‹ Traitement orthopédique des luxations congénitales de la hanche: Par la méthode de Lorenz modifiéeChapitre 6 sur 35 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le traitement’ orthopédique des luxations congénitales de

la hanche est entré dans une phase nouvelle depuis le jour où

Lorenz, de Vienne, a fait connaître sa méthode de réduction … non sanglante, opposée aux opérations sanglantes, pratiquées jusqu'alors par Hoffa et par Lorenz lui-même. Depuis 1896, tous les chirurgiens qui se sont quelque peu occupés d’orthopédie, ont appliqué la méthode de Lorenz et l'ont adoptée, pour la plupart, dans ses grandes lignes et dans ses principes.

Notre regretté maître, M. le professeur agrégé Brun a, lui aussi, d’abord employé la méthode de Lorenz telle qu'elle a été décrite par le chirurgien deVienne, mais il ne tarda pas à reconnaître que les résultats obtenus n’étaient pas aussi parfaits qu'il l'avait espéré ; il se rendit compte, en effet, que l’on ne pouvait obtenir, dans la plupart des cas, que des transposi-

tions. Au reste, Lorenz lui-même, qui, au début, présentait sa

méthode comme une méthode de guérison radicale, fut obligé

de convenir que, « le plus souvent, il n'y a pas de réduction

‘vraie, mais seulement transposition de la tête en avant ».

C'est pour cette raison que M. Brun fut amené à modifier la méthode de Lorenz en s'inspirant de principes tout différents qui devaient, dans son idée, permettre d'obtenir plus sûrement et plus régulièrement la réduction vraie de la luxation.

M. Brun a exposé sa méthode dans des communications à la Sociélé de chirurgie, en mars 1899 et juillet 1900; 1l l'a

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développée, en fournissant plusieurs observations à l'appui, dans deux articles parus dans la Presse médicale : le premier, en collaboration avec M. Ducroquet, en juillet 1900; le second en octobre 1901. Dans ces diverses publications, la méthode de M. Brun apparaît comme une méthode vraiment originale, car elle repose sur des principes absolument opposés à ceux qui font la base de la théorie développée par Lorenz. Elle mérite, à ce titre, d'être étudiée et discutée avec soin.

Il nous a paru intéressant de reprendre en détail cette méthode et d'analyser les résultats qu’elle peut donner. |

Pendant que nous étions l’interne de M. Brun à l'hôpital des Enfants-Malades, nous avons vu de nombreux enfants dont le traitement était terminé depuis plus ou moins longtemps ; nous en avons vu d’autres en cours de traitement. Nous avons pu ainsi nous faire une opinion sur la valeur de cette méthode. | 4

Toute méthode de réduction des luxations congénitales de la hanche a besoin, pour être jugée sainement, de l'épreuve du temps. M. Brun en convenait dès sa première communication à la Société de chirurgie : « Je suis le premier à reconnaître que, pour être tout à fait démonstratives, mes observations auront besoin d’être poursuivies encore pendant longtemps. » Maintenant qu'un long espace de temps s'est écoulé depuis la fin du traitement chez la plupart des enfants opérés par cette méthode, il nous à semblé que nous nous trouvions dans de bonnes conditions et que le moment était venu de: reprendre ces observations et de rechercher les résultats # obtenus.

Notre maître, M. Brun, a bien voulu nous permettre d'utiliser ses observations el les nombreux documents de son service ; nous lui sommes profondément reconnaissant de cette marque de confiance qui nous a permis d'étudier, comme sujet de notre thèse, une question qui nous intéressait d’une façon toute particulière.

Nous avons revu la plupart des enfants traités autrefois,

. nous les avons examinés avec soin, nous les avons fait radio-

graphier de nouveau et nous avons ainsi apprécié, d’une façon aussi exacte que possible, les résultats obtenus.

Mais nous n'avons pas voulu limiter nos recherches à un simple travail de statistique, qui eût été peu captivant et d’un intérêt médiocre. Il nous a semblé qu'il valait la peine d'élargir le cadre de notre étude et de traiter la question d’une façon complète,

Nous exposerons donc tout d’abord la méthode de Lorenz; puis nous décrirons dans tous ses détails, et le plus exactement possible, le procédé que suit M. Brun depuis environ cinq années. Nous ferons, chemin faisant,à propos de chaque point spécial de la technique, la critique des diverses méthodes qui s’éloignent plus ou moins de celle que nous préconisons. | |

Enfin, nous donnerons un résumé des observations qui sont le point de départ de ce travail; nous les analyserons pour dresser un tableau des résultats obtenus, et nous terminerons en comparant notre statistique personnelle à celle des principaux auteurs qui se sont occupés de la question.

Parmi les observations que nous rapportons, on trouvera, reproduites et complétées, celles qui ont été publiées par M. Brun dans la Presse médicale du 28; juillet 1900. Les autres sont inédites ; elles proviennent, pour la plupart, du service de M. Brun et concernent des malades traités par lui à l'hôpital. Enfin, quelques observations nous sont personnelles : elles ont trait à des enfants que nous avons opérés, en suivant la même méthode, avec notre collègue et ami Pierre Duval, pendant notre année d’internat à l'hôpital des Enfants- Malades, dans le service de notre maître, M. le professeur Lannelongue.

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