‹ Traitement orthopédique des luxations congénitales de la hanche: Par la méthode de Lorenz modifiéeChapitre 13 sur 35 · EXPOSÉ DE LA MÉTHODE DE M. BRUN · texte numérisé non relu

EXPOSÉ DE LA MÉTHODE DE M. BRUN

La méthode de M. Brun est, avons-nous dit, une méthode nouvelle de traitement non sanglant des luxations congénitales de la hanche. {Elle est inspirée, bien évidemment, de la méthode'de Lorenz au point de vue de la réduction proprement dite de la luxation; mais ce qui fait son originalité et sa nouveauté, c'est le principe même sur lequel elle s'appuie pour maintenir la fixité de la réduction;' ce principe n’est pas seulement différent de celui qui dirige Lorenz, il lui est opposé en tout et

pour tout.

Nous avons vu que la méthode de Lorenz repose sur la théorie de la charge fonctionnelle, d'où l'importance primordiale que Lorenz attribue à la marche précoce : c’est la base même du trâitement. D'après M. Brun, « loin de favoriser le taraudage{de la cavité cotyloïde, la marche a pour conséquence de déplacer sous l’appareil la tête fémorale primilivement réduite ». C’est là l'explication très simple du grand nombre de transpositions obtenues par la méthode de Lorenz: les manœuvres de réduction amènent bien la reposition de la tête, mais une immobilisation insuffisante, réalisée par la marche, permet son déplacement ultérieur.

Toute réduction est forcément très instable ; pour la consolider en bonne position, il faut avoir recours, d’après M. Brun, à uneimmobilisation aussi parfaite que possible pendant toute la durée du traitement; de cette idée nouvelle résulte une

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méthode nouvelle : l'appareil de Lorenz doit être modifié, et.

üne direction toute autre doit être donnée au traitement.

$ 1. — Technique de la réduction.

L'enfant est endormi au chloroforme; le bromure d'éthyle, qui rend de si grands services en chirurgie infantile, ne donne pas un sommeil suffisamment prolongé. On se trouvera bien de commencer l’anesthésie soit par; le bromure, soit par le chlorure d'éthyle, et de la continuer par le chloroforme,; on diminuera ainsi la période d’excitation du début. Ces remarques n'ont, d'ailleurs, rien de ‘particulier à la réduction des luxations congénitales de la hanche; elles s'appliquent à toutes les anesthésies chez les enfants.

La narcose, contrairement aux a ee de Lorenz, doit être complète et profonde. On doit arriver jusqu'à la résolution musculaire absolue, et l'opérateur attendra qu’elle soit obtenue pour commencer les manœuvres ; les mouvements de l'articulation seront ainsi exécutés plus facilement et sans nécessiter un déploiement de forces exagéré, pour lutter contre la contraction musculaire. Quant aux accidents que redoute Lorenz, on ne les évitera pas en endormant l'enfant à demi; la syncope brusque, en effet, ne se produit pas plus fréquemment avec une narcose complète qu avec une. anesthésie légère ; ne la voit-on pas se produire souvent dès les premières inhalations de chloroforme? M. Brun, au cours de ses réductions, etnous-même n'avons jamais eu à déplorer de mort sous le chloroforme; la véritable garantie est dans le soin que l’on met à surveiller son malade.

1° Traitement préparatoire.

Tout traitement préparatoire est inutile, et l'on ne doit avoir recours ni à la vis de Lorenz, ni à l'extension continue. Nous

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avons vu que telle était aussi l'opinion de M. Kirmisson. M. Kirmisson a expérimenté dans son service l'extension con-

tinue au moyen de poids variant de 3 à 5 kilogrammes, suivant l’âge de l'enfant ; les appareils ont été! appliqués et surveillés

-par M. Hennequin lui-même ; la durée de l'extension a varié

de quinze jours à un mois ; malgré des mensurations faites très exactement, on n'a jamais obtenu un allongement appréciable chez les enfants à partir de trois ans. [1 semble donc bien évi-

dent que, l'extension continue est tout à fait inutile comme

traitement préparatoire. Quant à la vis de Lorenz, c'est un instrument dangereux en raison de sa force, et son emploi doit être proscrit.

Pétrissage des adducteurs. — Le principal obstacle à la réduction est formé par les muscles adducteurs; en effet, lorsque on veut pousser un peu loin l’abduction, ce mouvement est bientôt limité par la tension des adducteurs qui forment une corde rigide, saillante sur la peau. La résistance de cette corde est telle qu'il estimpossible de placer le membre en abduction complète : or, la réduction ne peut être obtenue que par l'abduction forcée,

Si l’on veut donc arriver à faire franchir à la tête le rebord cotyloïdien, il faut détruire mécaniquement cette corde, et il sera dès lors possible de placer la cuisse dans une position d’abduction forcée.

11 est inutile d’avoir recours au bistouri pour sectionner les adducteurs ; on arrive à les rompre très suffisamment par un pétrissage énergique; pratiqué à la main. Voici quelle est la meilleure manière de procéder :

Le bassin doit, tout d'abord, être solidement fixé; cette fixation du bassin a une grande importance, car elle doit être maintenue tout le temps de l'opération ;1 si le bassin est bien immobilisé, tous les mouvements imprimés à la cuisse par l'opérateur réaliseront un maximum d'effet utile. On immobilise imparfaitement le bassin en exerçant simplement une pression, comme la plupart des auteurs le recommandent, sur

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