‹ Traitement immédiat des fractures des maxillairesChapitre 9 sur 28 · TRES · texte numérisé non relu

TRES

L'appareil de Hammond est constitué par un fil métallique contourné exactement sur les faces des dents, mais sur modèle en plâtre. Les deux extrémités du fil sont soudées ensemble constituant un véritable cadre métallique qui est lié à l’arcade dentaire par quelques anses de fil métallique.

Mahé préconisa en France l’appareil de Kimgsley, qui établit une double connexion latérale entre les attelles, au lieu de la connexion antérieure de l’appareil de Houzelot.

Nous citerons la plaque palatme du D' Pont, fixée aux dents qui s'engagent à travers ses orifices. Enfin, pour terminer cette énumération, citons les appareils de Joffres et de Græfe, destinés à soulever en bloc le massif osseux facial et qui prennent point d'appui sur une pièce coiffant le sommet de la tête.

Nous nous sommes étendu sur quelques appareils : en particulier, la gouttière en ébonite, l'appareil de Hammont, et celui de Kingsley. Ils ont été un pas en . avant dans le traitement de la fracture des maxillaires, mais 1ls ont un inconvénient capital surtout dans la question qui .nous intéresse, traitement immédiat des fractures des maxillaires : ils ne peuvent pas être faits n’importe où, et placés par n'importe qui. Ils nécessitent la prise d’une empreinte de l’arcade dentaire fracturée. C’est une manœuvre difficile, pénible pour le blessé.

La confection de la gouttière exige un outillage et un spécialiste.

La pose d’un appareil intrabuccal et le port de cet appareil pendant quelques semaines ne vont pas sans

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inconvénient. Dans certaines fractures de maxillaires complètement dépourvus de dents, la chirurgie a trouvé son utilisation. Et de même qu’on fait des sutures osseuses dans des fractures de contention difficile ou impossible, de même on en a fait l’essai dans les fractures des maxillaires présentant ces difficultés.

D’après Bérenger Feraud, les vieux médecins de l'Algérie pratiquaient la suture osseuse du maxillaire inférieur fracturé, bien avant Kearny-Rogers qui exécuta le premier cette opération en Europe en 1823. Dans beaucoup de fractures de guerre, les dégâts des parties molles permettent cette intervention. La suture a été faite le plus souvent avec du fil d'argent ou du fil de cuivre recuit.

La suture favorise l’infection, la raréfaction, et est loin de s’appliquer à tous les cas. C’est une véritable opération chirurgicale. Dans ces dernières années, on a appliqué les plaques de Lambotte au traitement des fractures des maxillaires.

Ge procédé réussit assez bien dans des fractures fermées complètement aseptiques et ne favorise pas la guérison rapide des fractures des mâchoires.

M. Pont a utilisé plusieurs procédés et 1l semble qu’il ait obtenu des résultats dignes d’être retenus avec des appareils assez simples.

Il nous a permis de puiser abondamment dans son rapport au Congrès dentaire et dans l’opuscule qu’il a publié sur l’utilité d’une trousse d'urgence pour immobiliser immédiatement les fractures des maxillaires, et dans ses notes personnelles, les considérations que nous allons exposer.

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Le nombre de cas considérable des fractures des maxillaires qu’il a eu à soigner au cours de cette guerre, n’a fait que confirmer les idées sur l’absolue nécessité de l’immobilisation immédiate. Instruit par les desiderata de Preterre, Martin, Suerses, etc., qui, après la guerre de 1870, s’étaient plaints d’avoir à soigner trop tard les blessés aux mâchoires, le Ministère de la guerre, dès le début des hostilités, instituait la création de centres stomatologiques en France. La circulaire était la suivante : « Il parait mdispensable de rappeler à tous les médecins chefs de service la nécessité des prothèses hâtives afin d’obvier aux tractions cicatricielles qui trop souvent opposent des difficultés insurmontables à des restaurations correctes.

« En conséquence, les blessés atteints de mutilations ou de fractures seront dirigés le plus rapidement possible sur les centres de stomatologie et de prothèse . dont le détail d’organisation vous est confié. »:

Hâtons-nous de constater, nous y reviendrons d’ailleurs plus tard, que les médecins chargés des services de stomatologie ont à de multiples reprises dans leurs rapports mensuels, insisté sur la nécessité d’évacuer d'urgence dans les services spéciaux ce genre de blessés. Leur appel n’a pas été vain, car les centres de stomatologie reçoivent tous leurs patients deux ou trois jours après la blessure. Grâce à cela, le pourcentage des pseudarthroses est fortement abaissé. Et tandis que, dans les premiers mois de 19145, M. Pont faisait trois ou quatre ostéotomies chaque semaime, dans son centre de stomatologie, pour consolidation vicieuse, 1l n’en a pas fait depuis 1916.

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