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TRAITEMENT D'UN BLESSÉ DU CRANE

Ces principes généraux étant posés je peux aborder le trai tement chirurgical des blessures du crâne.

La tête est entièrement tondue avec la tondeuse à barbe, en partant autant que possible de la blessure, afin d'entraîner loin d’elle les cheveux coupés. Je répète encore ici ce que j’ài dit plus haut : il est lamentable qu’on laisse les hommes porter les cheveux longs. Cela aggrave indiscutablement les blessures du crâne et cela rend parfois très difficile la préparation du champ opératoire. Les cheveux sont ensuite rasés au rasoir dans toute l’étendue du futur champ opératoire. Le cuir chevelu est dégraissé à l'éther, passé à l’alcool et enfin à la teinture d’iode dédoublée.

Anesthésie. — Avantage de raneslhésie locale. Elle permet la position assise, diminue l'hémorragie, supprime les vomissements.

La question de l’anesthésie en chirurgie cérébrale est de la plus haute importance et il est étonnant de voir à quel point elle préoccupe peu les chirurgiens. C’est à peine s’il en est question dans toutes les discussions qui ont eu lieu depuis bientôt deux ans, à l’occasion des plaies cérébrales de guerre.

Dans la mesure où le chirurgien le peut, il ne doit rien modifier aux rapports de la dure-mère et du cerveau dans la région traumatisée. Il doit surtout éviter tous les mouvements de va-et-vient, de rapprochement et d’éloignement successifs de la dure-mère et du cerveau qui auraient pour effet de rompre les adhérences qui existent entre ces deux organes.

Sous l’anesthésie générale, il est très difficile d'éviter les changements de volume du cerveau.. Les quintes de toux ét Jes vomissements entraînent une brusque augmentation de

la tension veineuse intracrânienne et une grande tendance du cerveau à se hernier au dehors. Il en résulte que tout le foyer traumatique est secoué, que le tissu cérébral très fragile dès que sa surface extérieure est entamée, se déchire au delà delà blessure, que Thémorragie s’exagère et que les adhérences du cerveau avec la dure-mère sont tiraillées. En outre, les vomissements se continuent souvent pendant plusieurs jours après l’opération. Ils présentent toujours les mêmes inconvénients et sont parfois très douloureux.

Enfin l’anesthésie générale exige* la position horizontale qui exagère beaucoup l’hémorragie veineuse dans toutes les opérations sur l’extrémité céphalique dont les veines sont avalvulées. C’est souvent sans grand inconvénient, mais lorsqu’on se trouve inopinément en présence d’une large ouverture de sinus par exemple, on éprouve des difficultés qu’on n’aurait pas soupçonnées si le blessé avait été en position assise.

Enfin, sous l’anesthésie générale, le blessé ne peut être d'’aucun secours pour l’opérateur. Au contraire sous l'anesthésie locale il peut se déplacer, modifier sa position et surtout faire des mouvements d’inspiration et d’expiration forcée qui peuvent, comme nous le verrons, être très utiles à la bonne conduite de l'opération, en particulier pour diminuer une hémorragie veineuse (aspiration) ou pour éverser les lèvres d’une plaie cérébrale (expiration).

Technique de l’anesthésie locale dans les opérations sur le crâne.

Depuis plus de trois ans, je pratique toutes les opérations cérébrales et cérébelleuses graves sous anesthésie locale.

J’use d’une technique très simple, qui est la technique ordinaire de l’anesthésie régionale que Pauchet et Sourdat ont tenté de vulgariser en France, en publiant, en 1914, leur excellent ouvrage.

Le cuir chevelu et les os du crâne tirent leur sensibilité de nerfs qui tous cheminent sous la peau et l’épicrâne. Ils sont très faciles à atteindre et il est aisé d’infiltrer les tissus qu’ils traversent en suivant une bande qui encadre le futur champ opératoire. Tous les tissus, peau, épicrâne, périoste et os ainsi encadrés deviennent très rapidement tout à fait insensibles. Quant à la dure-mère elle est à peu près dépourvue de sensibilité et son pincement ou son incision n’éveillent quelque

TRAITEMENT D'UN BLESSÉ DU CRANE douleur qu’aux environs de la base du crâne, dans la région temporale.

Instrumentation

Seringues. — Les seringues seront de o ou 10 centimètres cubés, li en faudra plusieurs. Elles seront parfaitement étanches, pourvues d’un bâti métallique avec ailettes qui permettent d’exercer une pression forte sur le piston.

Aiguilles. — Les aiguilles peuvent être de platine ou d’acier.

Les aiguilles de platine ont l’avantage de ne pas s’user mais elles s’émoussent vite et coûtent très cher. Les aiguilles

Fig. 9 et 10. — Seringues à ailettes permettant d’exercer une pression forte sur le piston. Aiguille droite et aiguille coudée.

d’acier sont vite hors d’usage et quelque soin qu’on en prenne, elles doivent souvent être remplacées. C’est pourtant à ces dernières que je donne la préférenc’e.

On en aura de plusieurs diamètres et de plusieurs Ion-. gueurs : 5, 8 et 10 centimètres. Elles devront, autant que possible, bien s’adapter sur l’extrémité des seringues, sinon, on perd beaucoup du liquide d’injection et on ne sait plus exactement quelle quantité on en a injecté.

Pour stériliser aiguilles et seringues il suffit de les laisser tremper dans l’alcool à OO». Au moment de s’en servir, on les

rince à l’eau stérilisée H ne faut jamais faire bouillir les aiguilles, les seringues et les capsules qui contiendront la solution de novocaïne, dans de Veau contenant du carbonate de soude, comme on a coutume de le faire pour la plupart des instruments. La novocaïne est précipitée par le carbonate de soude, et la solution perd toute action anesthésiante.

«Fig. 11. — Le blesse est opéré assis. On veit de gauche à droite la position qu’il doit prendre pourêtie trépané dans la région occipitale, dans la région frontale, dans la région pariétale.

Solution anesthésiante. — J’use d’une solution de novocaïne-adrénaline qui contient 1 gramme de novocaïne et 1 milligramme d’adrénaline pour200cm3 de sérum physiologique.

J’ai injecté pour certaines trépanations très étendues jusqu’à 100 cm® de cette solution, sans le moindre inconvénient, et dans certaines opérations abdominales, j’ai atteint sans accident te Chiffre de 200 cm^ ce qui montre bien l'innocuité de la méthode.

Position de l'opéré. — Le blessé, si la chose est possilile — et dans les traumatismes utilement opérables, elle l’est leptus souvent, — le blessé est assis sur une chaise. Le mieux est de Je placer à «heval sur la chaise,des bras appuyés sur le dossier et la tête appuyée sur les bras. De cette façon on expose

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