‹ Traitement orthopédique des luxations congénitales de la hanche: Par la méthode de Lorenz modifiéeChapitre 17 sur 35 · FIG · texte numérisé non relu

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L'enfant étant placé sur le pelvi-support, on vérifiera une dernière fois l'exactitude de la réduction. Si la luxation se reproduisait pendant l'application du plâtre, on en serait averti par le ressaut de la tête franchissant le rebord cotyloïdien ; on aurait soin dans ce cas de pratiquer immédiatement de nouveau la réduction.

Quel doit être le degré d'abduction ? Il est évidemment variable suivant les cas. On donnera à la cuisse la position dans laquelle la réduction est franchement stable; le plus souvent, ce sera en abduction à 90° que le membre devra être placé. Dans certains cas de réduction particulièrement stable, une abduction moindre de 8o° ou de 70°, suffira ; dans d’autres cas, au contraire, on ne pourra obtenir la stabilité de la réduction que si l'on, rapproche la cuisse du tronc au point qu'elle forme un angle aigu avec le plan latéral du corps. Avec un peu d'habitude et en cherchant à quel degré d’abduction la tête franchit le rebord cotyloïdien, on arrivera aisément à placer le membre dans la position convenable. .

Quant à la rotation externe, elle est l’associée indispensable de l’abduction pour assurer le maintien de la réduction. Elle doit être telle que, l’enfant placé à plat, le bord externe du pied repose tout entier sur le plan du lit ; ce sera donc un degré de rotation externe le plus marqué oscibles

Application de l’appareil plâtré. — Le corps de l'enfant sera - recouvert d’un simple jersey. Pour sunplifier le plus possible, on se trouvera bien d'employer un cache-corset à manches, que l'on se procurera partout avec la plus grande facilité. Il sera choisi plutôt étroit que trop grand, afin d'éviter les plis. On passe les manches par les jambes, de sorte que l'ouverture destinée au cou se trouve au périnée ; on la ferme au moyen d'un lien. Le cache-corset est tiré fortement sur le corps de: l'enfant, afin qu'il ne fasse pas de plis ; pour cela, on le fixe en haut, sur chaque épaule, au moyen d'épingles de nourrice qui réunissent ses bords antérieur et postérieur. La manche du côté CRéEe est laissée dans toute sa longueur et descend ainsi jusqu'au pied ; la manche du côté sain est coupée au niveau du pli de l’aine.

Le jersey est appliqué directement sur la peau ; on ne mettra nulle part de la ouate, même au niveau des épines illaques; l'ouate se tasse rapidement, de sorte qu’au bout de

EG ee quelques jours l'appareil se trouve trop grand, et l’immobilisation n'est plus parfaite,

L'appareil est confectionné avec des bandes de tarlatane plâtrées (bandes de Sayre), qui sont appliquées sur le jersey le plus exactement possible, de façon à se mouler fidèlement sur toutes les saillies et les dépressions. C’est Ià un point essentiel ; l’appareil doit, pour ainsi dire, ne faire qu'un avec le bassin de l'enfant. Si l’on néglige cette recommandation, on sera fort étonné de constater, dès le lendemain, que l’on peut facilement introduire toute la main entre le plâtre et le corps du petit malade ; dans ces conditions, on ne peut espérer réaliser une bonne eahole

Pour assurer la fixation du membre en abduction et rotation externe, l'appareil plâtré devra prendre des points d'appui d’une part sur le bassin, d'autre part sur la cuisse. L’immobilisation du bassin sera réalisée en faisant remonter l’appareil jusqu’au rebord costal ; de cette façon, les côtes iliaques fourniront un point d'appui solide ; on aura soin, pendant que le plâtre est encore mou, de les mouler avec le pouce, afin que l'appareil épouse exactement leur forme. Il nous paraît inutile de faire remonter le plâtre jusqu'aux aisselles et d’emprisonner le thorax.

Pour obtenir une immobilisation rigoureuse de la cuisse, l’appareil plâtré devra descendre jusqu’à mi-jambe et englober le genou fléchi à angle droit ; c'est à cette condition seulement que la hanche pourra être bien fixée ; ce sont, en effet, les condyles du fémur qui, seuls, sont capables de fournir un point d'appui efficace pour maintenir le membre dans sa position de rotation externe exagérée : avec un appareil laissant le genou libre, il est impossible de donner au membre le degré de rotation que l’on désire. De même, on moulera avec le pouce les saillies des condyles et de la rotule,

La prise du genou fléchi dans le plâtre n'a aucun inconvénient ; nous n'avons jamais observé de raideurs articulaires à la suite de cette immobilisation prolongée. Dans plusieurs

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cas, les enfants se sont plaint de douleurs assez violentes au niveau du genou dans les jours qui ont suivi la suppression définitive du dernier appareil plâtré ; un repos au lit de quelques jours a toujours suffi à calmer ces douleurs, qui n'ont eu aucune conséquence fàcheuse. Grâce aux massages, l'articulation a, dans tous les cas, repris toute sa souplesse.

Enfin, M. Ducroquet recommande, avant que le plâtre soit dur, d'appuyer fortement avec le poing au niveau du trochanter pour y créer une dépression, qui empêche la tête de se reluxer en arrière. Cette fosselte rétrotrochantérienne ne nous paraît pas indispensable ; un appareil, construit comme nous venons de l'indiquer, épousant de très près la forme des saillies osseuses et descendant jusqu'à mi-jambe, réalisera dans tous les cas une immobilisation à peu près parfaite.

Nous conseillons, pour la confection d'un appareil plâtré en première position, d'employer de préférence des bandes platrées étroites, mesurant à peine 6 centimètres de largeur, c'est-à-dire 4 travers de doigt environ ; elles présentent cet avantage qu'elles s'adaptent plus exactement et plus aisément à l'angle que fait la cuisse avec le tronc et à celui que fait la jambe avec la cuisse. Quant au nombre des bandes, il varie naturellement avec l'âge et la taille de l’enfant. Nous ne croyons pas qu'il soit nécessaire de donner au plâtre la grande épaisseur que lui donne Lorenz ; on peut réaliser une contention lout aussi parfaite avec des appareils beaucoup moins épais. Pour un enfant de 4 ans (ce qui est l'âge moyen auquel on réduit les luxations congénitales de la hanche), on fera un appareil suffisamment résistant avec cinq à six bandes étroites, de 5 mètres de longueur. Ces plâtres relativement minces ont le double avantage d'être plus légers et de se mieux laisser traverser par les rayons X.

L'opérateur se place à l'extrémité de la table, entre les jambes de l'enfant, et commence l'enroulement des bandes par le bassin ; puis, il passe les bandes en spica autour de la

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