‹ Traitement précoce de l'ostéomyélite aiguë de la hanche de l'adolescentChapitre 22 sur 26 · LONGUET · texte numérisé non relu

LONGUET

Caï… Marcel 11 ans.

La maladie a débuté le 1° janvier 1933 par un état féhrile à 39° sans localisation apparente. Trois jours plus tard survient une otite rapidement suppurée, dont le drainage spontané est jugé suffisant.

Le 9 janvier des douleurs apparaissent au bord radial de l’avant-bras droit près du coude et à la hanche droite qui se mobilise difficilement.

L'état reste stationnaire pendant 3 jours puis brutalement la nuit du 11 au 12 janvier, les douleurs atteignent une intensité extrême au niveau de la hanche.

Entrée à l’hôpital le 12 janvier 1933.

L’état général est grave, la température élevée : 39°. A l’examen on découvre 3 localisations : une arthrite aiguë de la hanche droite, une arthrite aiguë du poignet gauche, un abcès de l’avant-bras droit, sur lesquelles on intervient le 13 janvier, en pratiquant simultanément de la vaccinothérapie au Propidon.

Intervention le 13 janvier 1933.

1) À la hanche droite :

Incision en double chevron dont la branche inférieure est menée en avant du trochanter. |

Observation communiquée par le Docteur

re

Liquide trouble abondant à l'ouverture de la capsule.

Luxation facile en haut et en arrière de la tête fémorale après destruction de ses connexions ligamenteuses. La position de luxation sera maintenue par flexion dé la cuisse.

Contr’incision postérieure.

Drainage et irrigation au Dakin.

2) Au poignet gauche :

Arthrotomie avec résection de la tête du grand os.

3) Incision d’un foyer de myosite suppurée de l’avantbras droit.

L'examen bactériologique du pus permet de constater la présence de streptocoques.

Suites opératoires : caractérisées par la persistance de l'infection générale, avec température élevée à grandes oscillations : 37°5-39°5. L’hémoculture est négative. Il n’y a pas de nouvelles localisations.

Une mastoïdite opérée le 19 janvier est, en effet, une complication de l’otite plutôt qu’un nouveau foyer d’origine sanguine.

Plusieurs thérapeutiques sont mises en œuvre contre cet état infectieux.

Au début : vaccination par le Propidon et soutien de l’état général par transfusion sanguine.

Puis le germe ayant été identifié, injections intra-veineuses et intra-musculaires de sérum antistreptococcique de Vincent sans résultat appréciable.

Puis une injection intra-veineuse de Trypafñlavine.

Enfin des immuno-transfusions sont répétées à plusieurs reprises, chacune d'elles paraissant suivie d’une amélioration nette de la courbe thermique.

Malgré la persistance de l’état infectieux, l’état local est satisfaisant. Trois semaines après l'intervention, la Suppuration diminue, les plaies bourgeonnent.

Six semaines après, les foyers de l’avant-bras et du

poignet sont en voie de cicatrisation. La mastoïde et la hanche sont le siège d’une suppuration légère.

À la radiographie : le col fémoral paraît décalcifié.

En avril 1933, les oscillations thermiques étant moins élevées, et l’état local satisfaisant, on décide le 28, la reposition sanglante de la tête fémroale, soit plus de 3 mois après la luxation volontaire.

Intervention le 28 avril 1933.

Incision type Smith-Petersen sur l’ancienne cicatrice.

Extraction de la tête du fémur déjà séparée du col.

Recherche du cotyle ; effondrement du tissu fibreux néoformé, et dégagement du col fémoral.

Mise en place de celui-ci par manœuvres externes. L’appui est bon ; compresses iodoformées ; extension continue en adduction, pour lutter contre la rétraction des ischio-jambiers.

Transfusion de 200 grammes. ;

Suites opératoires. — Excellentes. En quelques jours la température se stabilise, presque normale.

Des radiographies montrent :

Le 1° mai : un moignon de col en place dans un bon cotyle.

Le 31 mai : le col est en place. Début de densification osseuse comblant le cotyle.

Le résultat semblait favorable.

L’enfant revu en août 1934 est toujours alité, présentant une hanche fistuleuse et des troubles trophiques importants de tout le membre inférieur.

A la radiographie, apparence d’ankylose osseuse, mais de mauvaise qualité. L’os manque de densité, présente un aspect cotonneux. Atrophie considérable de la corticale diaphysaire.

Ce malade présentait une septico-pyohémie avec quelques particularités. Les localisations sont appa-

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