‹ Traitement orthopédique des luxations congénitales de la hanche: Par la méthode de Lorenz modifiéeChapitre 19 sur 35 · PRO · texte numérisé non relu

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terne, que recommande M. Nové-Josserand, permet, au con-

traire, à cette partie de la capsule de se rétracter et d'assurer ainsi une meilleure fixation de la tête. Cependant M. Nové- Josserand est forcé de reconnaître que, dans beaucoup de cas, la rotation externe est inévitable, si l'on veut maintenir la réduction. SA

Nous ne croyons pas la rotation externe coupable des déplacements et des transpositions dont l’accuse M. Nové-Josserand.. Nous placerons le membre en rotation externe en première position, parce que, nous le répétons, c'est une attitude qui nous est imposée si nous voulons que la réduction se maintienne.

Cette rotation externe primilive aura surtout pour effet utile de produire la rétraction de la partie postérieure de la capsule. Dans le deuxièmetemps,en même temps quenous diminuons le degré d’abduction, nous placerons le membre en rotation interne aussi accusée que possible; cette rotation interne secondaire aura pour résultat de tendre au maximum la partie postérieure déjà rétractée de la capsule, qui appliquera fortement la tête fémorale contre le cotyle ; quant à la partie antérieure de la capsule, qui ayait été distendue pendant le premier temps, elle se plisseet, secondairement, se rétracte sous l'influence de l'immobilisationen secondeettroisième positions.

3° Nécessité des radiographies répétées. — Tous les auteurs sont d'accord pour reconnaître que la radiographie est un auxiliaire précieux dans le traitement des luxations congénitales de la hanche. Mais si l'on veut l'utiliser d’une façon vraiment profitable, 1l ne faut pas se borner à faire une radiographie avant le traitement et une seconde radiographie 8 ou 10 mois après, lorsque le dernier plâtre est enlevé. M. Brun nous a appris à pratiquer radiographie sur radiographie, à chaque temps du traitement, à chaque changement d'appareil ; de cette façon, on surveille d'une façon rigoureuse l’état de la réduction ; si la luxation se reproduit soit pendant l'application de l'appareil plâtré, soit, plus tard, par suite

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d'une contention insuffisante, on peut immédiatement réparer le mal et pratiquer de nouveau la réduction. À quoi sert, en effet, d'immobiliser pendant des moisune hanche non réduite, pour constater à la fin que tout est à recommencer. Par des radiographies pratiquées à chaque changement de position, on évite à la fois une perte de temps et de facheuses désillusions.

Il est'possible d'obtenir des radiographies du bassin à travers le plâtre, mais il serait plus pratique de radiographier l'enfant sur la table même d'opération; on pourrait ainsi apprécier sur le champ la réduction. Malheureusement, la déplorable centralisation des services radiographiques au laboratoire de Necker nous a toujours empêché de suivre cette technique. On est obligé de transporter les enfants'quand ils sont plâtrés, ce qui est une complication inutile, et nous devons dire que la plupart des radiographies faites à travers le plâtre au laboratoire central de Necker sont absolument illisibles. Tout le monde gagnerait à la création d’un laboratoire de radiographie par hôpital ; on serait moins surchargé et l’on ferait de meilleure besogne. ’

Quant à la radiographie stéréoscopique que M: Redard, dans son service, a su rendre d'une application pratique, nous sommes persuadé qu'elle doit être fort utile; mais nous n’en avons aucune expérience personnelle.

4° Luxations bilatérales. — Quand il s’agit de traiter une luxation bilatérale, faut-il réduire les deux côtés dans Ja même séance? Les différents chirurgiens ne sont pas d’accord sur ce point.

Lorenz, Broca, Redard traitent simultanément les deux côtés et immobilisent les deux membres dans la position du grand écart. La raison qu'ils donnent pour agir ainsi est de réduire la durée du traitement qui serait excessive si l’on traitait chaque luxation à son tour: Redard fait seulement des réserves pour les sujets âgés. Mauclaire recommande Ja même pratique, mais pour une raison différente ; d’après lui,

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sous l'influence des efforts que fait l'enfant pendant la marche, au cours du traitement de la seconde luxation, la têle fémorale du côté traité en premier lieu peut se déplacer légèrement en arrière ; il vaut donc mieux réduire les deux côtés en une fois. Cet argument ne compte pas pour nous, puisque nous nous opposons à la marche. :

Nové-Josserand, Coudray, au contraire, traitent successivement chaque luxation ; d'après ces auteurs, la réduction des deux côtés dans la même séance produit un traumatisme exagéré, un shock considérable qu'il vaut mieux éviter. Piéchaud recommande aussi de ne pas opérer les deux côtés à la fois, parce que, dit-il, cette pratique empêche de faire marcher les

enfants et, s'ils ne marchent pas, ils ne guériront pas. Nous

avons déjà dit notre opinion sur ce point.

M. Brun a essayé les deux méthodes; il a tout d’abord traité simultanément les deux côtés, mais il a abandonné cette pratique et préfère procéder successivement. La prise simultanée des deux membres dans un appareil plâtré a le grave inconvénient de rendre très difficile à obtenir la propreté de l'enfant ; en urinant, il souille forcément son bandage et, au bout de peu de temps, le plâtre est tout à fait ramolli, surtout à sa partie postérieure; l'enfant baigne dans son urine et se couvre d'ulcérations et même de décubitus imputables non à la pression de l'appareil, mais à la malpropreté. On est alors obligé de renouveler l’appareil un grand nombre de fois, et ces changements répétés nuisent toujours à la bonne immobilisation de la hanche. Nous conseillons donc de traiter chaque côté à son tour, en laissant quelques semaines de repos entre les deux traitements. Cette manière de faire a l'inconvénient de contraindre l'enfant à une immobilisation forcée de 18 mois environ; mais elle nous paraïl plus sûre au point de vue du résultat, et le rétablissement de la fonction est infiniment plus rapide et plus simple. Cependant, si pour des raisons diverses, on avait la main forcée, on pourraittraiter les deux côtés simultanément, comme M. Brun l’a fait avec succès dans deux des .

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