TECHNIQUE GÉNÉRALE DE L'INTERVENTION SANGLANTE
Nous distinguerons, avec M. Lambotte, cinq temps dans la technique de l'intervention sanglante dans les fractures : - 1° Ouverture du foyer de fracture :
2° Préparation des bouts osseux ; 3° Réduction :
4° Fixation temporaire ;
5° Fixation définilive.
l. OUVERTURE DU FOYER DE FRACTURE. — La voie d'’accès est infiniment variable, suivant le membre à opérer. L'incision évitera certaines zones dangereuses, afin de respecter les organes précieux, vaisseaux et nerfs. Elle sera faite à l'endroit où lon risque de tomber le plus facilement sur le foyer de fracture. L'incision d'accès sera longue, afin d'avoir le jour le plus large possible. fl sera d’autres fois nécessaire de pratiquer des contre incisions qui permettent un travail plus aisé, au cours de manœuvres souvent délicates
x Le IT. PRÉPARATION DES BOUTS OSsEUX - Ce travail de préparation a une importance beaucoup plus grande dans les fractures anciennes vicieusement consolidées. Il comprend : la section et Vexcision du cal, l'avivement el la régularisation des bouts osseux.
Dans toute fracture, après mise à nu du foyer de fracture, il faudra procéder tout d'abord au dépériostage sans fragmentation, sur une longueur suffisante, au moyen d'une rugine large et semi-convexe. On peut alors luxer les extrémités osseuses libérées de toute attache fibreuse. Cette luxation des bouts osseux facilite leur toilette et empêche toute interposilion de tissus.
III. Répucrion. —e Nous arrivons au temps le plus important de l'acte opératoire C'est ce temps qui «Justifie l'intervention sanglante » (Lambotte}. Cette réduction ne doit pas répondre seulement à l’esthétique du membre et à lui donner sa morphologie normale. Cette réduction doit être géométrique L'avantage de la réduction sanglante est d'obtenir la cicatrisation de la section osseuse par première intention sans formation de cal exubérant., Elle raccourcit considérablement la période de consolidation de l'os. Elle réduit au minimum les risques d'incapacité permanente.
. Ce sont là des faits contre lesquels la critique la plus sévère ne peut rien.
Ce problème de la restauration intégrale de los ne peut être résolu qu'au moyen d'un outillage tout spécial que nous devons à Lambotte. L'instrumentation de Lambotte pour la réduction sanglante des fractures comprend une série d'appareils dont on lrouvera la nomen-
clatare dans lPouvrage princeps du chirurgien d'Anvers. Nous attirerons toutefois l'attention sur la description
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des daviers, qui sont « aussi nécessaires pour réduire
une fracture qu'une aiguille pour suturer une plaie ».
Daviers. — Ce sont des instruments qui servent à saisir, à mobiliser et affronter les fragments osseux. Ils maintiennent, enfin, la coaptation temporaire des fragments au cours du travail d’ostéo-synthèse proprement dit.
Le jeu de daviers de Lambotte comprend trois modèles : les daviers droits ; les daviers coudés en L: les daviers coudés en S. Les deux premiers types nous intéressent tout parlicuhèrement et répondent à tous les besoins dans ia grande majorité des cas.
Daviers droits. — Il existe un grand modèle de 32 centimètres pour le tibia et le fémur, un modèle moyen pour l'humérus, et un modèle petit
Les mors de ces daviers sont excavés, rés à l'extérieur, et leurs bouts munis de deux griffes pointues. L’extrémité de la grande branche présente une crémaillère longue qui permet la fixation des branches au moyen d'un système d’engrènement. L'appareil exerce une prise régulière sur Je fragment osseux et ne dérape jamais, la large surface concave des mors permel une pression égale sur le segment osseux et ne risque jamais de broyer celui ci quelque violentes que soient les tractions que l'on exerce.
Daviers coudésen L. - Les mors en sont coudés à angle droit sur les branches. [ls présentent à leur extrémité une surface large profondément excavée ; une fois la prise effecluée, le corps de l'instrument est vertical, perpendiculaire à la diaphyse de l'os. Les mors sont striés intérieurement.