‹ Traitement immédiat des fractures des maxillairesChapitre 5 sur 28 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Les fractures des maxillaires ont toujours attiré Jattention des chirurgiens, tant par la gravité de l'affection en elle-même, que par les difficultés à vaincre au cours du traitement. Sans être très fréquentes dans la vie ordinaire, elles ont, par leur étude, tenu une place appréciable parmi les travaux publiés sur les fractures en général.

En effet, ces fractures, par leurs complications nombreuses, locales d’abord : douleur, déformation de la face, hémorragies; secondaires, d’autre part : troubles de la mastication de longue durée, de nutrition par alimention défectueuse, intoxication gastrointestinale, et même pulmonaire, par déglutitions fréquentes de fermentations buccales septiques, sont naturellement la raison de traitements multiples.

La guerre, depuis l'emploi d’un matériel destructeur perfectionné, a causé un nombre de blessures considérables de la région de la face où les maxillaires

NES au étaient intéressés. Les fractures des maxillaires sont graves, même dans des conditions heureuses. Il semblerait que les difficultés de la thérapeutique au cours d’une guerre dussent être une nouvelle cause d’aggravation à laquelle s’ajouterait encore la multiplicité des lésions des parties molles.

L'évolution favorable d’un grand nombre de cas soignés dans les services de stomatologie de la région lyonnaise, et que nous a présentés M. Pont, nous a frappés. Avec la permission de ce stomatologiste, nous nous sommes permis d’entreprendre ce modeste travail avec l’espoir que quelques renseignements déjà publiés par lui pourront être encore de quelque utilité.

Nous ne pouvons donner une statistique complète, mais nous pouvons cependant excuser notre travail en publiant quelques résultats approximatifs. Malgaigne estimait que cette fracture amenait la mort une fois sur six.

Legouest, dans son Traité de FN. d'armée (1863), et Chenu, Stathistique de la campagne de Crimée et d’Ttalie, avaient déjà donné nombre de détails relatifs aux fractures des mâchoires par armes à feu. Dupuytren, dans ses leçons orales, a vu tout le bénéfice que pouvait retirer un blessé d’un traitement prothétique. Malgré la carie, la nécrose, la suppuration des parties molles, la sphacèle d’une plus ou moins grande partie de la face; malgré tous ces délabrements, malgré toutes ces complications graves, de nombreux malades, disait-il, ont pu vivre avec leur horrible difformité et, grâce à des appareils prothé-

nec (NE

tiques, jusqu’à un âge avancé. Et encore, à son époque, l’asepsie n’existait- elle pas. Pendant la guerre de 1870, la mortalité des blessés avec fracture des maxillaires atteignait 20 pour 100. Nous n’avons pas de statistique de l’évolution de ce genre de blessures dans les guerres plus récentes.

Mais, tout naturellement, avec les progrès de l’asepsie, de la prothèse restauratrice, le traitement des fractures des maxillaires devait subir des améliorations.

Si l’on étudie le nombre assez élevé des procédés thérapeutiques employés, le traitement des fractures a été, malgré ses incertitudes, ses tâtonnements, ses insuccès, l’obsession des chercheurs et des prati- Ciens.

Le travail n’a pas été vain puisque, sans pouvoir donner de statistique, nous pouvons dire que la mort, dans les fractures des mâchoires (elles sont considérables au cours de cette guerre), ne dépasse guère 3 à 4 pour 1.000.

La mort peut être due à une septicémie généralisée — à de l’érysipèle fréquent au début. — Dans le traitement ultérieur, la pneumonie a touché 20 malades sur environ 4.000 observations que nous connaissons, 2 seulement sont morts. La guérison s’obtient dans les conditions suivantes :

Il n’y a pas de perte de substance osseuse ou cutanée ; le blessé sort de l’hôpital au bout d’un mois et devient après apte à faire campagne.

11 n’y a pas perte de substance osseuse, mais perte de substances cutanée et muqueuse; le traitement dure

Page 1