‹ Traitement du Ptosis par la Blépharopéxie Frontale à Ciel OuvertChapitre 9 sur 15 · AE RE · texte numérisé non relu

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Au contraire, Gillet de Grandmont pratique une résection palpébrale « tarso-musculaire » ; il s’attaque au muscle et au cartilage et respecte la peau (1).

On rapprochera de cette méthode celles de Boucheron (2), Snellen (3), Nicati (4), basées sur l’avancement du releveur, déjà préconisé en 1883, par Everbusch (5).

__ Avec les procédés suivants, nous arrivons à la deuxième grande méthode : le relèvement de la paupière au moyen de sutures la rattachant au muscle orbiculo-frontal.

Scarpa fit, le premier, remarquer que l’opération de la résection d’une partie de la paupière réussissait mieux, lorsque la résection cutanée avait porté sur la partie de la paupière proche du sourcil, et Hunt, de Manchester, en 1838, expliqua très judicieusement le fait, en disant que le résultat de cette résection parasourcilière était l’adhérence de la paupière à cette portion de peau du sourcil sur laquelle agit le muscle occipito-frontal, et qu’ainsi, grâce à cette adhérence, on substituait l’action de ce dernier muscle au releveur de la paupière.

(4) Gillet de Grandmont. Nouveau mode opératoire du ptosis congénital, Recueil d’Ophtalmologie, 1891.

(2) Boucheron. Opération du ptosis, Arch. d'Opht., 1888, p. 228.

(3) Snellen. À new operation for ptosis, Opht. Review, 1883.

(4) Nicati. Opération du ptosis par avancement du releveur, Arch. d’'Opht., XI, 1890.

(5) Everbusch. Zur opération der congenitalen blepharoptosis Klinisch Monatsblatter für Aug., Bd, XXI. 1883,

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Ainsi, l’idée de la suppléance du releveur de la paupière sur le muscle occipito-frontal, d’après laquelle tant de procédés opératoires du ptosis ont pris naissance, à la suite des deux opérations imaginées presque simultanément par Dransart et Pagenstecher, appartient à Hunt, mais il n’en a pas su lui-même tirer parti.

Gayet, Panas, utilisent aussi l’action du frontal ; Sédillot, celle du sourcilier ; Motaïs et Parinaud, celle du droit supérieur.

Le ptosis très léger ne recouvrant pas complètement la pupille peut être guéri par une simple résection tarsienne ou raccourcissement palpébral.

L'opération recommandée par Hunt consiste à enlever par dissection un pli de la peau. L’incision supérieure se fait immédiatement au-dessus du sourcil et s’étend de chaque côté jusqu’au delà des commissures de la paupière. L’incision inférieure s'approche jusqu’à une petite distance du bord tarsal de la paupière et rejoint l’incision supérieure à chacune de ses extrémités, de telle sorte, que l’on enlève une portion de peau de la forme d’une feuille d’olivier et d’une étendue qui doit varier suivant le degré plus ou moins considérable du relâchement de la peau.

Pour de Graefe (1), la réussite dépendait de l’excision d’une portion plus ou moins grande du muscle antagoniste, l’orbiculaire ; après quoi, il fallait réunir peau et muscle par la suture.

(1) De Graefe. Arch. f. Opht., IX, 2, p. 29.

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On a proposé depuis, comme dans le strabisme paralytique, l’avancement du releveur, en en excisant au besoin une partie (Everbusch). L'expérience a démontré que dans le ptosis prononcé la méthode est insuffisante.

H. Pagenstecher conçoit l’idée de prolonger le muscle frontal vers le tarse, en créant une bride cicatricielle sous-cutanée.

Dransart (2) emploie la même méthode, sauf que l’anse de fil est dirigée en sens inverse et que le plein occupe le milieu ou le tiers inférieur de la paupière, les bouts étant noués sur du diachylon au-dessus du sourcil.

Le résultat obtenu, quand la réunion est complète, c’est l’insertion de la paupière à la portion de la peau du sourcil, sur laquelle agit le muscle occipito-frontal.

Le procédé de Panas vise à l’inosculation directe de la paupière avec le muscle orbito-frontal, avec tunnel sous le sourcil.

On pratique une première incision horizontale au niveau du pli orbito-palpébral supérieur, comprenant la peau et le muscle crbiculaire, de façon à mettre à nu le ligament suspenseur. De cette incision partent latéralement deux autres verticales et légèrement divergentes jusqu’au bord supérieur du tarse, où on leur donne une direction horizontale et courbe, parallèle à l’incision supérieure. On s’arrête près du point lacrymal en dedans et de la commissure externe en

(1) Dransart. Thèse de Beauvais, Paris, 1884,

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