‹ Traitement hydrothérapique, climatique, et thermal du lymphatisme et de la scrofuleChapitre 15 sur 113 · MALADIES DU NEZ · texte numérisé non relu

MALADIES DU NEZ

Coryza. — Le coryza de nature lymphatique date souvent de la première enfance. Le malade mouche beaucoup, au point de saigner du nez, en général plus l’hiver que l’été. Les sanies sanguinolentes, purulentes, quelquefois avec parcelles osseuses, ont à cette saison une odeur plus forte et même fétide. En hiver il y a souvent écoulement spontané de sanies par l’orifice nasal antérieur, se reproduisant surtout quand le malade baisse la tête, quelquefois par l’orifice postérieur. Il y a une douleur sourde à la racine du nez, souvent dans toute la têle surtout après un travail prolongé. Cette douleur n’a pas le caractère névralgique.

Souvent il y a une rougeur érysipélateuse autour du nez. La muqueuse des cornets est hypertrophiée, rougeâtre et présente de petites ulcérations blafardes, situées très haut et recouvertes de croûtes.

Celles-ci obstruent les narines, gênent la respiration et donnent à la voix un caractère nasonné.

Elles arrivent même à intercepter presque complètement le passage de l’air, c’est ce qùi fait que les malades tiennent presque constamment la bouche ouverte. Ce fait seul suffit souvent à reconnaître un lymphatique à distance.

Le pourtour du nez est érythémateux et souvent le siège d’un eczéma impétigineux, dont les produits de sécrétion joints à ceux de la pituitaire déterminent l’ulcération du sillon naso-labial et celle de la lèvre supérieure. Chez certains malades l’hyperémie de la pituitaire s’accompagne d’une rougeur érysipélateuse du bout du nez, comme s’il y avait une

engelure. Généralement on observe du gonflement des ganglions sous-maxillaires et parotidiens.

Souvent l’inflammation gagne la cavité nasopharvngienne, ce qui détermine, surtout le matin, une sensation d’embarras, de gêne parfois très grande, répondant à l’orifice postérieur des fosses nasales. Les mucosités, souvent très adhérentes, n peuvent être expulsées qu’avec de grands efforts, un ensemble de reniflements, de toux, d expuitions, entrecoupés par de brusques et profondes inspirations, c’est une sorte de raclement qui provoque quelquefois des efforts de vomissements (Doyon).

Ozène. — Pendant longtemps on a donné le nom d’ozène tantôt au symptôme lui-même, tantôt à la

maladie dontil était la manifestation.

Aujourd’hui l’on doit réserver ce terme à la mauvaise odeur spéciale, à la fois douceâtre et piquante, pénétrante et nauséeuse, se rapprochant de celle de la punaise écrasée, de celle des sueuis fet des des pieds et de celle- de certains fromage, avariés. Elle résulte de l’altération des sécrétions nasales spéciale à une variété de rhinite dite Me atrophiante fétide. Ses relations avec le lymphatisme sont des plus contestables. M. Ruault ajoute même que « la diathèse scrofuleuse ne modifie en rien la nature de la maladie ».

A l’époque où l’on englobait sous le nom de scrofule des affections liées soit à la syphilis, soit à la tuberculose, soit au lymphatisme, on pouvait a la rigueur admettre un ozène scrofuieux, mag aujourd’hui où l’on a séparé très nettement toules les affections dites scrofuleuses, il est impossible

de ranger la rhinite atrophiante fétide parmi les manifestations du lymphatisme. Nous n’avons donc pas à nous en occuper.

Le traitement du coryza étant essentiellement local et constitué par des irrigations nasales, nous allons indiquer comment on doit procéder pour faire ces irrigations, quelle que soit la nature du liquide employé.

MANIÈRE DE. PRATIQUER L’iRRIGATION NASALE

Posture dumalade. (1)—Il faut laisser les malades debout, la tête penchée en avant, de manière que les narines occupent la parlie la plus déclive des fosses nasales. On utilise de cette manière la pesanteur, qui accélère le courant de sortie dans la fosse nasale parcourue par une veine liquide récurrente.

C’est la pratique que l’on doit suivre dans les établissements d’eaux minérales.

Appareil pour faire l’irrigation. — A cet égard rien n’a été fait de mieux que le siphon de Thomas Weber. Il se compose d’un tube en caoutchouc de l m ,50, d’un petit tube recourbé, en cuivre ou en caoutchouc durci, qui s’appliquera sur le bord du récipient et d’un tube de caoutchouc de 20 centimètres de long destiné à plonger dans le liquide. Enfin l’extrémité nasale du tube se termine par une ampoule comme dans l’appareil de Weber, avec cette différence que M. Fauvel a remplacé l’ampoule de corne par une ampoule de verre. M. Alvin a muni ces appareils d’un robinet; cela peut être très utile dans un établissement public, comme un établissement ther-

1. Constantin Paul. — Note sur l’irrigation nasale (Bulletin de thérapeutique, 1875).

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mal, mais dans la pratique privée cela n’a aucune utilité, car en pressant le tube de caoutchouc on empêche l’eau de s’échapper.

Nous avons remplacé l’ampoule de Weber qui est en verre et creuse, par conséquent fragile et donnant un jet mal dirigé, par une ampoule de buis ou de porcelaine percée d’un canal large de 4 millimètres; l’ampoule ne se casse plus et le jet est direct.

L’autre appareil dont on se sert est 1 irrigateur Éguisier, employé également par M. Duplay, comme par MM. Gailleton et Maisonneuve. .

Voici dans quelles circonstances on choisit l’irngateur Éguisier. Lorsqu’on a à traiter une affection aiguë et passagère des fosses nasales, le coryza, par exemple, on est mal venu à proposer aux malades l’acquisition d’un appareil spécial dont ils craignent de mal se servir et dont la dépense, bien que minime, n’est pas toujours bien accueillie.

En pareil cas, on se borne à faire acheter une canule anale ordinaire en os. On la fait garnir de linge pour lui donrer un volume suffisant pour obturer la narine, et on prescrit l’emploi de l’irrigateur. On peut encore adapter tout simplement 1 ampoule au tube de Tirrigateur au moyen d’un petit morceau de tube en caoutchouc.

L’expérience a appris que le meilleur débit s’obtenait, en pareil cas, en tournant le robinet de l’irrigateur jusqu’à moitié de sa course.

Le malade une fois installé, le visage au-dessus d’une cuvette, le siphon ou Tirrigateur amorcé, on applique l’ampoule sur la narine la moins malade et Ton ne tarde pas à voir le liquide entrant par une narine sortir par l’autre et former un jet très ré-

gulier entraînant les produits de sécrétion contenus dans les fosses nasales.

Que se passe-t-il dans cette opération? Le li¬

quide passe-t-il d’une narine dans l’autre par le seul fait qu’il rencontre l’orifice postérieur des fosses nasales? Sont-elles fermées en arrière par

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un phénomène actif, la contraction du voile du

p IG 2. — Malade pendant l’opération.

palais et du constricteur supérieur du pharynx?

On sait déjà, par l’expérience rapportée plus haut dans laquelle le malade est couché, que ce n est

pas une question de déclivité simple et qu’il y aune contraction musculaire mise en jeu. Du reste, le fait que l’injection poussée avec force ne pénètre pas dans la gorge esl une preuve de plus à l’appui de cetle explication. Quels sont donc les muscles qui font cet office d’une occlusion si complète?

Ce sont d’abord le constricteur supérieur du pharynx, puis les pharyngo-staphylins les péristaphylins internes, et enfin les palafo-slaphylins ou redresseurs de la luette. Cela ressort des expériences de M. Duchenne (de Boulogne).

Au premier abord, on est étonné de la facilité du résultat, et les malades qui n’en sont pas toujours convaincus ou qui sont pusillanimes se prêtent quelquefois mal à ce traitement. Rien n’est plus simple que de les aider.

Il suffit de leur prescrire de respirer uniquement par la bouche. De cette manière, ils commandent volontairement l’occlusion postérieure des fosses nasales et l’injection passe facilement sans tomber daps la gorge. On leur commande ensuite de respirer longuement d’une manière régulière, on peut même les faire parler sans déranger l’irrigation.

Quand les malades ne paraissent pas convaincus, je répète l’expérience sur moi-même, et ils se décident ensuite facilement.

Dans cette injection, jusqu’où pénètre le liquide? —

Ya-t-il remplir l’antre d’Hygmore, les sinus frontaux, la trompe d’Eustache, le canal nasal?

Nous avons, à cet égard, deux ordres de renseignements. Je dirai d’abord que le liquide ne pénètre

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