IA BOURBOULE
température de 45 degrés. Elle se boit deux ou trois fois par jour à huit heures, onze heures et six heures. On commence par prendre un demi-verre d’eau matin et soir, et: l’on arrive progressivement jusqu’au maximum qui est de deux verres matin et soir, soit de 200 grammes à un litre par jour, mais en général, on .ne dépasse guère 500 grammes.
A dose modérée l’eau excite l’appétit; quand il se produit des troubles digestifs, ils sont dus bien plutôt au changement de régime qu’à l’ingestion de l’eau.
Quand l’eau est mal administrée, elle donne lieu à de l’inappétence et de l’embarras gastrique. Il faut alors cesser la boisson pendant un ou deux jours.
Quand on boit de l’eau transportée de la source à la’chambre du malade, elle peut être mal digérée et donner de la pesanteur à l’estomac. Il faut alors la boire chaude à la source, fractionner et multiplier les doses.
La constipation est la règle. Cependant on observe souvent de la diarrhée par suite des refroidissements auxquels on est exposé dans les pays de montagne.
Du quatrième au cinquième jour, il se fait une poussée congestive du côté des capillaires; c’est alors qu’on voit s’exagérer toutes les manifestations morbides : l’acné donne à la face une coloration pourpre; les malades qui ont de la pharyngite accusent de la chaleur à la gorge, ce qui les porte à boire davantage; ceux qui ont de la laryngite présentent une plus grande rudesse de la voix, les douleurs
névralgiques sont réveillées. On devra toujours surveiller ces poussées congestives et les modérer.
A ces phénomènes congestifs succèdent des phénomènes résolutifs. C’est alors qu’on voit les affections locales s’amender.
Du côté du foie, on observe souvent des poussées de congestion légère-par suite de la localisation de l’arsenic dans cet organe. Aussi doit-on interdire la boisson aux malades qui ont présenté des manifestations morbides du côté du foie.
La respiration est très facilitée, ce qui tient en partie à l’altitude. Quelquefois il se fait chez les sujets prédisposés, une poussée congestive du côté des voies respiratoires, ce qui se Iraduit par du coryza, de la toux et un léger degré de bronchite. Il faut donc surveiller avec soin l’administration de l’eau chez ces malades.
L’élimination de l’arsenic par la peau donne lieu à des éruptions diverses telles que des éruptions ortiées, papuleuses, vésiculeuses, furonculeuses. On observe aussi souvent une coloration brune à la base des ongles.
L’eau prise en boisson fait diminuer l’urée, les phosphates et les chlorures; elle ralentit donc le mouvement de désassimilation. Le D 1 ' Heulz (1) a fait voir qu’elle diminuait les échanges azotés et les oxydations. Elle exerce une action d’épargne sur les tissus riches en azote et en phosphore.
Souvent dans les premiers jours du traitement, il y a de l’atonie du système nerveux-avec torpeur générale* envies de dormir après les repas, fatigue
ii Heulz,— Archives générales- d'hydrologie, 1894. -