser aux méthodes s’attaquant directement à l'anus (cerclage temporaire ou définitif, thermo-cautérisation).
Par contre, dans les gros prolapsus, 1l'est exceptionnel qu'un traitement conservateur ait un résullat
définitif. Les facteurs étiologiques et pathogéniques résident, suivant les cas, dans une longueur anormale du côlon pelvien et de son méso, d'un cul-desac de Douglas trop profond}, d'un plancher pelvien cffondré. S'attaquer uniquement à l'anus sera insuffisant dans la plupart des cas, car On ne supprime pas la cause qui subsiste toujours. C’est ainsi qu'on différencie les méthodes de soutien et de suspension visant soit à relever le plancher périnéal, soit à suspendre l'intestin prolabé. Enfin, d'autres interventions tendent à associer les deux procédés, de manière à suspendre et à fixer définitivement le pro- ‘lapsus rectal.
Dans le choix de sa technique, le chirurgien devra se guider, après un examen attentif de son malade, sur divers facteurs, entre autres : l'âge, le sexe et l'état général du sujet, la variété, la durée et l'étendue du prolapsus.
- CHAPITRE X dr « n s
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