MA) EU
En France, M. Kirmisson a modifié la méthode de Lorenz. Il n'a jamais recours à des manœuvres préliminaires ; l’extension continue est, selon lui, inutile, car elle ne produit jamais an allongement sensible; il en est de même de la rupture des adducteurs. Pour pratiquer la réduction, M. Kirmisson recommande des manœuvres de douceur; il imprime au membre des mouvements de flexion et de circumduction, puis il réduit par flexion forcée, rotation externe et abduction légère ; la réduction se fait par le rebord inférieur du cotyle. Si la réduction présente des difficultés, il ne faut jamais user de violence ; on remet l'opération à une séance ultérieure et, dans l'intervalle, on soumet le membre à l'extension continue. Pour ce qui est du maintien de la réduction, M. Kirmisson a recours à la position conseillée par Lorenz. Le premier appareil plâtré est laissé en place 2 mois, pendant lesquels les enfants sont condamnés au repos absolu. Au bout de 2 mois, un nouvel appareil est appliqué en abduction moyenne et les enfants peuvent marcher. La durée totale de l’immobilisation dans le plâtre est d'environ 6 mois.
Chez les très jeunes enfants (18 mois à 2 ans), dès que le diagnostic est établi, M. Kirmisson conseille de soumettre le membre à l'extension continue; celle-ci amène rapidement à cetâge laréduction et l'égalité de longueur des membres; pour la maintenir, il fait porter à l'enfant un appareil qui immobilise complètement la hanche eu donnant au membre une position d’abduction modérée, sans permettre de mouvements de flexion.
M. Broca a été le chirurgien qui a fait, en France, le plus d'opérations sanglantes dans les luxations congénitales de la hanche. Cependant, depuis 1897, il emploie presque exclusivement la méthode non sanglante de Lorenz ; il l’applique telle que l'a décrite Lorenz, avec de très légères modifications. [emploie l'extension continue pendant 10 à 15 jours chez les enfants qui ont dépassé 5 ou 6 ans. Il n'a pas recours aux
MAG Era.
- ténotomies. Il pratique la réduction toujours à main libre. M. Broca immobilise le membre en abduction à angle droit : quant au sens de la rotation, il était autrefois partisan de la rotation interne ; mais il pense aujourd'hui que la rotation interne favorise le plus souvent la reluxation et que, dans la plupart des cas, « la rotation externe est seule capable de maintenir la tête réduite ». La durée totale de l'immobilisation sous le plâtre doit être au maximum de 6! mois. Suivant les conseils de Lorenz, M. Broca faisail, au début, marcher ses opérés dès les premiers jours après la réduction. Depuis la communication de M. Brun à la Société de chirurgie, M. Broca a modifié sa façon de faire : il immobilise absolument les enfants pendant toute la durée du traitement.
- M. Redard, resté longtemps fidèle à la méthode de Paci, applique depuis plusieurs années la méthode de Lorenz. Il a abandonné le pétrissage des adducteurs et juge l'extension à la vis de Lorenz inutile dans le plus grand nombre de cas. Il immobilise le membre en abduction avec rotation interne ou externe suivant les cas. Il applique l'appareil plâtré directement par-dessus un maillot en tissu des Pyrénées ; de la ouate est interposée au niveau des épines iliaques. Le plâtre descend jusqu'au pied et remonte jusqu'aux aisselles. L'enfant marche avec son plâtre. M. Redard cherche à raccoureir la durée du traitement ; il laisse le premier appareil plâtré deux mois seulement et réduit l'immobilisation dans le plâtre à quatre mois en tout. Pour les luxations bilatérales, il réduit les deux côtés dans la même séance et raccourcit encore davantage le traitement : il laisse le premier appareil seulement un mois et commence, aussitôt après, les massages.
M. Redard attache une grande importance à la radiographie et, particulièrement, à la radiographie stéréoscopique; elle permet de juger quel degré de rotation en dedans ou en
dehors doit être donné au membre pour obtenir une bonne ré-
CAUBET. 3
SA
duction. M. Redard pense qu'une véritable réduction peut être obtenue dans la plupart des cas.
M. Nové-Josserand a été un des premiers adeptes de la méthode de Lorenz à laquelle ila apporté quelques modifications. Il n'emploie pas l'extension continue, mais, chez les enfants au delà de cinq ans, il exerce des tractions sur le membre au moyen de lacs, appliqués non pas au cou-de-pied, comme le fait Lorenz, mais sur la cuisse, au-dessus du genou ; ces tractions sont lentes et progressives. Le pétrissage des adducteurs est inutile ; d'après M. Nové-Josserand, on arrive toujours à les faire céder parun mouvement d'abduction forcée, le bassin étant solidement fixé par un aide. Il pratique la réduction soit par les manœuvres décrites par Lorenz, soit par la manœuvre de la pompe, de Hoffa; mais il insiste sur la nécessité de prolonger systématiquement ces manœuvres après que la réduction a été obtenue, afin de mieux assurer la stabilité de la réduction. M. Nové-Josserand immobilise le membre en abduction de 45° à go° suivant les cas; mais il recommande tout spécialement d'y joindre un degré aussi fort que possible de rotation interne, suivant en cela l'exemple de Lange et de Hoffa ; d'après lui, la rotation interne est seule capable d'’assurer le maintien de la réduction, «elle a une telle importance que, non content d'en faire le plus possible dans le premier appareil, il faut la poursuivre encore jusqu’à la fin du traitement». Les appareils plâtrés sont renouvelés de trois en trois mois, en réduisant l’abduction à chaque changement de plâtre. Quant à la nécessité de faire marcher les enfants d’une façon précoce, M. Nové-Josserand a une opinion intermédiaire entre ceux qui défendent absolument la marche et ceux qui en font la base du traitement. Il l'autorise dès qu’elle est possible, c'est-à-dire, en général, au bout de deux à quatre mois, «mais plutôt au point de vue de la santé générale du sujet que du traitement proprement dit de la luxation ».
Frælich (de Nancy) applique la méthode de Lorenz écourlée : il applique, comme Lorenz, trois appareils successifs, mais il laisse chacun d'eux six semaines seulement, ce qui porte à trois mois la durée totale du traitément. Il insiste en outre sur la nécessité, même dans les luxations unilatérales, de prendre dans le plâtre les deux cuisses, qu'une baguette de bois maintient écartées. |
Coudray (de Paris) a combiné la méthode de Lorenz avec la méthode sclérogène de Lannelongue. Il attache une grande importance, comme traitement préparatoire, à l'extension continue.
Pierre (de Berck-sur-Mer) a proposé, au Congrès international de 1900, un procédé dit « de Ja rotation interne immédiate »; dans un seul cas il a pu, dès la première séance opératoire, placer le membre en seconde position de Lorenz, c'est-à-dire en abduction et rotation interne, le membre dans l'extension. Celte méthode ne peut assurément s'appliquer qu'à des cas exceptionnels.
Mencière {de Reims} réduit suivant le procédé de Lorenz, . mais avec un levier spécial. D’après lui, l’appareil plâtré doit être maintenu au moins quinze mois; il perce ses appareils plâtrés de trous de la dimension d’une pièce de un frane, par lesquels il électrise les muscles.
Hagopoff (de Constantinople) attache une grande importance à l’immobilisation, qui doit être prolongée au moins un an : il fait cinq appareils plâtrés successifs (au lieu de trois), afin de corriger l'abduction progressivement. Après la suppression du plâtre, il conseille de faire porter longtemps encore à l'enfant un appareil orthopédique pour empêcher l'ascension
du grand trochanter.
La méthode de Lorenz a encore été suivie plus où moins
exactement par beaucoup d'autres auteurs, parmi lesquels nous ne citerons que les principaux : en Allemagne, Joachimstal, Drehmann, Kôlliker, Kümmel (de Hambourg), Müller (de Stuttgard); en Italie, Ghillini et Panzeri; en Angleterre, Lorenz a fait une démonstration pratique de sa méthode à Londres et à Liverpool en janvier 1903 ; depuis, son procédé a été appliqué par Jackson-Clarke, Bloodless, Craig, Burghard.
À New-York, Royal Whitman, en France, Monod, Ricard, Mauclaire, Piéchaud (de Bordeaux), l'ont employée avec : succès. ÿ