CB^NJECTOMIE PROPREMENT DITE
substance au niveau du cuir chevelu. Presque toujours la brèche osseuse après régularisation est encore plus grande que celle du cuir chevelu et il est fréquent que la dure-mère soit abrasée aussi sur une grande étendue. Le cerveau, qui forme le fond de la plaie, est donc à nu, et cela pour long-
Fig. 53. — Décollement du valet cutané ti-oué en son centre par lé projectile.
temps. Aussi il s'infecte et se hernie fréquemment. Pour parer à ces deux dangers, l’infection et la hernie, Sargent a eu l’ingénieuse idée de décoller l’épicrâne du cuir chevelu de façon à le faire^lisser ,et à le suturer au niveau de l’orifice que présente ce dernier. De cette manière le cerveau est parfaitement recouvert et la plaie cutanée s’épidermise très vite. Le drainage est assuré par deux tubes qui sortent aux angles inférieurs du lambeau. Les figures ci-jointes empruntées à un article de Sargent font bien comprendre sa méthode.
J’ai décrit deux techniques opératoires qui me paraissent les meilleures et entre lesquelles on pourra choisir suivant les cas. On donnera la préférence au volet ostéo-cutané temporaire, chaque fois qu’il sera praticable, parce qu’il offre une
- Liliération de i’opicrâne de chaque côté de l’orifice.
quantité d’avantages. On pourra exécuter ce volet toutes les
fois qu’on aura le moindre doute sur l'état de la table interne ou du cerveau et on se rappellera que souvent une petite dépression de la table externe, surtout lorsqu’elle siège sur la ligne médiane au niveau du sinus longitudinal, peut entraîner de graves désordres. On se souviendra que parfois un minuscule projectile traverse le crâne sans presque laisser de trace et provoque ce-
pendant des lésions
cérébrales et vascu-
^ I panationclassique.il
1 donne un très large
Fig. 55. — Suture de l’épicrâne libéré, et oblité- lésions, et
ration de l’orifice cutané du projectile. cela autant de fois qu’on le désire puisqu’on peut le rouvrir chaque fois qu’on le juge à propos.
CRANIECTOMIE PROPREMENT DITE 77
La seconde des techniques décrites, l’agrandissement de la brèche osseuse à la pince-gouge ne présente aucun de ces avantages, mais elle est tout à fait indiquée chaque fois que le délabrement osseux est considérable et ne permet pas la taille d’un volet ostéo-cutané.
Les résultats obtenus par ces deux méthodes dépendent
entièrement de l’état de la dure-mère et du cerveau.
Chaque fois que la dure-mère est intacte, on est en droit d’espérer la guérison car les deux grandes complications des plaies du crâne, la méningite et l’encéphalite sont alors évitées. Les plaies profondes du cerveau dont le trajet est normal à la surface de l’organe, avec pénétration d es- , quilles non loin du ventricule latéral, sont les plus danpreuses. Elles semblent souvent guérir. Mais au bout d un temps plus ou moins long l’encéphalite fait son apparition
puis la méningite ven- —
triculaire et le blessé, compté comme guéri par un chirurgien de l’avant, meurt dans un service de l’arrière.
L.es plaies cérébrales en surface, celles où le crâne est ouvert suivant un plan tangeatiel au cerveau, guérissent beaucoup mieux. Dans ces plaies les esquilles sont généralement beaucoup moins profondes que dans le cas précédent. Le ventricule est plus éloigné du foyer d infection, et un pansement à plat peut-être appliqué. Il ne se fait jias de rétention septique et on a le droit, en présence de pareils
blessés, d’avoir quelque espoir, , . , a
Entre ces deux types extrêmes se groupent tous les.intermédiaires. Le chirurgien se laissera guider pour leur traitement parles quelques principes généraux exposés plus haut et qm sont, l’impuissance presque absolue du chirurgien contre
Fig. 56. — Aspect du lambeau à la fin de l’opération. Le cerveau n’est plus visible et est recouvert par l’épicrâne.
78 BE MAÏtTEL. — BLESSURES DU CRANE
l’infection cérébrale, et la nécessité qu’il y a à ne pas contrarier, par un traitement intempestif, les efforts que fait la nature pour limiter l’étendue du foyer septique, l’utilité qu’il y a à
Fig. 57. — Aspect de la région opérée quelques jours après l’intervention.
aller des régions saines vers les régions malades et à ne pas opérer au hasard.