‹ Traitement rationnel de la phtisieChapitre 8 sur 19 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Tous les traitements institués de temps immémorial dans le but de guérir la phtisie se rangent sous deux chefs : le traitement médicamenteux et le traitement hygiénique.

On peut dire qu'on a donné de tout temps aux phtisiques les médicaments les plus variés et les plus invraisemblables, que la médication fût dirigée scientifiquement ou par le plus pur empirisme populaire, sans compter l'élément superstitieux qui s'y mêlait souvent. On peut dire aussi que tout ce qui peut être décoré du nom de remède y a passé, que ce fût drogue à prendre ou à se mettre sur la peau. Ce qui prouve malheureusement, avec la dernière évidence, que jamais on n'a eu en main un remède sûr.

De tout temps aussi, les médecins les plus avisés joignaient à cela des principes d'hygiène excellents. Et de temps en temps un phtisique guérissait.

Lorsque le bacille de Koch, regardé comme l'agent actif de la tuberculose, fut découvert il y a une douzaine d'années, les expériences de laboratoire démontrèrent qu'une foule de procédés chimiques et physiques tuaient in vitro ledit bacille ou atténuaient fortement sa puissance de reproduction. Et ce fut alors comme un débordement de médications qui toutes avaient la prétention d'aller dans les tissus de l'homme tuerie bacille de Koch, ou atténuer son action malfaisante. Mais tout cela fut bien vite abandonné pour cette raison fort simple que les agents capables de tuer le microbe au laboratoire à une dose ou mieux à un titre de solution donné, auraient d'abord détruit les tissus de l'homme si on les eût administrés au même degré de concentration.

De tout cela qu'est-il resté? Une drogue regardée jusqu'à un certain point comme antibacillaire, la créosote et ses dérivés. On les administre par l'estomac, par le poumon, par le rectum, en frictions sur et en injections sous la peau. C'est encore là, comme disent nos maîtres en clinique, ce qu'on a trouvé de mieux et de moins mauvais.

Il faut constater que les opinions sont fort partagées sur l'action de la créosote et de ses dérivés. Les uns persistent à lui attribuer une action spécifique contre le bacille ; les

autres la regardent comme un simple agent de médication générale et locale, contribuant d'une part à relever l'économie à l'instar des médicaments dits dynamiques ou excitants des fonctions digestives, et d'autre part à modifier les sécrétions des bronches.

Il faut constater aussi que si la créosote avait une action vraiment antibacillaire, c'est dans les formes de tuberculose à bacillose active, aiguë ou subaiguë, plus ou moins fébriles, que théoriquement elle devrait faire merveille. Et c'est justement dans ces formes qu'on recommande en général de ne pas l'employer.

A côté de ce médicament à réputation spécifique, se placent les agents dits toniques, modificateurs de l'état général. C'est encore l'arsenic et l'huile de foie de morue qui tiennent la tête de la série. Y ajouterons-nous les phosphates variés?

Voilà où nous en sommes à peu près du traitement médicamenteux de la phtisie.

Mais les travaux de laboratoire, qui ont suivi la découverte du bacille de Koch, ont tenté de faire pour la tuberculose ce que la science pasteurienne a si bien fait pour une série d'autres maladies de l'homme et des animaux. Ce qu'on poursuit surtout de tous côtés, c'est la recherche des vaccins préven-

tifs et curatifs des maladies infectieuses. Et la découverte récente du sérum antidiphthéritique doit nous donner confiance dans l'avenir. Peut-être sommes-nous à la veille de la découverte du sérum antibacillaire ou de quelque chose d'analogue. Cette découverte, l'humanité doit l'appeler de tous ses vœux.

Etant donné que les agents médicamenteux capables de tuer les bacilles de Koch ne peuvent être employés à des états de concentration suffisante pour obtenir ce résultat, sans nuire à nos tissus, il y a lieu de mettre son espoir dans la médication vaccinale. Car il ne s'agit plus de tuer les bacilles par un agent chimique, mais bien de les rendre inoffensifs et inaptes à la repullulation, en injectant dans le sang de l'homme des liquides organiques qui font de ce sang un milieu impropre à la culture de ces microorganismes.

Il ne faudrait pas, quand on parle de ces grandes découvertes à venir, hausser les épaules et demeurer trop sceptique, en arguant des tentatives précédentes pour arriver à la vaccination antibacillaire.

Il est vrai que les inoculations de Koch, il y a cinq ans, ont été bien souvent néfastes. Mais son liquide était un réactif de la tuberculose et non pas probablement un agent curatif. Heureux quand il n'a pas élé un

agent pathogène ou simplement provocateur de la terminaison fatale ! Il en est resté cependant une application utile dans la médecine vétérinaire, pour le diagnostic de la tuberculose chez certains animaux domestiques.

De tous côtés l'on est à la poursuite de la fameuse panacée et nous avons la ferme conviction que l'on arrivera. Mais, d'ici là. nous en sommes réduits à employer contre la phtisie ce qu'il y a de moins mauvais comme agents médicamenteux.

Ce n'est pas d'aujourd'hui que les médecins joignent à ces médications variées des conseils d'hygiène plus ou moins bien comprise. Dans Hippocrate on les trouve tout au long.

Gela se bornait en général à prescrire aux gens fortunés d'aller habiter un climat doux et égal, loin des villes, aux champs ou au fond des bois, le plus souvent dans le Midi. La notion de rhume, de bronchite chronique dominant les idées régnantes, on recommandait les pays chauds, tout comme on prescrivait à un enrhumé vulgaire de se tenir chaud à la chambre. Le phtisique s'en allait l'hiver au pays du soleil, sortait sous le ciel bleu, et, l'astre bienfaisant disparu, rentrait se calfeutrer chez lui. Heureux ceux qui, le repos

aidant, n'ayant point de fièvre, se nourrissaient abondamment. Il en guérissait quelquesuns. Mais la plupart perdaient en été ce qu'ils pouvaient avoir gagné l'hiver, et s'éteignaient après quelques voyages annuels dans ces régions du Midi. Sans compter le grand nombre de ceux qui, entraînés par les plaisirs qu'offrent ces grandes cités méridionales, mouraient plus vite qu'ils ne l'eussent fait ailleurs.

Xous avons l'air de parler d'autrefois, mais aujourd'hui encore il en est trop souvent ainsi. Quand on est un malade riche on va passer ses hivers dans le Midi ; l'été on revient dans ses terres, on chasse, on court à cheval et en voiture, etc. Quand on a ainsi passé un nombre d'années variable, on meurt là ou làbas. Et personne ne s'en étonne, car c'est tellement dans les croyances ! « Un tel est mort, dit-on; c'est vrai, il y avait plusieurs années qu'il allait tous les hivers dans le Midi ! »

Mais, depuis quelques années, il est assez fréquent qu'après quelques-uns de ces voyages au pays du soleil, voyant que l'on ne va pas mieux, on se décide à aller dans un de ces établissements spéciaux où l'on soigne méthodiquement la phtisie. Mais neuf fois sur dix il est trop tard.

Il ne faudrait pas conclure de cela que tous les malades qui vont hiverner dans le Midi meurent fatalement. C'est heureusement une règle qui a ses exceptions.

C'est qu'il ne suffit pas d'aller voir le ciel bleu quand il fait de la brume ailleurs ; il ne suffit pas de se chauffer au grand soleil du Midi quand on gèle dans le Nord, pour tuer ses bacilles. Pour se guérir de la tuberculose il faut faire quelque chose, et ce quelque chose est tout le contraire de l'inertie.

Sur quoi repose donc le traitement de la phtisie pulmonaire? Le voici.

Tout d'abord la théorie des causes de la maladie nous apprend que l'on devient tuberculeux parce que l'on tombe en déchéance organique, parce que l'on devient un terrain favorable à la culture du bacille de Koch, en perdant ses moyens naturels de défense contre l'attaque de cet ennemi qui nous guette sans cesse.

Partant de là, théoriquement aussi, tant que nous n'aurons pas de médication spécifique, il faut, puisque nous devenons tuberculeux par affaiblissement, par usure, il faut, comme on dit vulgairement, faire machine en arrière, tant qu'il est en notre pouvoir ; il faut relever notre organisme déchu. Tout ce dont nous disposons comme agents hygiéniques,

comme agents thérapeutiques ayant fait leurs preuves pour régénérer l'organisme humain, doit être employé dans ce but. Et, s'il en est encore temps, si la tuberculose pulmonaire est à l'état de lésion localisée, si, en outre, l'organisme touché conserve assez de ressort pour répondre à l'action de ces agents curateurs, le succès viendra couronner les efforts.

Tout cela c'est de la théorie. Mais que nous apprend l'expérience?

Les guérisons réputées miraculeuses de certains phtisiques, que tout le monde connaît, par quel moyen ont-elles été obtenues''

Ici c'est un jeune homme ayant une situatiôn à la ville; il s'est épuisé soit par le travail, soit par les excès de toute nature ; il est devenu phtisique. 11 a trouvé un médecin qui a fait de lui un campagnard, au moins pour quelque temps.

Là c'est un commerçant qui, atteint de tuberculose, a quitté du jour au lendemain la ville et ses affaires et est allé manger ses quelques rentes dans un trou de campagne quelconque.

Et ces exilés volontaires y ont mis le temps. mais ils se sont guéris.

An Fond, qu'ont-ils l'ail? Ils ont quitté l'hygiène déplorable des villes, leur atmosphère empestée, les plaisirs cl les fatigues, le souci des affaires. Ils ont échangé tout cela contre

du repos, de l'air constamment pur, de la tranquillité d'esprit; l'appétit leur est revenu, leur assimilation s'est refaite, ils ont engraissé, ils sont devenus plus forts que les bacilles qui les rongeaient; ils ont rétabli leur équilibre organique et par suite leurs moyens de défense naturelle. Ils ont lutté et sont restés vainqueurs . Ils ont pris ou non des médicaments. Jadis c'était l'huile de foie de morue qui était en honneur. Heureux ceux qui pouvaient la supporter à haute dose ! C'était le meilleur auxiliaire de l'hygiène nouvelle qu'ils suivaient. Car c'est l'hygiène qui les a guéris, et c'est leur exemple qu'il faut suivre.

Mais alors, clira-t-on, si, par des méthodes aussi simples, nombre de tuberculeux se guérissent, il parait non moins simple d'employer lesdites méthodes dans tous les cas.

En principe, évidemment; mais en pratique c'est autre chose.

Le monde est ainsi fait que la tuberculose, cette maladie de misère, n'est guère curable que chez les heureux de la terre, les riches. Car pour rompre d'un seul coup avec toute son existence antérieure, il faut avoir les moyens de le faire. Et si la charité privée ou officielle soutient et prolonge l'existence du phtisique pauvre, il est bien rare qu'elle arrive à le guérir.

Et puis il ne faut pas croire que tous les

phtisiques se présentent dans les mêmes conditions vis-à-vis du traitement qui tout d'abord leur semble applicable. On peut les ranger en diverses catégories.

11 y a des tuberculeux qui guérissent tout seuls, sans soins particuliers ou à peu près, sans même s'être doutés qu'ils l'ont été. Ces malades-là représentent le mauvais terrain sur lequel est tombée une graine qui a mal germé. Croit-on, par exemple, comme nous l'avons dit plus haut, que la plupart des misérables vieux à l'autopsie desquels on trouve des tuberculoses locales enkystées, se sont jamais connus phtisiques et se sont jamais beaucoup soignés pour cela? Le bacille n'a pas pris sur leur organisme. Voilà tout.

Qu'on ne croie pas surtout que les succès obtenus si nombreux par le traitement hygiénique de la phtisie, tiennent à ce que, parmi les malades .traités, il y a beaucoup de sujets de la catégorie précédente. Ce serait une grosse erreur.

1 1 y a des tuberculeux qui ne guériront jamais, même reconnus, avertis et mis au traitement dès le début de leur affection. C'est qu'ils n'ont pas, comme on dil vulgairement, l'étoffe pour résister. Leur tuberculose est une résultante, une fin à laquelle contribuent tant de causes si puissantes qu'il esl impossible à leur orga-

nisme de remonter le courant fatal. On prolongera leur existence, on reculera l'heure de la chute, mais c'est tout.

Il y a des tuberculeux qui reconnus, avertis et mis en traitement en temps voulu, guériront presque toujours. Ce devrait être là l'immense majorité. C'est encore tout le contraire.

Il y a des tuberculeux qui souvent ont fait partie de la catégorie qui précède, mais qui en sont sortis. Chez ceux-là. faute cle direction, de soins, de moyens, de bonne volonté trop souvent, les lésions sont tellement avancées, l'état général est devenu tellement mauvais, qu'il n'y a plus possibilité de revenir en arrière et de soutenir la lutte.

Il y a enfin des tuberculeux qui, avec des lésions sérieuses, ont conservé un état général relativement bon, parfois excellent. Ils ne guériront pas souvent, mais, soumis au traitement rationnel, ils peuvent arriver à prolonger indéfiniment leur vie, à obtenir une guérison relative compatible avec l'existence ; soit qu'ils conservent indéfiniment leurs bacilles tenus en respect, soit que, débarrassés enfin de leurs parasites, ils gardent néanmoins des lésions pulmonaires devenues vulgaires mais parfaitement incurables. Ces derniers contribueront à former la catégorie des infirmes, des invalides de la tuberculose.

La Phtisie. 4

Etant admis naturellement que toutes les chances de guérison sont pour les malades de la troisième catégorie, chaque fois que le médecin trouve un tuberculeux au début dont la constitution originelle peut donner bon espoir, chez lequel tout n'est pas perdu comme état général, ou bien un tuberculeuux à lésion localisée plus ou moins étendue, tuberculeux qu'il peut considérer comme simplement améliorable en considération du peu de déchéance de son état général, que cloit-il faire?

Il doit préparer son malade au traitement rationnel de la phtisie.

Tout d'abord il doit l'avertir, lui et son entourage, que la maladie est la tuberculose ; que pour le moment c'est peu de chose, mais que plus tard, bientôt, ce sera la phtisie, et que s'il se soigne tout de suite il a toutes chances de guérir, tandis que s'il se fie à sa plus ou moins belle santé apparente, il mourra presque sûrement. Pour amener la conviction chez son client, le médecin doit employer tous les moyens de persuasion connus, il doit être éloquent. Il doit, s'il y a résistance, appeler un confrère, plusieurs confrères à son aide. Il doit démontrer sa maladie au patient, il doit, s'il y a expectoration, lui montrer le corps du délit, c'est-à dire ses bacilles.

Il doit lutter contre le préjugé terrible des

familles qui veut qu'on tienne le tuberculeux dans une sainte ignorance de son mal.

11 doit imposer le traitement immédiat, car les semaines de retard dans la décision à prendre se comptent ensuite par des mois de traitement.

Il doit enfin, tout en avertissant le malade, relever son moral, en lui démontrant que là est le vrai moyen d'arriver à la guérison, guérison qu'il obtiendra sûrement, s'il le veut.

Cette conduite énergique, le médecin doit la tenir invariablement pour les raisons suivantes .

D'abord il sauve son malade, s'il y a lieu de le sauver. Considération à elle seule suffisante.

Ensuite il se met à l'abri des reproches terribles qu'on pourrait lui faire ultérieurement et à juste raison. C'est une question de responsabilité médicale à laquelle il n'a pas le droit de se soustraire.

Que de fois, à l'arrivée d'un malade plus ou moins compromis qui vient se mettre à la cure rationnelle, nous recueillons l'histoire navrante qui suit, et toujours la même. C'est une mère, c'est un père qui parle : « Monsieur, il y a six mois, il y a un an..., que mon fîis est tombé malade. Il toussait un peu, ne crachait presque jamais, mais il dépérissait à vue d'œil. Xotre médecin ordinaire n'avait pas l'air de s'en préoccuper : « Mais enfin, docteur, lui disions-

» nous, ce n'est pas naturel, cet enfant couve » quelque chose de grave. » Et notre médecin nous répondait que ce n'était rien, que c'était un rhume, un peu de bronchite, que ça se passerait, qu'il fallait le faire reposer de ses études, le distraire, lui donner de l'exercice, etc. Enfin des amis nous ont envoyés consulter le Dr X, qui nous a dit que notre fils était tuberculeux, et que sa seule chance de guérir était de venir se mettre sous votre direction. Ah ! si notre médecin l'avait vu tout de suite, ou bien s'il nous l'avait dit, notre pauvre enfant n'en serait pas où il en est! etc.. »

D'autres ont vu deux, trois médecins de leur quartier ou de leur ville, et ce n'est que le docteur Un Tel qui leur a dit de quoi il s'agissait.

Et ces braves gens ont raison de porter accusation contre le Dr X ou Y, car si, au lieu de les bercer de douces illusions, il leur avait posé nettement la question de vie ou de mort, leur fils n'en serait probablement pas où il en est.

Parfois ce n'est pas le médecin qui a ce reproche à subir, c'est la famille qui doit se le faire à elle-même, mais trop tard. Ils avaient des oreilles, et ils n'ont pas voulu entendre.

I l'est donc un devoir absolu qu'a le médecin de diagnostiquer la tuberculose et de la dé-

clarer à son client quand celui-ci est curable ou susceptible d'une amélioration qui équivaut à une guérison relative. Et ce devoir est d'autant plus grand que le diagnostic de la tuberculose est quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent des plus faciles aujourd'hui, grâce à l'examen microscopique des crachats. De sorte que, même dans le doute et en l'absence de bacilles dans l'expectoration, il doit, si la tuberculose est la seule affection pouvant expliquer l'état du malade, lui exposer ses craintes et lui imposer le traitement au moins d'une façon provisoire.

Il est bien évident, comme corollaire de tout ce qui précède, qu'en présence d'un tuberculeux ne présentant aucune chance de guérison ou d'amélioration sérieuse , d'un phtisique condamné à mort à échéance plus ou moins prochaine, le médecin a le devoir de cacher au patient, s'il l'ignore encore, sa triste situation. La phtisie étant la maladie des illusions jusqu'au bout, nous devons, avec un soin jaloux, entretenir cette quiétude d'esprit que certains malades ont le bonheur de conserver jusqu'à la fin.

Il ne faut pas oublier aussi que le médecin se trouvera quelquefois en face de certains tuberculeux parfaitement curables qui, ayant les moyens de se soigner, refusent absolu-

ment de se soumettre au traitement rationnel. Il y a là un état d'esprit, heureusement rare, contre lequel il n'y a rien à faire. C'est la théorie de la vie courte et bonne ; c'est le suicide raisonné.

Dans ces cas-là, le médecin fait son devoir en s'efïorçant de ramener la brebis égarée. Ou'il fasse ensuite comme Pilate.

Bien plus triste est le crève-cœur du médecin, lorsqu'il est en présence d'un tuberculeux curable, mais qui n'a pas le moyen de se soigner. Il y a là une question de tact. Il faut s'enquérir de l'état social du malade avant de lui déclarer sa maladie. La situation est déplorable, mais qu'y faire?

Tout cela bien admis, voyons en quoi consiste pratiquement le traitement rationnel de la phtisie pulmonaire.

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