‹ Traitement rationnel de la phtisieChapitre 12 sur 19 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

MEDICATIONS ACCESSOIRES.

Le résumé de tout ce qui précède est que le tuberculeux curable qui mord à la cure d'air n'a besoin d'aucune médication.

Mais il y a une foule de prescriptions, de conseils, si l'on veut, qui, n'ayant aucunement la prétention de s'adresser à la cause de la maladie, voire même à la lésion pulmonaire, constituent la médication hygiénique des tuberculeux, car elle fait partie de leur cure d'hygiène. C'est ce que nous appelons l'ensemble des médications accessoires. Xous allons les signaler dans un ordre quelconque, sans prétention à une classification, simplement organe par organe.

§ 1. — Hygiène de la peau.

Le tuberculeux doit entretenir dans les conditions les meilleures ses fonctions cutanées.

Dans ce but, les moyens à recommander sont les suivants :

1° Les frictions sèches ou humides. — Ces frictions s'adressent à tous les malades, fébriles ou non fébriles. On les fait le matin ou le soir, matin et soir au besoin. Dans notre pratique nous nous bornons à la friction matinale. Elle doit être faite au lit, au réveil, avant de prendre le petit déjeuner.

Inutile d'insister sur les instruments variés destinés à cette petite opération. Le plus souvent c'est le tampon de flanelle, le gant de laine ou de crin. Le malade se met à nu et le trotteur fait la friction en longueur, sur tout le corps, du cou et des bras jusqu'aux extrémités inférieures, en avant et en arrière. La peau doit rougir plus ou moins. L'opération terminée, le malade remet sa chemise de flanelle et s'enfouit sous ses couvertures pendant cinq ou dix minutes, après quoi il déjeune.

Si la friction est humide, on emploie un gant rude quelconque plus ou moins imbibé d'un liquide irritant, alcool pur ou odorisé, vinaigre aromatique, mélange d'alcool et de térébenthine, etc. Nous employons d'habitude l'alcool coupé d'eau de cologne et aromatisé avec l'essence de lavande.

La friction d'abord humide devient sèche à

la fin par évaporation du liquide sur la peau et sur le gant. Le manuel opératoire est identique à celui de la friction sèche.

Le résultat de cette manœuvre, faite le matin, est de donner au malade réenfoui quelques minutes sous ses couvertures, une réaction légère suivie d'une sensation de bien-être général; cela le réveille mieux et le dispose à bien prendre son premier déjeuner.

C'est le meilleur excitant delà peau, c'est le procédé le plus simple pour la maintenir propre chez les fébricitants.

2° Les bains. — A moins de contre-indications spéciales et tout à fait rares, que le médecin aura à apprécier pour tel ou tel individu, les tuberculeux non fébriles peuvent être baignés sans aucun inconvénient, et, il faut ajouter, avec avantage.

C'est pourtant une pratique qui est loin d'être acceptée par tous les médecins, sans compter que nombre de malades, imbus du préjugé, y sont assez réfractaires. Quant à nous, nous baignons sans crainte les tuberculeux non fébriles, et nous n'avons jamais constaté que le moindre inconvénient pût en résulter.

Le bain doit être pris de préférence le matin vers dix heures et demie ou onze heures, à la

baignoire, dans une salle suffisamment chaude. Il sera simple, plus ou moins médicamenteux, suivant les goûts de chacun approuves par le médecin. Sa température doit être en hiver de 37°. Nous conseillons de le faire durer dix minutes. Au sortir du bain, le patient est essuyé et frictionné fortement dans son peignoir éponge, et, en quittant la cabine, il doit faire une petite promenade avant d'aller s'immobiliser. Dans ces conditions le bain est une excellente chose et peut être renouvelé toutes les semaines.

3° L'hydrothérapie vraie. — Nous considérons que presque toujours les frictions et les bains suffisent amplement à entretenir les fonctions de la peau. Nous ne parlerons pas ici de la douche chaude ou tiède limitée aux membres inférieurs, qu'on emploie pour combattre certains accidents particuliers.

Quant à la douche froide, peu employée en France, envisagée comme moyen hygiénique, nous pensons qu'il faut la réserver pour les tuberculeux en guérison apparente chez lesquels on veut produire un endurcissement énergique. Il ne faut pas oublier que la douche froide, môme dans ces conditions, est un agent qui demande à être manié avec prudence el par une main expérimentée.

§ 2. — Hygiène des voies digestives

Nous entendons parler ici, non pas des indications thérapeutiques s'adressant à tel ou tel cas de dyspepsie, bradypepsie, asthénie gastro-intestinale, etc., mais bien de ce qui doit être cherché pour favoriser le bon fonctionnement de l'estomac et de l'intestin chez tout tuberculeux.

Nous n'insisterons pas sur la nécessité de bien mâcher ses aliments, et sur cette cause si commune de dyspepsie qui réside dans une mauvaise dentition. Le dentiste doit y remédier, et, à son défaut, les aliments devront être finement coupés pour rendre leur digestion plus facile.

Nous avons déjà signalé pour le tuberculeux qui mange bien, la nécessité de boire peu aux repas, et nous avons dit que nombre de malades dyspeptiques se trouvaient fort bien de boire de l'eau à table. Ils voient ainsi disparaître l'état congestif qui suit trop souvent le repas.

En revanche, il n'y a aucun inconvénient à ce que la plupart des malades, à moins de restrictions de la part du médecin, prennent une fois par jour une tasse de café noir, de thé, de camomille. Les infusions chaudes, en petite

quantité, jouent le rôle de précipitants de la digestion. A ce point de vue nous recommandons particulièrement à la fin du repas une tasse d'infusion chaude de marmelade d'oranges, telle que la « Dundee marmelade » des Anglais.

La question de l'alcool, sous toutes ses formes, demande à être étudiée d'un peu près.

Les tuberculeux qui font la cure dans les climats très froids, ou souvent humides et brumeux, comme cela a lieu dans les hautes montagnes ou clans les stations peu élevées des régions du Nord, s'habituent à prendre de l'alcool, souvent même à forte dose répétée plusieurs fois par jour, soit pur, soit mélangé à l'eau ou au lait.

En Allemagne c'est une pratique assez répandue, et les malades ont toujours dans leur poche un récipient spécial contenant une ration d'eau-de-vie.

Il faut convenir que dans les régions très froides, le malade à la véranda de cure, immobilisé souvent à 10° et 15° sous zéro, éprouve le besoin d'absorber un liquide réconfortant, surtout au moment où le soleil disparaît à (horizon.

Dans les sanatoria de moins grande altitude, construits dans des régions peu ensoleillées «h hiver, plus ou moins brumeuses et hu-

mides, l'alcool pris pur ou mélangé au lait joue un peu le rôle de ce même liquide et de l'huile pour les habitants des régions voisines du pôle. La plupart des malades s'en trouvent bien pour la lutte qu'ils ont à soutenir, et c'est là une pratique recommandable.

Mais dans les climats plus cléments, dans les pays plus ensoleillés, plus secs, les tuberculeux n'ont nul besoin de cet auxiliaire d'une façon permanente. Dans des conditions analogues, où nous dirigeons la cure des phtisiques depuis cinq ans, nous n'ordonnons jamais l'alcool à titre de méthode suivie.

En revanche nous permettons volontiers, s'il n'y a pas de contre-indication spéciale, que les malades prennent à la fin du repas une et même deux fois par jour un petit verre à liqueur de bon cognac, ou d'un liquide alcoolique de bonne source, comme la chartreuse. Mais, loin d'en faire une méthode, nous supprimons ces liqueurs dès que nous voyons le moindre signe d'intolérance.

Pendant la période digestive, pour les tuberculeux aussi bien que pour les personnes en bonne santé, il n'y a point de règle fixe pour la prescription de l'exercice ou du repos à la cure. La plupart se trouvent bien d'une courte promenade en sortant de table, mais il y en a toujours un certain nombre qui digè-

rent mieux dans la position couchée ou demicouchée.

Doit-on permettre ou interdire de fumer aux tuberculeux? Ici encore pas de règle fixe. Il est bien évident que l'habitude distrayante de fumer, à condition qu'elle soit modérée et que la fumée ne soit ni déglutie ni inspirée, ne peut avoir aucune action nuisible sur la tuberculose pulmonaire. En dehors de l'abus du tabac, le seul inconvénient de son usage modéré est l'irritation produite par la fumée sur les voies respiratoires supérieures.

Voici notre pratique à ce sujet. Nous permettons le tabac aux tuberculeux qui savent fumer sans tousser, pourvu qu'ils fument seulement après manger, qu'ils n'avalent pas la fumée, et que cela se passe à l'air libre ou dans une pièce largement ouverte. Qu'ils fument cigare, cigarette ou pipe, peu importe.

Mais le tabac est défendu formellement à ceux qui n'ont jamais su fumer sans tousser, et à ceux qui présentent de la pharyngite incitative ou de la laryngite à un degré quelconque.

Au point de vue des fonctions de l'intestin, il en est des tuberculeux comme des gens bien portants. Les uns ont la défécation facile et régulière, les autres sont habituellement constipés, ei l'on voit dans les deux

catégories des malades chez qui tout marche à souhait.

Le tuberculeux devant assimiler au maximum possible, un peu de constipation ne lui est pas nuisible. Celui qui digère bien doit aller à la selle tous les jours et avoir des fèces moulées. C'est le meilleur signe de la bonne absorption intestinale.

Il est rare de voir engraisser régulièrement le malade qui a des selles journalières plus ou moins en purée. A plus forte raison ne faitil rien de bon au point de vue de la nutrition, celui qui a tous les jours de la diarrhée ou seulement deux ou trois selles demi-liquides.

La constipation opiniâtre, qui nous intéresse surtout au point de vue hygiénique, a aussi ses inconvénients et il faut y remédier.

On ne sait pas assez dans le monde, celui des femmes surtout, que neuf fois sur dix, pour obtenir des selles journalières il suffît de vouloir. C'est pourtant la vérité. Le malade qui voudra bien, chaque matin, perdre un quart d'heure de son temps dans l'idée exclusive daller au cabinet, sera tout étonné, au bout de peu de jours, d'obtenir le résultat demandé.

Dans l'expulsion des matières il y a deux éléments : d'abord le besoin naturel qui attire l'attention de l'individu à intervalles varia-

Lies ; ensuite l'ordre cérébral d'expulsion transmise à l'intestin. C'est cet ordre, manifestation de la volonté, que la plupart des constipés ont perdu l'habitude de formuler. Au besoin naturel ils se sont accoutumés à répondre plutôt par Tordre contraire, les femmes surtout. C'est cette faculté de provoquer l'expulsion qu'ils doivent récupérer par la volonté, par une attention soutenue.

Il est quelquefois utile d'aider à cette fonction journalière et matinale. Boire de l'eau en mangeant y contribue souvent. Il est aussi un moyen simple qui rend des services, c'est l'emploi chaque soir d'un suppositoire au vulgaire beurre de cacao.

Si les tuberculeux, en effet, se trouvent bien d'avoir des matières solides, ils peuvent s»1 trouver fort mal de la rétention de ces matières et des efforts nécessités pour les expulser. Sans compter que la défécation pénible peut provoquer des crachements de sang, ces malades sont souvent hémorrhoïdaires et, par les soins de propreté minutieuse, par un fonctionnement régulier du rectum ils doivent chercher à éviter les complications inflammatoires trop fréquentes dans leur maladie.

11 n'est pas moins utile de veillera l'hygiène de la cavité buccale et du pharynx.

),a bouche doit être entretenue dan-- le plu-

grand état de propreté. C'est élémentaire pour les gens bien portants. C'est au moins aussi important pour les tuberculeux. C'est en effet dans la bouche, le pharynx comme dans les fosses nasales, que séjournent, plus ou moins bien arrêtés dans leur marche descendante, les agents d'infection variée véhiculés par l'air extérieur. C'est dans la bouche que tendent à se former toutes ces putréfactions dues aux mucosités bucco-pharyngiennes, sans compter que les débris alimentaires y apportent leur contingent.

Les malades doivent donc avoir grand soin de leur bouche. Le nettoyage des dents est naturel soir et matin, le soir tout au moins. Mais il faut de plus, après chaque repas, et entre les repas, si l'on boit du lait par exemple, se rincer la bouche, se gargariser la gorge pour enlever tous les détritus alimentaires. Cela a une grande importance en particulier pour les malades soumis au régime lacté. Le lait resté dans la bouche fermente de suite, et il en résulte rapidement un dégoût pour ce liquide.

Nous ne connaissons rien de meilleur et de plus simple pour cette toilette de la bouche et de la gorge, que les eaux alcalines fortes, telles que Vichy, Vais, Le Boulou.

Presque tous les tuberculeux ont à un cer-

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tain degré de la pharyngite chronique. En dehors des poussées aiguës qui nécessitent un traitement approprié, il est bon, quand ces symptômes pharyngés deviennent gênants, de continue ou par intermittence, que les malades se gargarisent plusieurs fois par jour. Les solutions boratées, phéniquées leur conviennent fort bien.

11 nous arrive assez souvent d'apprendre à certains tuberculeux à se toucher eux-mêmes le pharynx avec un blaireau trempé dans un collutoire approprié.

§ 3. — Hygiène des voies respiratoires supérieures.

Il est très fréquent de voir chez les tuberculeux des états anormaux des fosses nasales. Presque tous ont plus ou moins de rhinite sèche, ils ne mouchent point ou fort peu. En revanche, le matin au réveil leur premier travail est d'avoir une secousse de toux pharyngée destinée à l'expulsion dune ou de plusieurs grosses mucosités qui pendant la nuit se sont accumulées sur la paroi postérieure du naso-pharynx.

Certains malades ont le nez presque constamment obstrué, dorment en conséquence la bouche ouverte, d'où l'entretien de leur in-

flammation pharyngée. Il est vrai que les inconvénients inhérents à cette rhinite s'atténuent beaucoup par l'habitude d'être couché la fenêtre ouverte. Mais en général c'est insuffisant comme remède.

Assez souvent au réveil il y a expulsion de mucosités sanguinolentes, en même temps qu'un saignement de nez véritable ou simplement du sang sur le mouchoir si le malade se mouche. Il en résulte de faux crachements de sang qui mettent plus ou moins les patients en émoi.

Nous avons vu plusieurs malades chez qui le diagnostic entre ces crachements de sang venant du naso-pharynx et le crachement de sang venant du poumon ne laissait pas que d'être assez délicat. Evidemment il s'agissait toujours de la présence de ce liquide en petite quantité dans les crachats au réveil ou même dans la journée, et la chose n'était pas grave en elle-même. Mais comme souvent les crachements de sang abondants débutent ainsi, il est important de bien connaître ces fausses hémoptysies pour ne pas s'effrayer inutilement.

Bon nombre de tuberculeux ont donc besoin d'un petit traitement hygiénique de leur naso-pharynx. Ce que nous recommandons en général est fort simple.

L'acide borique porphyrisé, mis sur la muqueuse nasale, a pour propriété de faire sécréter rapidement cette muqueuse.

Au bout de quelques minutes, il se produit une certaine humidité dans le nez et un besoin de se moucher sans éternùmenl.

Nos malades prisent donc fréquemment de l'acide borique en poudre. Nous leur recommandons d'aspirer doucement d'abord cette poudre par chaque narine; et quelques instants après, ils la font progresser plus profondément par une aspiration plus prolongée, jusqu'à ce qu'il en arrive au fond du pharynx.

En outre, le soir en se couchant, ces mêmes malades s'enduisent l'intérieur des narines avec delà vaseline boriquée. Pendant la nuit, la position horizontale aidant, ce corps gras l'use dans les fosses nasales, les maintient onctueuses et prévient la formation des croûtes.

Dans certains cas enfin, on aura recours aux irrigations nasales faites avec le siphon de Weber. Mais nous conseillons de n'employer ([uc l'eau bouillie salée qui n'offre aucun inconvénient et suffit à remplir la plupari des indications.

Grâce à ces petits moyens fort simples, les malades tiennent leurs fosses nasales perméables autan! qu'il est possible.

C'est dans le même but et aussi dans celui d'entretenir un certain degré d'humidité dans les fosses nasales, le pharynx et l'orifice du larynx, sans compter que la trachée et les bronches y trouvent leur compte, que nous recommandons beaucoup les pulvérisations naso-bucco-pharyngées avec respiration complète dans le jet de vapeur d'eau.

Il est facile aujourd'hui de se procurer à prix minime de charmants et excellents appareils à pulvérisation. Aussi les malades ne doivent-ils pas se priver de cette médication avantageuse.

Nous croyons que ces pulvérisations agissent surtout par la poussière d'eau qu'elles permettent au malade d'inspirer, et que leur action est comparable à celle des émollients appliqués sur une région enflammée et douloureuse.

Mais on a l'habitude de faire véhiculer par l'eau du pulvérisateur des liquides médicaments variés. Le tout est qu'ils soient le plus anodins possible.

Nous déconseillons absolument les pulvérisations faites avec des liquides irritants et caustiques, et spécialement avec la créosote à haute dose.

Il fut de mode, il y a quelques années, de faire respirer de temps en temps aux tubercu-

leux de l'air qui avait barboté dans une solution créosotée. Nous avons observé maintes fois l'apparition de stries de sang dans les crachats à la suite de quelques séances fort courtes de ces inhalations. Nous avons mis hors de doute le rapport de cause à effet dans <cs circonstances.

Nous préférons de beaucoup comme agents médicamenteux à introduire dans ces appareils les principes balsamiques, l'eucalyptol principalement.

Dans ces derniers temps on a mis en pratique des appareils très perfectionnés qui volatilisent et projettent en vapeur sèche ces divers balsamiques. Il [tarait y avoir là un progrès remarquable pour la méthode des inhalations médicamenteuses. Mais il faut attendre que l'expérience ait prononcé sur la valeur de cette nouvelle médication locale des voies respiratoires.

En Allemagne on emploie beaucoup un petil appareil appelé inhalateur nasal, dont l'usage commence à se répandre en France. C'esl nu assemblage de deux tubes courts eu aluminium destiné à être introduit dans les narines où il se maintient de lui-même.

La cavité <l<-s tubes peut se charger avec des liquides volatils variés.

Beaucoup de gens s'imaginent qu'en inspi-

rant par le nez avec cet appareil chargé de liquides antiseptiques, ils se préservent des contagions diverses du milieu où ils se trouvent. C'est beaucoup d'honneur faire à ces inhalateurs nasaux, et c'est aussi les rabaisser que de les mettre au niveau de l'ancienne cigarette de camphre qui préservait de toutes les maladies. Il faut laisser cependant aux malades cette douce illusion, car cela ne peut nuire en rien de respirer des parfums variés au moyen de ces inhalateurs.

Nous trouvons, quoi qu'il en soit, ces petits appareils excellents, non pas dans les rhinites chroniques, mais dans les coryzas aigus ou subaigus, lorsqu'on les charge de menthol; ils trouvent aussi leur indication lorsque l'irritation pharyngo-laryngée s'accompagne de toux spasmodique et de spasmes qui se rapprochent des phénomènes de l'asthme.

Le petit appareil à menthol de Lubet-Barbon rend également des services clans ces circonstances.

Dans l'hygiène des voies respiratoires rentre la gymnastique des poumons.

On peut poser en principe que la moitié des tuberculeux ne savent pas respirer ; et ce défaut a dû certainement jouer un rôle dans la pathogénie de leur maladie. Les sommets de leurs poumons ne se sont jamais dilatés,

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ils sonl demeurés presque à l'état de région

neutre Il en est résulté une sorte de terrain vague sur les confins du champ respiratoire, coin perdu, jamais largement balayé par le courant aérien, et dans lequel, comme des herbes de mauvaise nature, les bacilles trouvent leur milieu de végétation.

Il faut apprendre aux malades à faire pénétrer l'air et à le faire circuler dans ces régions pulmonaires ; il faut leur enseigner à se servir de ces sommets dont ils n'ont jamais soupçonné Futilité et même l'existence.

\inis n'avons pas à décrire les diverses manœuvres employées dans ce but. Mais nous recommanderons un exercice bien simple et souvent bien suffisanl pour développer l'amplitude pulmonaire en général et augmenter la perméabilité aérienne des sommets en particulier.

I)ciix ou trois fois par jour, le malade, assis de préférence, sa montre en main, fait pendant 5, 10 minutes et plus si le médecin le juge convenable, un nombre déterminé d'inspirations régulièrement espacées, soit 10 à 12 par minute. Ces inspirations se font par le nez de préférence, et le patient doil apprendre à les effectuer de bas en haut, c'està-direen amplifiant d'abord les régions inférieures et moyennes du thorax pour ne dilater

et élever la partie supérieure de sa poitrine qu'à la fin de l'inspiration, en introduisant lentement et graduellement dans ses poumons autant d'air qu'il peut le faire, sans cependant aller jusqu'à la gêne ou la secousse de toux.

C'est là une manœuvre fort simple et qui s'apprend facilement en deux ou trois leçons.

Chez certains malades rebelles, on ne sait trop pourquoi, à cette éducation, on se trouve bien d'employer concurremment le courant faradique sur les muscles du thorax.

Nous devons déclarer que nous ne sommes guère partisan de la gymnastique pulmonaire combinée avec les mouvements rythmés des bras, comme la pratiquent les élèves d'un gymnase, et que ça et là on conseille aux tuberculeux. Il y a trop de connexions entre la plèvre des sommets et l'insertion des membres supérieurs. Ce genre de gymnastique rentre dans les exercices des bras que nous interdisons aux malades porteurs de lésions actives ou récemment cicatrisées.

§ 4. — Hygiène de la toux.

Tous les tuberculeux toussent plus ou moins. Mais il y a chez ces malades deux sortes de toux, la toux utile et celle qui ne sert à rien.

La loux utile est celle qui a pour résultat d'expulser au dehors le crachat rassemblé en bloc et chassé par l'irritabilité des bronches. Elle est plus ou moins pénible et quinteuse suivant les sujets, et il en est qui ne toussent pour ainsi dire pas pour cracher. Ils ont une simple secousse des bronches, delà trachée et du pharynx et c'est tout.

La toux inutile est celle qui n'a pas pour résultat d'expulser les crachats. La plupart des malades livrés à eux-mêmes prennent l'habitude inconsciente de tousser par quintes drs qu'ils sentent vers le larynx, la trachée ou dans la poitrine le moindre chatouillement. Quelquefois cela se termine par une expectoration, mais trop souvent par rien du tout, sinon une fatigue énorme, de la congestion céphalique, et même par un vomissement.

D'autant plus que cette toux soi-disant destinée à l'aire cesser son chatouillement provocateur a simplement pour effet d'irriter, de congestionner les voies respiratoires supérieures et d'entretenir la quinte. Il n'y a pas de raison pour que cela finisse.

Il est des malheureux tuberculeux qui passent ainsi une partie de la journée et de la nuit, sans pouvoir s'allonger, au milieu de quintes dé loux épouvantables. Et la première chose qu'ils disent au médecin c'est (pic celle

toux opiniâtre les empêche de manger et leur fait rendre le peu d'aliments qu'ils prennent.

Comparez à cet état déplorable de beaucoup de malades, ce qui se passe dans les sanatoria. Allez assister à un repas de table d'hôte où 50, 100 tuberculeux sont réunis. Vous entendrez pendant l'heure que dure le repas une, deux quintes de toux, quelquefois pas du tout. Promenez-vous devant la véranda où les malades font leur cure, et vous entendrez fort peu de quintes pénibles, mais bien plutôt des secousses de toux juste suffisantes pour amener les expectorations. Les grandes quintes s'observent surtout chez les malades quand ils avalent de travers ou quand ils rient un peu trop énergiquement.

Gomment ce résultat remarquable est-il obtenu ? Simplement par la discipline de la toux à laquelle on soumet les tuberculeux dans les sanatoria. En quelques jours on leur apprend à supprimer la toux inutile.

Il suffît pour cela de résister au besoin de tousser. Le malade s'étudie d'une part à ne pas répondre au chatouillement gênant dont nous avons parlé, et d'autre part à retenir la toux lorsqu'il sent que l'expectoration va se produire. Il attend que le crachat se détache seul et n'ait plus besoin que d'une ou deux secousses pour être expulsé.

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Kl c'est aussi simple en pratique qu'en théorie. Les premiers jours le patient est ohligé d'avoir son attention à tout instant éveillée pour celte petite manœuvre, mais bientôt cela devient purement instinctif et inconscient.

Cette discipline de la toux s'acquiert naturellement plus vite dans un sanatorium que si le malade se soigne isolément, car l'exemple des voisins de cure est là qui joue un rôle suggestif dans cette espèce d'éducation. Mais tout tuberculeux de bonne volonté peut y arriver en très peu de temps.

Gomme moyen adjuvant pendant les premiers jours, le médecin peut prescrire, espacées régulièrement dans les vingt-quatre heures, quelques doses minimes d'opium qui est toujours le médicament par excellence de la toux. L'opium supprime en effet le besoin de tousser. Au bout de peu de temps il devient inutile et on le réserve alors pour la nuit, chez les malades que leur expectoration abondante réveille quand même trop souvent.

Pour nous nous n'employons jamais d'autre médicament contre la toux que l'extrait thébaïque en pilules d'un centigramme. Nos tuberculeux en ont toujours une boite sur eux. C'est une excellente précaution, d'abord pour les malades <|iii ont besoin de diminuer la

fréquence de leur toux, et ensuite d'une façon accidentelle pour ceux qui à un moment donné voient apparaître un peu de sang dans leurs crachats. Dans ce cas, en attendant autre chose, ils savent qu'ils doivent prendre de suite quatre ou cinq de ces pilules en même temps qu'ils gardent un repos absolu.

On trouve quelques personnes qui n'avalent que très difficilement les plus petites pilules. Nous les remplaçons alors par une solution d'extrait thébaïque dans l'hydrolat de lauriercerise au titre de 0gr, 01 centigramme par cuiller à café.

L'opium n'est pas seulement le grand remède contre les toux des phtisiques ; il a aussi pour action évidente de diminuer l'expectoration comme quantité, en outre qu'il la rend moins fréquente en diminuant le besoin de tousser.

On a dit beaucoup de bien de ce médicament dans la phtisie ; on en a dit aussi du mal. Pas assez de bien, croyons-nous, et beaucoup trop de mal.

On accuse l'opium de couper l'appétit des malades, de les constiper et de leur faire mal à l'estomac. Tout arrive évidemment et l'on trouve des tuberculeux qui sont incommodés de façon ou d'autre par des doses même faibles de ce médicament. Mais il faut songer

qu'il en est de môme pour toutes les drogues, et s'il fallait en supprimer le bénéfice à tout le monde parce que tel patient ne les supporte pas, on ne voit pas trop quel médicament pourrait être employé.

La vérité est que l'opium fait manger beaucoup de malades, parce qu'il supprime la toux pendant et après le repas; qu'il est excessivement rare de pouvoir lui attribuer des douleurs d'estomac lorsqu'il est absorbé à petites doses répétées ; que nous ne l'avons jamais vu entraver la digestion ; et que chez les tuberculeux ambulants il provoque bien rarement une constipation dont il faille s'occuper.

L'opium est une de ces drogues sur lesquelles on peut compter, et elles sont si raies ! Mais il faut le donner à dose suffisante pour abattre la toux.

Beaucoup de malades, élevés comme tout le monde en général, dans une sainte terreur de l'opium, sont au début assez peu disposés à l'accepter comme médicament. Mais le bienêtre qu'ils en retirent de suite les débarrasse promptement de ce préjugé. C'est encore à l'opium que nombre de patients doivent de passer des nuits convenables, au moins au début de leur traitement, non pas lant parce que ee médicament leur apporte le sommeil, suivani ^;i définition bien connue, que parce

qu'il supprime ou diminue la toux et l'expectoration qui les empêchaient de dormir.

§ 5. — Hygiène des crachats.

L'hygiène de l'expectoration doit être envisagée d'abord pour le malade lui-même et ensuite pour les autres.

En premier lieu, les tuberculeux doivent rejeter au dehors leurs crachats. Ordinairement ils n'ont pas besoin qu'on le leur dise, car d'instinct et par goût ils savent fort bien que pour eux-mêmes il est plus propre d'expectorer au dehors que de déglutir les matières plus ou moins purulentes qui viennent de leurs poumons.

Mais parmi les malades qui crachent d'habitude quand ils sont seuls, il y en a qui par une sorte d'amour-propre mal placé se dispensent d'expectorer quand ils sont en société. La manœuvre est d'ailleurs fort simple. Dès que le crachat est arrivé à l'orifice du larynx, un mouvement de déglutition imperceptible le fait passer dans l'œsophage. C'est sale, cela a mauvais goût, mais personne n'y voit rien.

Il y a surtout les malades qui n'expectorent jamais. Le sexe féminin a plutôt la spécialité de cette façon de faire. Au début de sa maladie, quand l'expectoration est insignifiante, on

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prend l'habitude d'avaler ses crachats, sous prétexte qu'il est sale et inconvenant de cracher; plus tard on continue inconsciemment pour ainsi dire, quelle que soit l'abondance du pus que sécrète la lésion du poumon. Aussi nombre de jeunes filles, jeunes femmes et jeunes gens même arrivent à être gravement atteints par la phtisie sans qu'on s'en doute dans leur entourage. Ils ne crachent jamais!

Pas mal de jeunes malades se donnent cette illusion par coquetterie, tout en sachant fort bien que leur poitrine est touchée.

Ce qu'il faut bien savoir, c'est que le résultat de cette façon de faire est absolument déplorable.

Les crachats du phtisique contiennent des matières putrides qui, arrivées dans l'estomac et l'intestin, altèrent l'appétit, la digestion et donnent la diarrhée fort souvent ; nous avons vu et tous les médecins ont vu des dyspepsies et des diarrhées de tuberculeux s'arrêter dès que les malades accoutumés à déglutir leurs crachats apprenaient à expectorer au dehors. En outre. ces mêmes crachats contiennent des bacilles de Koch. Et il est parfaitement démontré que ces micro-organismes s'ils échappent à l'action destructive des fermentations de la digestion, peuvent se greffer sur l'intestin,

produisant ainsi l'éclosion d'une tuberculose de cet organe.

Il y a donc danger pour le malade luimême à avaler ses crachats. Par conséquent, les tuberculeux, comme nous l'avons dit plus haut, doivent expulser au dehors leurs expectorations.

Jusqu'à l'époque où la contagion de la phtisie fut franchement démontrée et acceptée par les médecins, personne ne se souciait de la destinée des crachats tuberculeux. On crachait par terre, dans son mouchoir, sans s'occuper d'autre chose.

Mais aujourd'hui qu'il est bien certain que l'expectoration des phtisiques est l'agent de la contagion, il est du devoir de tout tuberculeux averti de la nature de sa maladie, de ne pas laisser égarer ses crachats. Et comme ceux-ci contiennent par millions les bacilles néfastes, il ne doit pas, autant que possible en laisser s'égarer même des parcelles.

De là la nécessité pour le malade de la poitrine de cracher proprement et de recueillir ses crachats avec soin.

Il doit se servir d'un récipient quelconque de substance imperméable qui par conséquent se lavera facilement. Le plus simple est d'avoir un crachoir en porcelaine qui sera toujours garni d'une couche d'eau à l'intérieur

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I If) LE TRAITEMENT RATIONNEL DE I..V PHTISIE.

pour empêcher la dessiccation des matières purulentes et pour faciliter le nettoyage. A la maison, rien de plus facile que d'avoir un de ces instruments par terre ou sur une table toujours à sa portée, jour ei nuit .

Mais au dehors la question se complique. Les malades en liberté, avec leur insouciante ignorance, crachent régulièremenl par terre ou dans un mouchoir. Les bacilles répandus sur le sol, une fois desséchés, sont disséminés dans l'atmosphère et vont contribuer à la contagion de tout le monde. Les bacilles desséchés dans le mouchoir s'en sont à la maison du malade cl servenl plus spécialement à contagionner la famille, les amis, le personnel et les blanchisseuses.

Dans les établissements où bon soigne avec méthode les phtisiques, il en est tout autrement. Là il es! interdit de cracher par terre ou dans son mouchoir. Les malades soni tous munis d'un crachoir de poche. De sorte que jamais leurs expectorations ne - égarenl .

Le crachoir de poche, qui jusqu'à présent est le seul remède connu à la contagion de la tuberculose, le seul agent prophylactique efficace, nous vient d'Allemagne, «lu pays naturellement où a été institué avec méthode le traitement hygiénique de la tuberculose.

Nous pensons l'avoir introduit le premier en France en 1889.

Le modèle courant actuellement est celui du grand maître en phtisiothérapie, le docteur Dettweiler de Falkenstein im Taunus. C'est un flacon en verre bleu de forme élégante, muni d'armatures métalliques lui permettant de se fermer hermétiquement, de se renverser sans inconvénient et de se nettoyer le plus facilement du monde.

Etant admis que le tuberculeux est muni de ces crachoirs variés, il faut par sa façon d'expectorer qu'il ne rende pas ces instruments inutiles. Nous voulons dire par là qu'il doit recueillir par leur moyen tous ses crachats sans en perdre des parcelles.

Pour cracher proprement, il doit attendre que toute la matière expectorée soit bien rassemblée dans sa bouche et alors il la projette doucement dans le crachoir. Avec des précautions, il évitera d'envoyer sur ses mains et sur ses vêtements des parcelles égarées, des éclaboussures. Et quand il est à la maison, il pourra même avoir le soin de se rincer la bouche ensuite avec une gorgée d'eau qu'il rejettera également dans le crachoir. Car si> après avoir expectoré, il s'essuie immédiatement la bouche avec un mouchoir, cet objet de toilette sera presque sûrement infecté !

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Cette précaution de se rincer la bouche H les lèvres en même temps est surtout importante pour les malades qui ont la manie d'embrasser les enfants ou qui son! susceptibles d'embrasser leurs proches. Car ces! de cette façon que la tuberculose peu! se transmettre à la peau <lu visage.

Il faut avouer qu'au poini de vue du séjour des bacilles dans le voisinage des lèvres. l'homme avec ses moustaches est bien plus dangereux que la femme. On peut dire que le tuberculeux qui a de longues moustaches a toujours plus ou moins le pourtour de la bouche infeclé de bacilles. Quel que soit le regret qu'il puisse avoir de perdre ces ornements de sou visage, il devrait toujours les faire abattre, ou au moins couper au ras de la lèvre supérieure. Dans ces conditions, avec de grands soins de propreté, il réduirait au minimum les chances de dissémination des bacilles.

Les expectorations de la journée el de la nuit ainsi bien récoltées doivent être détruites. Il y a surtout trois procédés pour obtenir ce résultat, les acides violents, le feu H les pu tréfactions dans les fosses d'aisances (ixes.

Il ne i ; i lit pas trop se fier aux liquides dits antiseptiques donl on garnit le fond des crachoirs, car l<-> crachats iI-mims, volumineux

sont bien lentement pénétrés par ces liquides.

Les acides destructeurs ou autres caustiques sont toujours dispendieux et désagréables à manier pour les particuliers.

Si l'on a des fosses fixes il faut tout simplement y jeter le contenu des crachoirs et l'eau de leur nettoyage.

On peut aussi le verser tous les jours dans un vase imperméable garni de sciure de bois. Il se fait ainsi une pâte que l'on peut brûler de temps en temps dans la cheminée.

Pour nous, ayant à notre disposition une usine à gaz, nous brûlons simplement toutes les expectorations dans le foyer toujours incandescent. Ce procédé simplifie beaucoup la question toujours importante de la destruction des crachats dans les établissements où vivent beaucoup de tuberculeux.

§ 6. — Hygiène de la sécrétion urinaire.

Dans la tuberculose comme dans toutes les maladies, c'est élémentaire pour le médecin de surveiller l'état de la sécrétion urinaire, aussi bien au début du traitement auquel on va soumettre le malade que pendant le cours de ce traitement. Il y a là une question de diagnostic dès le début et d'indications pronostiques et thérapeutiques pour la suite.

lOU LE TRAITEMENT RATIONNEL DE LA PHTISIE,

Il est de toute nécessité de s'assurer que le malade n'élimine ni albumine, ni sucre, pour ne parler que des deux diabètes les plus importants.

A l'époque où nous sommes, où la créosote el ses congénères sont les médicaments couramment employés et à des doses souvent élevées, l'examen des urines est de rigueur à peu près journellement, à cause des renseignements que donne surtout la coloration du liquide pendant un traitement créosote plus ou moins intensif.

Chez les tuberculeux apyrétiques, une fois que le premier examen des urines a établi leur caractère de normalité ou à peu près, il n'y a plus guère à s'en préoccuper que s'il survient un incident quelconque.

Mais les malades fébriles se préoccupent souvent de la coloration foncée et de l'état trouble de leurs urines, comme des dépôts variés qu'elles formenl par refroidissement.

Outre que le médecin doit rassurer son patient en lui disant que cela est le résultai de la fièvre el que toui cela changera dès que cetle fièvre se modifiera, il doil aussi puiser dans ces caractères de l'urine des indications pronostiques ei thérapeutiques.

Le lait donné comme aliment supplémentaire entre les repas ajustement pour effet de

faciliter la filtration rénale et par conséquent l'élimination des poisons organiques, d'augmenter la quantité des urines et de les rendre moins hautes en couleur et moins chargées, ce qui joue un rôle pour le moral des malades.

Un peu d'eau alcaline naturelle donnée aux repas pendant quelques jours contribuera également à ce résultat.

D'une façon générale d'ailleurs, dès qu'un malade se met au lit pour un incident fébrile quelconque, nous lui faisons absorber dans la journée une dose raisonnable de lait, un litre à un litre et demi par exemple, toujours dans le but de faciliter la dépuration organique par la sécrétion rénale.

§ 7. — Hygiène de la période menstruelle.

Nombre de femmes, sans être tuberculeuses, doivent rester couchées pendant leurs périodes menstruelles. Il est clair que si ces femmes deviennent phtisiques, il ne faut rien changer à cette habitude de leur organisme.

Mais il y a toute une catégorie de tuberculeuses auxquelles il faut imposer le repos complet au lit à l'époque de leurs règles. Ce sont en général les femmes qui, à leurs époques, éprouvent des manifestations plus ou

moins congestives vers un organe quelconque hors de la sphère génitale.

Sans entrer dans des détails sur la théorie pathogénique de ces accidents, il suffit de savoir (jue ce qu'il y a le plus à redouter pendant les règles, ce sont les hémorrhagies pulmonaires, le poumon chez les tuberculeuses étant le point faible sur lequel se porte l'effort congé stif.

Nombre de femmes phtisiques ont régulièrement quelques filets de sang dans leurs crachats à chacune de leurs époques. D'autres ont de véritables hémoptysies plus ou moins graves.

Le meilleur moyen de prévenir de pareils accidents est d'imposer le séjour au lit dès l'apparition des règles. Très souvent cela suffit pour supprimer ces crachements de sang périodiques. Mais lorsqu'on a assisté une fois chez une malade à une hémoptysie menstruelle sérieuse, il est bon d'intervenir quelques jours avanl l'époque supposée, en imposant le repos tout d'abord et en faisan I prendre à la malade les médicaments connus pour modérer les actions circulatoires réflexes d'origine utérine.

L'apparition delà tuberculose chez la femme est souvent l'occasion d'un dérangement dans les menstrues. Il y ;» tantôt suppression in-

lermittente, tantôt suppression totale, même dans les premières périodes de la maladie. Les femmes tuberculeuses doivent savoir que leurs époques reprendront leur régularité, leur abondance ordinaire, quand se manifestera une amélioration notable de leur état général, à mesure qu'elles marcheront vers la guérison.

Aussi la règle est de s'abstenir de toute intervention destinée tout spécialement à provoquer le flux menstruel.

Il peut arriver cependant que des femmes, n'ayant plus leurs règles depuis plusieurs mois, conservent à chaque époque où celles-ci devraient se montrer, des accidents nerveux et des symptômes douloureux locaux indiquant que le molimen hémorrhagique existe encore. Cet effort de l'organisme qui n'aboutit pas au flux habituel, il est parfois indiqué de l'aider par les moyens externes et internes appropriés sur lesquels nous n'avons pas à insister.

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