‹ Traitement précoce de l'ostéomyélite aiguë de la hanche de l'adolescentChapitre 23 sur 26 · TETE · texte numérisé non relu

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rues simultanément, et malgré la persistance d’un état infectieux grave aucun nouveau foyer ne s’est développé.

D'autre part, la réduction de la luxation complétée d’une bonne immobilisation par extension continue paraît avoir été suivie d’une amélioration rapide de l’état fébrile. Ne faut-il pas voir dans cette persistance de l’infection, la conséquence de l’évolution du foyer ostéo-articulaire insuffisamment immobilisé ? C’est un des inconvénients que nous avons reconnus à la luxation de drainage.

Obs. 8. — Hen.…., 9 ans.

Entré à l’hôpital le 9 novembre 1933, pour des douleurs localisées au niveau de la hanche et de l’épaule du côté gauche avec atteinte grave de l’état général.

A l’examen l’enfant est pâle, très abattu. La température de 39°.

On note un léger empâtement au niveau de la racine de la cuisse gauche, dont le triangle de Scarpa paraît comblé. La douleur est assez vive à la pression du col fémoral. On peut déterminer quelques mouvements passifs de la hanche gauche bientôt limités par la douleur.

On note une tuméfaction rouge et douloureuse au niveau de la face antérieure du moignon de W’épaule gauche.

Le lendemain on intervient, bien que la température soit peu élevée (37°8) devant une aggravation de l’état général.

Intervention le 10 novembre 1933.

Arthrotomie de la hanche gauche par voie antéro-externe. L'ouverture de la capsule permet l’évacuation de pus séreux peu abondant que l’examen bactériologique révèle amicrobien.

Incision simple d’un abcès sous-périosté de l’extrémité supérieure de l’humérus gauche.

Les jours suivants l’état général demeure tout aussi inquiétant. De nouvelles localisations apparaissent au niveau du coude droit, de l’extrémité interne de la clavicule gauche.

On réintervient le 14 novembre sur ces localisations par incision simple.

La courbe thermique momentanément améliorée oscille bientôt entre 39 et 40°.

Le 25 novembre, le drainage insuffisant de la hanche nous paraissant responsable de ces accidents infectieux, nous pratiquons la résection de la tête fémorale sans résultat.

Au début de décembre apparition d’un nouveau foyer à la hanche droite. Arthrotomie simple le 3 décembre, présence de pus.

La température persiste ; l’état général décline, le délire est continuel.

Le 7 décembre, incision de deux nouveaux foyers extrémité supérieure de l’humérus droit ; extrémité inférieure de l’humérus gauche. L’examen bactériologique révèle la présence de streptocoques.

Le 8 décembre. décès.

Au traitement chirurgical a été associé au début une série de vaccinations polyvalentes par voie sous-cutanée.

Puis à 5 reprises, on pratiqua des injections intra-veineuses de bactériophage sans obtenir d'amélioration. N'ayant pu reconnaître le germe en cause, nous avons injecté, il est vrai, du bacté-staphyphage. Un examen ultérieur révéla la présence de streptocoque.

Observation typique de septico-pyohémie à localisations multiples et successives ; les interventions

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pratiquées, résection de la hanche en particulier, n’ont en rien modifié l’évolution.

Obs. 9. Observation communiquée par le Docteur Huc.

Da..., 7 ans.

L’'affection débute en 1925, de manière très aiguë, par plusieurs localisations douloureuses : au niveau du zygoma, de la hanche gauche, d’une côte droite, avec température très élevée.

L'enfant est traité primitivement en médecine où l’on porte le diagnostic de rhumatisme articulaire aigu, puis d’ostéite typhique que ne confirmèrent pas les examens de laboratoire.

En 8 jours, l’amaigrissement est considérable, l’état général très inquiétant.

L’enfant est hospitalisé en chirurgie. Un nouveau foyer apparaît à la région occipitale.

Abstention opératoire complète.

La hanche se fistulise à la face antéro-externe de la cuisse ; l'examen de pus révèle la présence de staphylocoque doré.

La ponction du foyer cranien met en évidence le même germe.

Puis ankylose fibreuse serrée progressive de la hanche en flexion légère.

Les années suivantes, de nouveaux foyers apparaissent : huméraux-claviculaires avec présence constante de staphylocoque doré. Puis des foyers musculaires.

Ces suppurations subaiguës, la localisation claviculaire font suspecter la syphilis.

Malgré le résultat négatif des épreuves de laboratoire, on tente un traitement par le Sulfarsénol ; traitement mal supporté qui provoque de l’albuminurie,

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L'enfant quite l’hôpital en 1930 ; tous les foyers paraissent éteints après cinq ans d'évolution.

Il meurt en 1933 d’urémie après des poussées de néphrite à répétition.

Observation de septico-pyohémique subaiguë prolongée, peut-être responsable en partie de la néphrite chronique qui a emporté le malade. Des injections d’auto-vaccin sont restées sans effet.

Obs. 10. — Observation communiquée par le Docteur Huc.

E..., 8 ans.

Début de la maladie en août 1928 par une infection superficielle du pied, suivie une semaine plus tard de douleur au niveau de la hanche avec mauvais état général.

Adénopathie iliaque vraisemblable drainée en province par la fosse iliaque et le rectum. Deux hémocultures ont été négatives.

Trois semaines plus tard, cet enfant est vu moribond et souffrant atrocement de la hanche. Une extension continue est immédiatement appliquée.

Les douleurs persistent : arthrotomie de la hanche, pas de pus articulaire, fermeture par deuxième intention.

Quelques jours après, apparition d’une localisation au niveau de la métaphyse inférieure radiale droite, d’évolution subaigué.

On temporise un mois, puis on incise le foyer sans trouver de pus, même par trépanation.

Cette intervention est suivie d’une sédation des symptômes ; la guérison survient en 3 semaines à 1 mois.

Au début d’octobre les foyers sont éteints ; il n’y a pas de destruction osseuse au niveau de la hanche immobi-

lisée par un plâtre.

En avril 1929, apparition d’un foyer huméral supérieur droit, qui se fistulise spontanément.

En juillet 1929, localisation à l’'humérus du côté opposé, lésion symétrique faisant penser à la syphilis, diagnostic non confirmé par le laboratoire. Ce dernier foyer est ouvert chirurgicalement, l’examen de pus met en évidence la présence de staphylocoque doré.

Depuis chaque année, en 1930, 1931, 1932, 1933, pendant l’été, apparaissent des foyers tantôt musculaires, tantôt osseux, avec température, mauvais état général, qui s’abcèdent, puis s’évacuent, soit spontanément, soit par incision.

Ces poussées sont de moins en moins violentes, mais actuellement l'enfant présente une pyélonéphrite avec calcul rénal et vésical dont une médication récalcifiante intempestive est certainement en partie responsable.

Curieuse observation de septico-pyohémie à évolution prolongée, caractérisée par des états éloignés d’allure subaïiguë, dont des lésions rénales définitives paraissent la conséquence.

Des injections d’auto-vaccins sont demeurées sans résultat.

Obs. 11. — Observation communiquée par le Docteur Huc.

Mag... Angèle, 11 ans 1/2.

Début le 1” novembre 1932 par une ostéomyélite de l'extrémité supérieure du fémur gauche avec arthrite de la hanche paraissant secondaire à une plaie infectée traînante du pied gauche.

8 jours plus tard, apparition de nouveaux foyers au pied, puis au genou gauche. 15 jours plus tard, le côté droit est atteint de la même manière,

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Evolution très fébrile pendant deux mois au cours desquels on incise des collections suppurées aux deux fesses, à l’épaule gauche.

En mars 1933, elle est hospitalisée au Brésil pendant 5 mois, présentant à cette époque une nouvelle suppuration de la hanche gauche et des arthrites séreuses des deux chevilles traitées par ponctions.

En septembre 1933, hospitalisation de 7 mois à l’hôpital Hérold pour rechute au niveau de la hanche gauche.

Actuellement :

1° Ankylose en flexion, abduction et rotation externe des deux hanches.

La radiographie montre à droite une tête fémorale en place et une arthrite peu destructive ; à gauche une luxation et un foyer mal éteint comme le prouve une fistule au niveau du pli fessier ;

2° Ankylose partielle des deux genoux en flexion ;

3° Ankylose complète, tibio-tarsienne droite à angle droit ;

4° Ostéomyélite pandiaphysaire du tibia droit, avec arthrite suppurée tibio-tarsienne, fistule persistante à la face interne de l’extrémité inférieure de la jambe droite ;

5° Au niveau du tibia gauche, deux petits abcès de Brodie sont visibles à la radiographie sans qu'aucune douleur puisse être déterminée à leur niveau ;

6° La clavicule droite est épaissie.

L'état général est bon, l’apyrexie complète, l’examen des urines ne révèle ni pus, ni germes ; les cultures sont stériles.

Forme septico-pyohémique dont le traitement paraît avoir été négligé au début; le résultat est cependant favorable au point de vue vital ; mais un traitement orthopédique correct aurait vraisemblablement évité de graves déformations.

Obs. 12. —— Observation communiquée par le Docteur Huc.

Ba... Francis, 13 ans 1/2.

Admis d’urgence à l’hôpital Saint-Joseph le 4 mai 1931 pour une atteinte profonde de l’état général et la localisation d’un foyer infectieux à la jambe gauche.

Début : deux semaines auparavant, sans raison apparente, par de la céphalée, une fatigue générale avec sensation fébrile. 5 jours après, des douleurs apparaissent dans les deux membres inférieurs, plus marquées au niveau de la jambe gauche.

L'état général s’aggrave, la température oscille entre 40 et 41°8, l’enfant délire. Puis une tuméfaction douloureuse apparaît au niveau de la jambe gauche et les deux hanches s’immobilisent.

A l’entrée le 4 mai 1931 :

L'état général est des plus inquiétants ; pâleur cireuse du visage qui présente des marbrures violacées ; prostration dominante entrecoupée de bouffées délirantes. Température 40°6.

A l’union du tiers moyen et du tiers inférieur de la face interne de la jambe gauche, tuméfaction rouge très chaude, extrêmement douloureuse, fluctuante. Les hanches sont empâtées, bloquées.

D'’urgence on intervient sur le foyer du tibia gauche. Une incision évacue une quantité abondante de pus ; le tibia sous-jacent dénudé n’est pas trépané. On prescrit une série de Propidon commencée le jour même.

L'état général et la température ne sont en rien modifiés. De nouveaux foyers apparaissent au niveau de la région tarsienne gauche et du tiers inférieur du fémur droit donnant bientôt des collections nettement fluctuantes dont on pratique l’incision le 6 mai 1931.

On trépane le même jour, le tibia gauche évacuant ainsi du pus emprisonné dans le canal médullaire,

L'évolution se poursuit sans changement ; de nouvelles localisations apparaissent chaque jour, nécessitant des incisions multiples :

Le 8 mai, au niveau de l’apophyse orbitaire gauche du maxillaire supérieur, puis de la clavicule gauche.

Le 29 mai, ponction puis incision d’abcès siégeant à la face antéro-externe des deux cuisses, à l’union du tiers supérieur et du tiers moyen.

Le 16 juin, évacuation d’une énorme collection s’étendant de l’angle inférieur de l’omoplate droite à la région sous-claviculaire droite.

De nouvelles collections apparaissent sans cesse aux orteils, au coude gauche au niveau de la tête radiale, à la face postérieure du bras gauche, au niveau de la tête du péroné droit, au coude droit, à la jambe droite.

Les membres inférieurs s’immobilisent en attitude vicieuse de flexion, adduction et rotation interne. Il est impossible d’y remédier par un appareil plâtré, une extension continue en raison des nombreuses localisations.

Toutes ces collections tour à tour incisées se cicatrisent rapidement au niveau des membres supérieurs et du thorax. Seules les localisations des membres inférieurs se fistulisent.

En même temps l’état général s’altère profondément : amaigrissement extrême avec fonte musculaire ; apparition d’escarres au niveau des épines iliaques, des trochanters, du sacrum.

La température oscille entre 37 à 38°5 le matin, 39 à 40° le soir.

Fin mai, on injecte des sels d’or par voie intra-veineuse sous forme d’Allochrysine (2 injections à 0 gr. 05, 18 injections à 0 gr. 10 associées à une série de 6 injections de vaccin polyvalent).

Cette thérapeutique paraît avoir de bons effets sur la

température.

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