‹ Traitement hydrothérapique, climatique, et thermal du lymphatisme et de la scrofuleChapitre 23 sur 113 · EAU FERRO-CUIVREUSE · texte numérisé non relu

EAU FERRO-CUIVREUSE

Saint-Christ au. — L’eau de la source des Arceaux, par son onctuosité ainsi que par sa teneur en cuivre, peut être considérée comme une sorte de collyre qu’on applique à l’aide de procédés de pulvérisation dont la délicatesse, est appropriée à la susceptibilité de la muqueuse oculaire. Dans les premières séances surtout, le contact de la poussière liquide détermine rapidement de l’injection dela conjonctive, des pico-

tements, de la cuisson, du larmoiement, phénomènes qui se dissipent rapidement, mais qui obligent le plus souvent à interrompre chaque séance par quelques minutes de repos et qui par conséquent exigent une surveillance toute spéciale delà part du médecin. Néanmoins la tolérance s’établit en général rapidement, et, dans les cas où il n’ëst pas nécessaire de produire une excitation notable, la pulvérisation, administrée sous la forme d’une simple atmosphère vaporeuse, dénuée de toute' force de projection et divisée en particules si ténues qu’elle obéit comme une fumée à l’impulsion du plus léger souffle d’air, ne paraît plus, au bout de quelques jours, exercer d’action mécanique assez appréciable pour expliquer les effets du traitement qui s’accentuent particulièrement à partir de cette période de tolérance.

EAU ACIDULE

Saint-Alban. — On fait prendre des douches d’acide carbonique d’une demi-heure de durée, d’abord deux, puis trois par jour. En même temps on donne à l'intérieur d’abord deux à trois verres d’eau pour commencer, puis on arrive jusqu’à huit ou dix. Soüs çette influence l’état inflammatoire s’apaise et la guérison se produit.

On opère de la façon suivante : A l’aide d’une petite pomme d’arrosoir, on dirige le jet de gaz sur l’œil. Quand les deux yeux sont malades, on së sert simultanément de deux appareils semblables. Tout d’abord, on éprouve une sensation de froid qui fait bientôt place à une sensation de chaleur qui devient cuisante, insupportable. Les paupières sont le siège

de picotements dont l’intensité augmente progressivement et qui sont accompagnés de larmoiement. Les vaisseaux de la conjonctive sont injectés, mais cet état disparaît rapidement après la douche.

L’action thérapeutique se manifeste de la façon suivante :

Dans les conjonctivites, par la disparition successive de la photophobie, du larmoiement, de la lagophtalmie et du boursouflement des paupières.

Dans les kératites, si elles sont superficielles, l’amélioration est très rapide. S’il y a des ulcérations, on voit celles-ci diminuer de profondeur, devenir de plus en plus superficielles et faire place à des albugo ou des leucomes qui finissent par disparaître.

Catarrhe auriculaire. — Otorrhée. — Surdité. — Celte affection peut succéder à une otite aiguë ou être d’emblée chronique. Elle ne se montre jamais que d’un seul côté.

On observe généralement de l’empâtement de la région, de la douleur, de la surdité et un écoulement muco-purulent par le conduit auditif externe. Celui-ci est rouge, gonflé, granuleux. Quand le catarrhe chronique succède à une otite aiguë, ces phénomènes sont précédés d’un écoulement séreux. Parfois il se fait une perforation de la membrane du tympan. Il peut y avoir alors issue des osselets au dehors avec le pus.

Souvent ce catarrhe s’accompagne d’eczéma impétigineux du pavillon de l’oreille. Étant donné l’in-

fluence considérable que les affections du pharynx nasal exercent sur le développement et la marche des inflammations de l’oreille moyenne, il est essentiel d’examiner, avec attention, la cavité pharyngonasale, chez les sujets atteints de dysécée, pour chercher les éléments du diagnostic et en déduire, dans bien des cas, les indications du traitement local.

L’examen rhinoscopique permet de juger du degré d’hyperémie et d’épaississement de la muqueuse rétro-nasale et de constater les désordres ou lésions variées qui peuvent dévier ou obstruer l’orifice de la trompe : amas du mucus, hypertrophies glandulaires, bourrelets muqueux, polypes, ulcérations, etc.

L’examen du tympan nous fournit également des signes importants pour établir le diagnostic anatomique. Cette membrane présente différents degrés d’hyperémie, de coloration, d’épaississement et de diffusion qui reflètent surtout l’état pathologique de la caisse.

Le cathétérisme de la trompe nous permet de distinguer non seulement les diverses causes d’obstruction de la trompe (adhérences, rétrécissements, accumulation de mucus), mais encore de pratiquer l’auscultation de l’oreille, au moyen de l’insufflation d’air dans la caisse. Ce dernier moyen ne nous fournit, cependant, que des données incomplètes et d’une valeur relative. On comprend, en effet, que les bruits que détermine l’entrée de l’air dans la caisse doivent varier beaucoup. Ils peuvent être plus ou moins humides ou plus ou moins pleins, larges et secs, suivant le moment où l’on pratique le cathétérisme et suivant la période de la maladie (Bouyer).

Enfin, nous pouvons nous guider aussi,‘pour établir le diagnostic, sur les variations que subit l’ouïef sous l’influence de diverses causes (changements atmosphériques, insufflation d’air dans la caisse), ainsi que dans l’intensité et la marche des troubles subjectifs.

Indications (1 ). — On ne devra appliquer le traitement thermal que lorsque l’affection ne présente pas de phénomènes d’acuité et que l’obstruction de la trompe n’est pas trop prononcée.

. Dans bien des cas, il faut faire un traitement préparatoire, destiné à amender la poussée inflammatoire et à rétablir la perméabilité de la trompe pour faciliter ainsi l’écoulement des exsudats séromuqueux qui obstruent l’oreille moyenne.

Les résultats qu’on peut attendre de la cure thermale sont subordonnés à l’âge du malade, à la nature des lésions, à leur siège et à leur ancienneté.

D’une façon générale, on peut dire que plus le malade est âgé, plus le catarrhe est ancien, et enfin plus les altérations de la caisse sont étendues, moins on doit compter sur une amélioration.

. C’est surtout chez les enfants qu’on observe les résultats les plus prompts et les plus complets, lorsqu’il s’agit de combattre l’obstruction de la trompe produite ou entretenue par un coryza à répétition ou par des angines fréquentes. , !

Chez les.vieillards, au contraire, le traitement est bien souvent impuissant pour remédier à une sur-

1.’Bou : yèr. — Traitement des surdités catarrhales [Archives générales d'Hydrologie, de Climatologie el de Balnéothérapie. ] 894) .

dité catarrhale, parce que les lésions du catarrhe de l’oreille se compliquent ordinairement d’un relâchement des lëvres de la trompe amené par l’affaiblissement des muscles de la déglutition. .

Lorsque le catarrhe n’est pas très ancien, on obtient des résultats d’autant plus satisfaisants que le traitement est appliqué plus près du début des accidents. Malheureusement bien des malades recourent à la médication thermale trop tard, C’est-àdire lorsque le catarrhe déjà invétéré est devenu incurable, par suite des lésions qu’il a déterminées du côté de l’oreille interne.

Dans les catarrhes tubaires, on peut espérer de bons effets de la cure et même amender complètement la dysécée, s’il n’existe pas encore de lésions secondaires du côté des fenêtres labyrinthiques, pourvu qu’on maintienne la perméabilité de la trompe, tout en combattant le catarrhe naso-pharyngien.

Lorsque le catarrhe s’est étendu à la caisse, les résultats sont très variables et souvent difficiles à prévoir. Il est, en effet, impossible déjuger, d’après l’examen du tympan, de l’état de l’oreille interne, dans certains cas de surdité ancienne et très prononcée. Aussi ne peut-on se baser, pour porter un pronostic, c’est-à-dire pour distinguer les cas relativement favorables des cas à peu près incurables» que sur la transmission des sons de la montre ou du diapason par les os du crâne et surtout sur les premiers effets du traitement. Il est certain qu’on peut presque toujours compter sur une amélioration, lorsqu’on voit se produire des modifications du côté de l’ouïe et des sensations subjectives, dès

les premiers jours de la cure. On devra, au contraire, perdre tout espoir d’enrayer la maladie, toutes les fois que les bourdonnements seront continus et nullement influencés par le traitement, alors même qu’il se serait produit d’abord une amélioration de l’ouïe.

En général, les dysécées, même prononcées et de date récente, et celles qui progressent par saccades sont plus faciles à améliorer que celles qui sont anciennes et à marche lente, presque stationnaire.

Les inflammations avec tuméfaction de la muqueuse et hypersécrétion catarrhale sont plus susceptibles d’amélioration que les formes sèches qui s’accompagnent d’exsudations interstitielles et d’adhérences anormales de la caisse. Ces dernières formes sont à peu près incurables, quand elles se rencontrent chez les vieillards.

Contre-indications. — La forme scléreuse généralisée caractérisée par l’épaississement uniforme de la membrane du tympan et sa coloration gris foncé.

Lorsque la sclérose du tympan est partielle, circonscrite avec coloration blanchâtre et lorsqu’il n’existe que des synéchies limitées, on peut cependant espérer enrayer le processus inflammatoire et prévenir une surdité absolue chez les sujets jeunes, dont l’état général est assez satisfaisant.

EAUX SULFUREUSES

Le traitement sulfureux se fait à peu près de la même façon dans toutes les grandes stations. Nous

TRAITEMENT DES MALADIES DE L’OREILLE. 57 en exposons la pratique très détaillée à l’article Cauterets, d’après les indications du docteur Bouyer.

Barèges. — Sous l’influence du traitement général et local, il se fait une amélioration rapide, suivie de la guérison.

Cauterets (î).—L’application des eaux de Cauterets au catarrhe naso-pharyngien et auriculaire comporte deux modes de traitement : l’un dirigé contre l’état local et l’autre approprié à l’état général.

Le traitement local présente une grande importance. Il consiste dans l’ensemble des moyens propres à mettre la muqueuse pharyngo-nasale en contact plus ou moins prolongé avec l’eau sulfureuse, dans le but de la déterger, de la lubrifier et consécutivement de modifier sa vitalité et ses sécrétions. Ces moyens sont : le gargarisme, la douche naso-pharyngienne, le humage et la pulvérisation.

Le gargarisme produit, outre son action topique favorable, une action mécanique résolutive due aux contractions qu’il détermine du côté des muscles de la déglutition. Chaque contraction musculaire exerce uhe pression sur les glandes et tend à les débarrasser de leurs produits de sécrétion. Cet effet s’explique par la disposition anatomique des fibres musculaires par rapport à l’appareil glandulaire. Il est donc important d'indiquer aux malades la manière de pratiquer le gargarisme pour le rendre aussi efficace que possible. On doit leur recom-

l. Bocyer. — Loc. cit.

mander de pencher la tête en arrière ët, après avoir fait passer le liquide au fond de la gorge, d’avancer légèrement le menton, de faire de fréquents mouvements de déglutition, sans bruit de glouglou et pn évitant d’avaler le liquide.

Les gargarismes répétés exercent une influence favorable sur les muscles palatins, qui jouent un rôle important dans le mécanisme fonctionnel de la trompe. Ils peuvent, en augmentant leur contractilité, remédier à leur insuffisance dans bien des cas.

Il ne faut pas oublier que l’action topique de l’eau sulfureuse, venant s’ajouter à l’action élective produite par la boisson, peut contribuer à provoquer une irritation ou réaction congestive plus ou moins intense. Il est donc important de régler l’usage du gargarisme, quant au choix de la source et aux verres d’eau à employer. Pour compléter l’action du gargarisme, il est bon de conseiller aux malades de renifler, c’est-à-dire d’aspirer de l’eau sulfureuse par le nez et de la faire passer en quantité plus ou moins grande dans la gorge pour être rejetée par la bouche. Dans certains cas, ils peuvent remplacer ces aspirations par le gargarisme pharyngo-nasal préconisé par le docteur Guinier, qui consiste à rendre par le nez une petite quantité d’eau portée dans le fond de la gorge, comme pour se gargariser. Malheureusement un certain nombre de malades, doués d’une sensibilité exagérée de la gorge et du voile du palais, ne parviennent pas à pratiquer ce genre de gargarisme, quia l’avantage de laver plus complètement la cavité nasale et de la débarrasser des mucosités plus ou moins adhé-

TRAITEMENT DES'MALADIES.T)Ë L’OREILLE. 58 rentes qui l’encombrent souvent. Du reste, ces effets s’obtiennent plus facilement par l’emploi de la douche nasale que l’on utilise journellement pour combattre le coryza et le catarrhe naso-pharyngien. . ..

La douche ou irrigation nasale se pratique, soit dans les salles de pulvérisation, soit-dans quelquës baignoires de l’établissement de la Raillère.

Il est souvent utile de conseiller des interruptions plus ou moins fréquentes dans l’application de la douche nasale. Sa durée doit être subordonnée à la tolérance du malade et aux effets obtenus : elle

varie habituellement de deux à dix minutes.

Lorsque les douches nasales déterminent des troubles persistants du côté de la tête ou des phénomènes d’irritation locale trop prononcés, on peut les remplacer par les douches d’eau de la Raillère, à faible pression, qui s’administrent dans quelques cabinets de bains et sont moins chaudes et moins irritantes que celles de César.. ; .

Il est bon que les malades sachent que l’action de se moucher avec effort après l’irrigation nasale peut déterminer l’entrée d’une petite quantité de liquide dans la caisse; ils doivent se borner à souffler par le nez ou à faire quelques expirations brusques pour désobstruer les fosses nasales.

Enfin, on doit également les engager à séjourner, pendant un certain temps, dans l’établissement, après la séance d’irrigation, pour éviter à la muqueuse nasale les inconvénients d’une brusque exposition à l’air.

On prescrit généralement le humage, dès le début de la cure, pour habituer la muqueuse nasale au

contact de l’eau à l’état globulaire et de la vapeur sulfureuse, et aussi pour tâter son impressionnabilité. Bien que ce mode de traitement produise une action détersive et résolutive beaucoup moins marquée que la douche nasale, il est plus spécialement indiqué toutes les fois que celle-ci n’est pas tolérée et dans tous les cas où il est utile d’agir sur la muqueuse des sinus ou anfractuosités des fosses nasales qui sont fréquemment le siège d’inflammations et difficiles à atteindre par les moyens ordinaires.

La pulvérisation est ordinairement employée pour modifier les granulations pharyngiennes. Outre son action topique qui peut être comparée à celle des gargarismes, elle produit une percussion ou plutôt une sorte de massage qui tend à dégorger les tissus et à provoquer des effets résolutifs. Elle contribue aussi à réveiller oh à augmenter la contractilité des muscles palatins.

La pulvérisation détermine, plus tôt que les autres modes de traitement local, une action excitatrice sur la muqueuse pharyngienne. Aussi est-il souvent utile de faire d’abord usage des tambours fins, afin d’arriver graduellement à l’emploi de la douche pulvérisée.

Les douches pharyngiennes à jet filiforme sont rarement employées, parce qu’elles sont douées d’une grande force de percussion et qu’elles déterminent parfois de véritables ecchymoses et de fortes irritations locales. On les remplace avec avantage par les douches à faible pression qui ont été installées, sur les indications du D r Bouyer, dans quelques baignoires de la Raillère. Ces irrigations peuvent

TRAITEMEMT DES MALADIES DE L’OREILLE. 61 être pratiquées alternativement dans la gorge et dans le nez.

La pulvérisation peut également être dirigée dans les fosses nasales, au moyen d’un embout spécial, soit pour compléter l’action de la douche nasale, dans certains cas, soit pour la remplacer lorsqu’elle est mal supportée.

Employée sous forme de brouillard fin, 1 eau pénètre profondément dans toutes les anfractuosités des fosses nasales et elle est entraînée en partie dans le pharynx nasal. Si l’eau pulvérisée produit une action détersive moins puissante que celle de la douche nasale, elle a, par contre, l’avantage de favoriser, par son extrême division, son absorption par la muqueuse, tout en contribuant à modifier l’état pathologique de cette dernière.

Le traitement thermal du catarrhe pharyngo-auriculaire demande souvent à être secondé, dans ses effets, par l’application de solutions caustiques destinées à réprimer les granulations ou végétations situées dans le voisinage de la trompe et à modifier les inflammations anciennes de la muqueuse rétroll est également très important d’insuffler de l’air dans les caisses, pendant la cure, soit par le procédé de Politzer ou de Yalsalva, soit avec l’aide du cathétérisme de la trompe. Ce moyen est d’autant plus indiqué que les malades éprouvent généralement, sous l’influence du traitement thermal, une augmentation de surdité due à une recrudescence d’hyperémie et de tuméfaction de la muqueuse.

L’insufflation d’air dans l’oreille constitue par

elle-mêmemn moyen de traitement utile non seulement pour rétablir l’équilibre entre l’air de la caisse et.eelui du pharynx, mais ëncore pour chasser les mucosités qui encombrent la trompe et la cavité tympanique, et aussi pour lutter contre la tendance aux adhérences en exerçant une pression mécanique (sorte de massage) sur le tympan et les membranes dès fenêtres.

Bien que le traitement local du catarrhe pharyngo-auriculaire semble présenter une importance prépondérante, le Iraitement général, comprenant la boisson, le bain et la douche, n’en est pas moins utile pour seconder et compléter ses effets.

Le traitement thermal produit fréquemment des exacerbations locales plus ou moins accentuées qui se manifestent à une époque variable de la cure et quelquefois après la.cessation de la médication. Ces exacerbations peuvent passer inaperçues dans certains cas. Lorsqu’elles sont modérées, elles sont souvent suivies de bons effets qui se traduisent par des modifications des sécrétions qui deviennent plus fluides et moins abondantes, par la disparition de l’odeur propre à ces sécrétions et par une sensation de désobstruction des fosses nasales, et aussi par des changements favorables du côté de l’ouïe, de l’odorat et du timbre de la voix.

Le plus souvent la dysécie subit des variations ou même augmente considérablement dans le cours de la cure. Aussi-bien des malades sont-ils disposés à se décourager et à abandonner le traitement thermal. Il est donc utile de les prévenir qne la médication locale produit, par son action irritante sur la muqueuse; soit la diminution momentanée du

TRAITEMENT DÈS MALADIES DE L’OREILLE. 63 calibre de la trompe, soit l’oblitération de. son ouverture, et que, dans ces cas, l’augmentation de surdité vient pour ainsi dire témoigner de lanaturô catarrhale de l'affection.

Les modifications favorables de l’ouïe sont quel-* quefois lentes à se produire dans les inflammations profondes et anciennes, mais elles s’accentuent généralement d’une façon manifeste, après la cessation du traitement thermal, lorsque tout phénomène d’excitation locale a disparu.

Il est très important de soumettre les catarrhes pharyngo-auriculaires à des traitements longs et répétés, à raison de leur ténacité et de leur tendance aux récidives.

Uriage. — On y fait des injections et des pulvérisations d’eau sulfureuse dans le conduit auditif.

Mais ce sera surtout le traitement général qui produira les résultats les plus certains.

Le traitement ne doit pas durermoins de quarante jours.

EAUX SALINES

La Bourboule. — On emploie seulement les irrigations et les lavages à l’eau minérale.

La mer. — Quand l’otorrhée est idiopathique, on autorisera les bains, en ayant soin déboucher les oreilles avec du coton imprégné d’un corps gras. S’il y avait la moindre céphalalgie on suspendrait de suite, de crainte de propagation du côté des, méninges.

De toute façon on ne devra jamais plonger la tête dans l’eau et ne jamais faire durer le bain plus de trois minutes.

S’il y a une perforation de la membrane du tympan, on proscrira les bains.

On ne devra jamais faire d’injection d’eau de mer dans le conduit auditif, parce que chez les malades atteints d’otorrhée, le tympan est ramolli et moins élastique, et qu’un choc même léger peut le rompre. Aussi l’on ne doit jamais laisser plonger ces malades d’une certaine hauteur, afin d’éviter de soumettre le tympan à une pression qui le déchirerait.

Ces cas réclament un traitement très prolongé.

Salies-de-Béarn. — Le traitement général consistera en bains.

Comme traitement local on fera des injections d’eau salée, en ayant soin de les mitiger et de calmer, si cela est nécessaire, par des irrigations émollientes, l’excès d’irritation qu’elles ont pu produire. . , ,

Quand l’affeclion auriculaire est vraiment de nature lymphatique, la guérison est la règle.

EAU -ACIDULE

Saint-Alban. — Outre l’injection de l’eau, on donne des douches d’acide carbonique dans le conduit auditif.

Pour cela on se sert d’un ajutage en forme de bec de basson, qu’on introduit dans le conduit auditif. On éprouve d’abord un froid analogue à celui qui résulte du déplacement d’une colonne d’air. Puis

on à la sensation auditive que donnerait le bruit d’une locomotive à une certaine distance. Ensuite, arrive une sensation de chaleur pouvant atteindre jusqu’à la brûlure.

La durée habituelle est cinq minutes.

Ces douches sont très utiles surtout quand il existe un certain degré de surdité, susceptible de guérir. On observe toujours pendant la douche une plus grande sensibilité de l’ouïe et l’on voit au bout d’un certain temps la surdité diminuer progressivement chaque jour.

Cette exaltation de la sensibilité de 1 ouïe pendant la douche serait due, d’après Rotureau, à l’impétuosité du jet gazeux, à ce que le bruit qu’il fait et la force avec laquelle il s’écoule stimulent la membrane du tympan. Cela expliquerait aussi pourquoi cette plus grande sensibilité de l’ouïe, persiste peu de temps après la cessation de la douche.

On commencera par une ou deux douches par jour et l’on arrivera à cinq oü six suivant les cas.

Au bout de quinze séances, le médecin pourra juger si la maladie est curable ou non.

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