SR, RER
elle ne pouvait plus s'habiller seule; elle ne dormait plus et mangeait à peine. Malgré tout, pleine d'énergie elle continuait à diriger sa recette, Cette crise dura près d’un an, À force de salicylate de soude, elle calmait un peu ses douleurs et avait quelques instants de repos; mais d'après ses propres expressions, « elle n’ayait pas un jour de bon », Les déformations des membres se sont produites peu après le début des douleurs, puis ont fait des progrès rapides, surtout aux mains, Elle prit sa retraite en décembre 1905. L'hiver 1907-08 fut très mauvais; elle pouvait à peine marcher et descendait ses escaliers lentement, à 7eculons, Malgré ces souffrances continuelles, élle n’est jamais restée couchée. . |
Elle arrive à Roscoff le 3 juin 1908 pour y suivre un traitement. C’est une femme petite, amaigrie, mais courageuse. Toutes les articulations sont atteintes, mais très inégalement. Aux membres inférieurs, il y a une déformation des genoux et des cous-de-pied; la malade y ressent des douleurs surtout nocturnes, mais la marche est possible à petits pas. Les membres supérieurs sont bien plus atteints. Aux mains, les déformations revêtent le type d’extension de Charcot. Les doigts effilés sont fortement inclinés en coup de vent vers le bord cubital; Ia main est amincie, les poignets sont gonflés et raides, Les coudes peu déformés ont des mouvements limités, surtout dans l'extension, Les épaules sont amaigries, les muscles atrophiés et la malade ne peut élever le bras jusqu'à l'horizontale, Les mouvements du cou sont douloureux et le sujet se tourne tout d’une pièce.
Malgré tout et grace-à ce qu'elle à toujours tâché de se servir elle-même, la malade n conservé suffisamment ges mouvements pour lui permettre de marcher à petits pas comme nous l'avons déjà dit, de s'habiller avec peine. Muis les membres sont presque sans force.
Rien aux organes internes; les urines sont normales,
4 em
Malgré ces conditions déplorables, et sur les instances de la malade on applique le traitement par l’hydrothérapie marine chaude, les douches de vapeur sur le cou, les bains de vapeur et la kinésithérapie. Elle supporte bien ce traitement et quitte Roscoff avec une amélioration appréciable.
Après son retour chez elle, elle est prise d’une crise de | douleurs aiguës qui la décourage, car elle en conclut que le traitement a été inefficace; mais au bout de deux ou trois semaines, la crise se calme et l’hiver suivant est relativement excellent.
Cette malade revient à Roscoff tous les ans depuis son premier traitement ; on utilise les mêmes procédés, La crise post-thermale ne s’est plus reproduite. Elle résume ellemême de cette façon les résultats qu’elle retire de sa cure :
1° Amélioration de l’état général se traduisant surtout par la reprise de l’appétit, des forces et du sommeil,
2 Amélioration locale par la diminution notable des douleurs articulaires, l’augmentation de force dans les membres (supérieurs et inférieurs) et moins de raideur dans les mouvements, Les douleurs du cou, en pärticulier, ont beaucoup diminué, ce qui est un soulagement appréciable.
Les déformations des membres et des extrémités articulaires ne se sont pas modifiées (il s’agit en effet ici de déformations osseuses), mais le rhumatisme qui s’aggravait a subi un temps d'arrêt, et même, dans une certaine limite, une régression (au point de vue des douleurs et des mouvements) ; les hivers sont devenus beaucoup moins pénibles.
(C’est un résultat relatif, maïs en présence d’un état aussi grave c’est déjà appréciable; et la malade, contente d'être soulagée, vient suivre le même traitement depuis 5 ans.)