‹ Traitement orthopédique des luxations congénitales de la hanche: Par la méthode de Lorenz modifiéeChapitre 31 sur 35 · LOT TS · texte numérisé non relu

LOT TS

\ - Dès que l'enfant peut marcher, on se rend compte que la marche est

aussi défectueuse qu'avant le traitement. L'examen local permet de constater qu'on n’a pas plus obtenu la réduction du côté droit que du côté gauche. Le traitement a donc complètement échoué et les parents refusent une nouvelle tentative. L'enfant n'a jamais été revue.

Obs. XI (publiée dans la Presse Médicale du 28 juillet 1960). — Luæation bilatérale ; variété iliaque postérieure. |

Marthe S..., âgée de 3 ans et demi.

Rien de particulier à signaler dans ses antécédents.

Marche à 22 mois et boite depuis cette époque.

Etat actuel. — L'enfant présente tous les signes d'une luxation double. On sent les têtes fémorales rouler dans les fosses iliaques externes. Déhanchement très prononcé, forte ensellure. La distance de l'épine iliaque au sommet de la malléole interne est de 47 cent. à droite et à gauche. Abduction limitée.

A l'examen du radiogramme, le cotyle semble assez bien développé de chaque côté. Le toit articulaire est assez long et ne paraît pas trop incliné. On peut présumer que les cavités cotyloïdes sont assez bien conformées. La tête fémorale droite est à peu près à égale distance de l'épine iliaque antérieure et supérieure et du cartilage en Y ; toute la tête est cachée par l'ombre de l'aïleiliaque, ce quis’explique, puisque nous avons affaire à une luxation très postérieure. L'épiphyse fémorale supérieure n'est pas énormément atrophiée, elle est moitié moindre de ce qu’elle devrait être. Le grand trochanter est à 1 centimètre du niveau du cartilage en Y,etle petit trochanter est au niveau de ce dernier. Le col est de longueur normale. Tout ce que nous venons de dire pour le côté droit peut être répété pour le gauche, l'ascension du fémur étant cependant de 2 millimètres moins élevée que du côté droit. TRAITEMENT. — Le 18 juin4899, extension sous chloroforme avec la vis de Lorenz. La réduction ofire quelques difficultés, elle est opérée simultanément des deux côtés.

Le radiogramme pris après réduction nous montre que le toit articulaire est très éloigné de la tête fémorale, et cela de chaque côté, un peu plus à gauche cependant. Le milieu de la tête est au niveau de l'angle - supérieur du trou obturateur. La tête est à mi-distance de l'angle externe du toit articulaire et du tubercule de l'ischion.

* À droite, le colest horizontal et le fémur a dépassé d'au moins 40° l'abduction à angle droit. Il en est de même à gauche, bien que les choses soient un peu moins prononcées. Il $’est produit ce fait curieux, que l'angle formé par les fémurs est un angle obtus de 230 à 240° environ.

À gauche, le col est légèrement oblique et le grand trochanter est au

niveau du ‘bord inférieur du trou ovale. De ce côté, du reste, la tête.

fémorale est un peu plus près du squelette osseux du bassin que celle de droite.

On applique un appareil plâtré en conservant cette position.

95 octobre 1899. — Chloroformisation. On enlève l'appareil et on ramène sans grande peine les membres inférieurs à mi-chemin de cette abduction extrême à leur position normale. Le radiogramme montre que les têtes fémorales sont encore éloignées du toit articulaire, mais qu'elles se sont cependant beaucoup rapprochées du cartilage en Y, et cela bien plus à gauche qu’à droite. Les fémurs sont à environ 4° de l'axe du corps. Le petit trochanter est à droite un peu au-dessus du tubercule ischiatique, et à gauche au niveau de ce dernier.

Un appareil plätré descendant à mi-jambe est appliqué.

4 décembre 1899. — Chloroformisation. L'appareil est enlevé et les membres inférieurs sont amenés à leur position normale.

Sur le radiogramme, nous trouvons à gauche la tête bien en ne elle se trouve peu éloignée du cotyle et sous le toit articulaire. Le petit trochanter est au niveau de l’ischion. Le centre de la tète est au niveau du cartilage en Y.

Du côté droit, la tête est beaucoup plus basse, elle n'affleure pas au niveau du cartilage en Y, dont elle est distante d'au moins 1/2 centimètre. Le petit trochanter est à 1 centimètre au-dessous du tubercule de l'ischion.

On applique un appareil plâtré allant à mi-jambe.

Février 1900. — On enlève l'appareil. L'enfant est gardée au lit durant un mois. Massage régulier. L'enfant présente une grande raïdeur de ses articulations. On les mobilise manuellement.

Juillet 1900. — La marche est possible et sans présenter de déhanchement. Les muscles sont revenus en partie, mais les articulations de la hanche sont encore un peu ankylosées ; l'enfant plie cependant sa à l’angle droit.

Octobre 1903. — Nous n'avons pu revoir la petite malade. Nous ne savons donc pas si la réduction a été obtenue.

Au point de vue fonctionnel, nous apprenons que l'amélioration a été notable, que la résistance à la fatigue a augmenté.

Obs. XII (publiée dans la Presse médicale du 98 juillet 4900). — Luxation unilatérale gauche ; variété iliaque postérieure.

Marie F..., âgée de 7 ans. Rien à signaler dans ses antécédents héré:ditaires. Convulsions à un an. Boite et se dandine depuis qu'elle a commencé à marcher, à 20 mois.

Etat actuel. — Boite beaucoup. Aplatissement, élargissement très marqués de la fesse. Peu d’ensellure. La mensuration pratiquée de l'épine

iliaque antérieure et supérieure au sommet de la malléole interne donne 4 centimètres de raccourcissement pour le côté gauche.

TRAITEMENT. — Le ? juillet 1899, l'enfant entre dans le service à l'hô. pital, elle est soumise à l'extension continue.

Le radiogramme pris à cette époque montre que le toit articulaire est bien conservé, ce qui nous permet de présumer que le cotyle présente une cavité assez profonde.

Le col fémoral n'offre guère de différence avec celui du côté sain. Le petit trochanter est au niveau du bord supérieur du trou ovale. La tête semble bien formée ; l'épiphyse, quoique plus petite que celle du côté sain, est néanmoins plus grande qu'elle n’est ordinairement en cas de luxation. La partie moyenne de la tête est cachée par l'ombre de l'angle externe du toit articulaire. Le bord inférieur de la tête est un peu audessous du nivéau du cartilage en Y.

24 juillet 4899. — Chloroformisation. Pétrissage énergique à l’insertion supérieure des adducteurs. La réduction est obtenue assez facilement, elle est très nette et s'accompagne d’un ressaut très apparent au moment où la tête fémorale franchitle bord postérieur du cotyle.

Le radiogramme pris séance tenante nous montre que la tête est dans le fond du cotyle, dont elle est peu éloignée. Le toit articulaire recouvre toute la tête.

Un appareil plâtré avec prise de la jambe est appliqué. L'enfant est maintenue au lit. |

6 novembre. — Chloroformisation. L'appareil est enlevé.

Sur le radiogramme, il nous est permis de voir que la tète est parfaitement bien à sa place normale. Le cotyle est bien formé. La tête est à peu près entièrement recouverte par le toit articulaire. Nous sommes ici en présence de conditions particulièrement favorables, et il nous paraît que nous devons obtenir un excellent résultat.

15 février 1900. — L'appareil est enlevé et la cuisse placée dans la rectitude. L'enfant étant encore au lit, et alors que nous ne lui avions - pas encore permis la marche, casse son plâtre quelques jours après son application. Le plâtre, brisé à la partie moyenne de la cuisse, est ainsi laissé en place, et l'enfant en profite pour remuer sans cesse, se mettre à genoux, se lever, malgré toutes les observations qu'on peut lui faire.

Aussi, s’aperçoit-on, en mars 1900, en enlevant l'appareil, que la tête fémorale est en passe de se reluxer en haut, ce que prouve la radiographie. Cet accident malheureux est, pour nous, du plus grand intérêt et montre toute la valeur que l'on doit attacher à l'appareil d'immobilisation. Nous avions affaire ici à un cas présentant des conditions anatomiques idéales, et, cependant, nous avons eu un échec imputable au dernier appareil, immobilisant d'une façon insuffisante. Les mensurations donnent aujourd'hui 4 centimètre de raccourcissement du côté gauche. L'enfant est massée.

8 octobre 1903, — Nous revoyons la fillette, qui a maintenant - 12 ans.

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La marche est presque parfaite ; il faut examiner l'enfant avec beaucoup de soin pour s'apercevoir que sa démarche présente quelque chose d'anormal. L'amélioration obtenue est considérable ; cependant la fillette se fatigue encore en marchant. Les mouvements de l'articulation sont libres : l'abduction est encore limitée. On sent la tête fémorale au pli de l'aine, en dehors des vaisseaux fémoraux.

La mensuration accuse 2 centimètres de raccourcissement. L’atrophie de la cuisse a disparu.

La radiographie montre une tête très volumineuse, située sur un plan très antérieur, incomplètement recouverte par le toit articulaire.

Résultats. — Anatomique : transposition; fonctionnel : excellent.

Obs. XIII (publiée dans la Presse médicale du 98 juillet 1900). — Luxation unilatérale droite; variété iliaque postérieure. Réduction.

Germaine M..., âgée de 4 ans.

Rien de particulier à signaler dans ses antécédents.

Marche à 15 mois et boite depuis cette époque.

Etat actuel. — Présente tous les symptômes d'une luxation iliaque. Elle boite beaucoup en marchant.

Le radiogramme montre qu’une partie de la tête fémorale est cachée par l'aile iliaque. Le col est à peu près de même longueur que celui de. l'autre côté. L'épiphyse supérieure du fémur est toute petite et cachée par l'aile iliaque. Le grand trochanter est au niveau du cartilage en Y. Le toit articulaire parait bien développé, et sa direction n'est pas trop oblique.

TRAITEMENT. — Le 29 juillet 1899, chloroforme. La réduction est obtenue très facilement après pétrissage énergique des adducteurs à leur. insertion au bassin. La réduction est accompagnée d’un ressaut très léger à peine marqué au moment de la rentrée de la tête dans le cotyle.

Le radiogramme pris immédiatement nous montre que la tête est entièrement recouverte par le toit articulaire, qui semble être bien conformé et assez analogue à celui du côté sain. Le fémur fait avec la ligne axiale un angle de 90°. Le grand trochanter se trouve au même niveau que le centre du trou ovale. On applique un appareil descendant jusqu’à mi-jambe. L'enfant est maintenue au lit.

- 4 décembre 1899. — Chloroforme. L'appareil est enlevé et la jambe est ramenée à 45° de sa position normale.

La radiographie nous montre que la tête est entièrement recouverte par

le toit articulaire. L'épiphyse, toute petite, est juste au niveau du car-

tilage en Y. Le fémur se trouve en légère rotation externe, et le petit trochanter se trouve placé un peu au-dessus de l'ischion. Le col parait de grandeur identique à celui du côté sain.

> février 1900. — Chloroforme. On enlève FRERES plâtré et l'on ramène la jambe à sa position normale.

el Ur

. - La radiographie prouve que la tête est bien dans la cavité cotyloïde

lle est entièrement recouverte par le toit articulaire. .. On remet un appareil descendant jusqu’à mi-jambe, Le membre inférieur est placé en légère rotation interne. On garde l enfant au At durant

tout le temps du port de cet appareil.

Mai 1900. — On enlève l'appareil et on permet au bout de quelques jours de laisser l'enfant marcher. On la masse régulièrement.

Juillet 1900. — La hanche est très mobile. La cuisse n'a pas encore repris son état musculaire normal. L'enfant ne déhanche plus, mais boite très légèrement, ce qui est dù vraisemblablement à l’atrophie musculaire encore existante.

Les mensurations ne donnent aucune différence de longueur des deux membres.

30 octobre 1903. — Nous revoyons la petite malade. La marche est absolument parfaite, sans aucune boiterie. Rien ne permet de soup- <onner que cette enfant a été autrefois atteinte de luxation congénitale de la hanche. La fillette marche et joue sans aucune fatigue.

Le jeu de l'articulation traitée se fait d’une façon normale, comme du <ôté sain.

La palpation permet de sentir la tête fémorale à la base du triangle de Scarpa et recouverte par les vaisseaux.

Il n'y a aucun raccourcissement : 63 centimètres des deux côtés. Toute atrophie a disparu.

La radiographie montre une réduction absolument parfaite. La tête et la cavité cotyloïde sont aujourd'hui aussi volumineuses que du côté sain. æt si l'on compare cette radiographie à l'épreuve faite avant le traitement, on peut constater combien ces parties se sont développées depuis que l'articulation a repris ses fonctions normales.

Résultat. — Réduction anatomique. Résultat fonctionnel parfait.

Obs. XIV (publiée dans la Presse médicale du 28 juillet 1900). — Zuxation unilatérale gauche; variété sus-cotyloïdienne.

Jeanne R..., âgée de 5 ans, entre dans le service de M. Brun le 45 novembre 1899. Rien de particulier dans ses antécédents. L'enfant a commencé à marcher seulement à 22 mois, le médecin ayant conseillé à la mère de faire marcher son enfant le plus tard possible. C’est seulement à ce moment que l’on s'aperçoit que la fillette boite. Depuis, la claudication n’a fait qu'augmenter. L'enfant est tout de suite fatiguée quand elle marche.

Les mensurations de l'épine iliaque antéro-supérieure à la pointe de la malléole externe donnent 27 centimètres à gauche, 29 centimètres à droite, soit 2 centimètres de raccourcissement.

L'épreuve radiographique montre que l’épiphyse supérieure du fémur

se trouve au niveau du bord supérieur du cotyle. Le col est bien développé, mais la tête est beaucoup plus petite que celle du côté droit. Le petit trochanter est au niveau du bord supérieur du trou obturateur. La cavité cotyloide semble assez bien conformée: le toit articulaire est cependant d’une obliquité marquée.

TRAITEMENT. — Le 20 novembre 1899, chloroformisation. La tête rentre facilement dans sa cavité en présentant un ressaut très net. On applique un appareil plâtré descendant jusqu'à mi-jambé, qui immobilise 4e membre en abduction et rotation externe.

La radiographie montre que toute l’épiphyse fémorale est dans la cavité. Le fémur est horizontal, et la pointe du grand trochanter est au niveau du bord inférieur du trou ovale.

L'enfant est maintenue au lit.

20 mars 1900. — L’appareil est enlevé. Sous le chloroforme, la jambe est amenée à mi-chemin de sa position normale. La radiographie est des plus satisfaisantes. Un appareil plâtré descendant jusqu'à mi-jambe est appliqué. L'enfant est maintenue au lit.

91 mai.— L'appareil est enlevé. Il est facile de se rendre compte par la palpation que la tête est à sa place. On applique un appareil plâtré immobilisant le membre dans la rectitude.

Juillet 1900. — L'appareil est enlevé et l'enfant massée régulièrement. ‘II lui est survenu depuis quelques jours des douleurs dans le genou, avec gonflement. Les mensurations n’accusent aucune différence de longueur entre les deux membres.

2% juillet 1903. — Nous revoyons la fillette, 3 ans après la fin du traitement ; elle a actuellement 8 ans et demi.

La marche est très satisfaisante ; ilexiste, du côté gauche, une boiterie à peine sensible. Le trochanter fait de ce côté une légère saillie.

Les mouvements de l'articulation traitée sont absolument libres ; l'abduction est cependant un peu limitée. A la palpation du pli de l’aine, on sent la tête rouler sous le doigt, très sensiblement, en dehors des vais- | seaux fémoraux.

La mensuration accuse 2 centimètres de raccourcissement à gauche; pour corriger ce raccourcissement, il s'est développé une légère scoliose dorso-lombaire et l'épine iliaque est abaissée du côté gauche.

L’atrophie de la cuisse et de la fesse sont encore prononcées.

La radiographie permet de vérifier qu'il existe une transposition antérieure; la tête est immédiatement au-dessus du niveau du cartilage en *-

RÉSULTAT. — Anatomique : bonne transposition. Au point de vue fonctionnel, on a obtenu une amélioration considérable, car la claudica-

tion a diminué et l'enfant peut marcher longtemps, une demi- -journée,, sans aucune fatigue.

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Obs. XV. — Luvation bilatérale : variété sus-cotyloïdienne.

Maria M..., âgée de 6 ans et demi, entre dans le service du docteur Brun le i°* décembre 1899. Rien de particulier dans ses antécédents, L'enfant à marché à 20 mois, et dès ses premiers pas, les parents ae çoivent qu'elle boite.

A l'examen, on constate que l'enfant marche en déhanchant et en boitant légèrement du côté droit. La luxation semble moins prononcée du côté gauche ; cependant la mensuration des deux membres de l'épine iliaque antéro-supérieure à l'interligne articulaire du genou ne permet de constater aucun raccourcissement. L'enfant présente, enfin, de l'asymétrie faciale. î

La radiographie montre que, des 2 côtés, la tête est au-dessus de la cavité cotyloïde, moins élevée cependant à gauche qu'à droite. Du côté * droit, la luxation est haute, car le petit trochanter est au niveau du cartilage en Y. Des 2 côtés la tête fémorale est bien développée, ainsi que le col ; la cavité cotyloïde est profonde et excavée; le toit articulaire est bien indiqué et peu oblique.

TRAITEMENT. — Le 11 décembre 1899, chloroformisation. On réduit la luxation du côté droit, avec beaucoup de peine, après un pétrissage énergique des adducteurs. On applique un appareil Res en abduction à 90° et rotation externe.

La radiographie, faite après la réduction, montre que celle-ci a été bien obtenue ; la tête est bien appliquée contre le fond du cotyle.

2 avril 4900. — Chloroforme. Le membre est placé directement dans la rectitude. Un second appareil plàtré l'immobilise dans cette position avec un degré marqué de rotation interne.

Ce plâtre est enlevé le 28 mai, et, à partir de ce moment, on commence les massages et la mobilisation de l'articulation. La cuisse ayant une tendance marquée à se placer en flexion sur le bassin, on met à l'enfant, le 9 juillet, un nouveau plâtre, fendu sur le côté, que l'on enlève pour les massages et que l’on replace dans l'intervalle. Ce plâtre est enlevé définitivement le 24 septembre 1900.

Au bout de quelque temps l'enfant quitte l'hôpital, marchant assez mal. Elle n'a pas été revue depuis.

Le côté gauche n'a jamais été traité.

8 octobre 1903. — Nous revoyons la fillette, qui a aujourd'hui 10 ans et demi. La marche est restée très défectuense. Il existe une claudication marquée; la malade est obligée de porter un corset orthopédique, grâce auquel la démarche est moins disgracieuse. D'après les parents, le traitement n'a apporté aucune amélioration et l'enfant se fatigue très vite en marchant.

Les mouvements de flexion, des deux côtés, ne dépassent pas l'angle droit ; l'abduction est également très limitée. Les deux trochanters font de chaque côté une saillie prononcée, plus marquée même à droite qu’à

gauche. La tête fémorale roule dans la fosse iliaque externe.

La mensuration des deux membres. accuse 2 centimètres de raccourcissement du côté gauche, ce qui explique la claudication prononcée qui existe de ce côté. Il semblé donc que la tête, du côté droit, ait été abaisséepar les manœuvres de réduction.

En résumé, on n'a obtenu aucune nélloratian: au point de vue fonc- : tionnel, et, au point de vue anatomique, il faut conclure à une relüuxa-. tion.

Obs. XVI. — Luxation bilatérale ; variété iliaque postérieure à droite ;

sus-cotyloïdienne à gauche.

Germaine D... âgée de 3 ans, entre dans le service du docteur Brun, le 3 février 1900. Une cousine germaine de la fillette est atteinte de luxa-

. tion congénitale de la hanche ; en dehors de cela, elle ne présente rien

de particulier dans ses antécédents. Nourrie au biberon ; sevrée à 20 mois. Elle marche à 22 mois, et sa démarche est immédiatement défectueuse.

A l'examen, la fillette marche en se dandinant « en canard ». Des deux côtés le grand trochanter est remonté de 2 centimètres au-dessus de la ligne de Nélaton. La mensuration des muscles donne des deux côtés. 52 centimètres. Il n’y a donc pas deraccourcissement. L'atrophie muscu-

Jaire est peu marquée. \

La radiographie montre que, des deux côtés, la luxation esttrès élevée; les deux têtes fémorales ‘sont à égale hauteur, bien au-dessus du rebord cotyloïdien supérieur. Le petit trochanter atteint presque, des deux côtés, le niveau du cartilage en Y, ce qui indique que la luxation est très haute.

A droite, la tête est cachée en partie par l'aile iliaque. L’épiphyse supé-

ri-ure du fémur est, des deux côtés, bien développée. La cavité cotyloïde du côté droit est plus excavée que celle du côté gauche, le toit articulaireest moins oblique à droite qu à gauche.

TRAITEMENT — Le 16 février 1900, on réduit facilement, sous le chloroforme, la luxation du côté droit, après rupture de la corde des adducteurs. On applique un appareil plâtré qui maintient le membre en abduction et rotation externe forcée.

Pendant les jours qui suivent la réduction, la petite malade présente un peu d’élévation de température (maximum, 38°,2).

Les parents reprennent leur enfant, mais ils la ramènent le 9 mai, parce qu'elle présente un peu d'œdème de la jambe et du pied. Cet œdème disparaît en quelques jours.

18 juin. — Chloroforme. On enlève l'appareil plâtré et on constate que la réduction s'est maintenue. On ramène le membre à mi-chemin de sa position normale. Appareil plâtré.

ÉREEe ZCRS

a NOTE

Ce second plâtre est enlevé le 2 octobre 14900 et l'on juge inutile d’ ap-

pliquer un troisième appareil. On commence les massages et la mobilisa-

tion de l'articulation. | La radiographie montre que la réduction s'est Fabien la tête

fémorale est bien vis-à-vis le cartilage en Y et occupe le Gotile précé-

demment déshabité. |

25 février 1904. — On tente la réduction de la luxation du côté gauche après avoir soumis le membre pendant 2 mois à l’extensiun continue. Mais, au cours des manœuvres pour replacer la tête dans le cotyle, ow produit un décollement épiphysaire de l'extrémité supérieure du fémur. On traite cette complication par l'extension continue.

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