‹ Traitement rationnel et précoce de l'Avortement incompletChapitre 4 sur 28 · AT · texte numérisé non relu

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rons plus loin ; mais il nous a paru nécessaire de les énoncer ici à titre de justification.

Il importera, pour recueillir tous les bénéfices de l'intervention de la pratiquer aussitôt que l'indication en sera posée. Or son unique indication est, avonsnous dit, la rétention de parties de l’œuf consécutive à l’acte abortif. Il sera donc nécessaire, alors que l’hémorragie est récente et que l'infection ne s’est pas encore manifestée par l'élévation de la température ou la fétidité des lochies, d’établir :

1° Que l’acte abortif a eu lieu ;

2° Qu’une partie de l’œuf est retenue.

Ii sera souvent difficile de faire ce diagnostic d’autant plus délicat, qu’on ne peut guère compter sur la bonne foi de la malade.

Il arrive que des femmes, se sachant enceintes et n’osant se confier aux soins d’avorteuses de profession, cherchent à se faire délivrer par le médecin, qu’elles déterminent à une intervention par des récits mensongers. Elles simulent une fausse couche récente non encore terminée ; elles racontent qu’elles ont été prises à la suite d’une chute de violentes coliques ; qu’elles ont expulsé en même temps de nombreux caillots de sang ; qu’elles en expulsent encore et, pour le prouver, elles vont jusqu’à se barbouiller les cuisses et les organes génitaux de sang pris à une toute autre source.

Avec un excès de confiance, on {s’exposera, soit à provoquer un avortement qui n’avait nulle envie de se produire, soit, à consommer un avortement, déjà

— 14 — commencé, mais que le repos et des lavements laudanisés auraient pu conjurer.

Il sera donc prudent de se faire une opinion par une exploration directe.

L’inspection permettra si la grossesse était assez avancée, d'apercevoir cerlains signes persistants : pigmentation exagérée de la peau au niveau du front de l’aréole des seins, de la ligne blanche sous-ombilicale, des parties génitales ; augmentation de volume des seins, élargissement de l’aréole, saillie des tubercules de Montgommery. On pourra également dans ce cas surprendre une montée laiteuse déterminée par l'avortement, qui, dès lors, ne sera plus douteux. Il sera facile de s’assurer que le linge et les organes génitaux sont tachés de sang.

Par le palper, on s’apercevra que l'utérus encore gros, n’a pas le volume qu'exigerait l'âge présumé de la grossesse, ni la forme voulue par la gravidité ; il est non plus sphérique, mais pyriforme à grosse extrémité supérieure, et, signe important, ses parois ne présentent plus les alternatives de durcissement et de mollesse qu'on observe pendant la grossesse.

Le toucher donnera des notions encore plus précises. Pendant la grossesse, Le col garde ses dimensions, sa forme et reste fermé. Pendant l’acte abortif, ils’efface et se dilate juste assez pour permettre l'issue de l'œuf. Après l'acte abortif, s’il y a rétention de parties de l’œuf, il se reforme et se referme en partie tout en restant néanmoins perméable au doigt. Le col et le corps affectent alors la forme d’une tou-

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pie dont on aurait arraché le clou. Le doigt pénétrant par l'orifice externe vient au contact de caillots et de débris de placenta ou de membranes.

On pourra, ces constatations faites, les corroborer par l’interrogatoire de la femme, qui devra porter sur les signes de grossesse qu’elle a perçus, les faits qui ont déterminé et accompagné son avortement (chute, effort, traumatisme accidentel ou voulu, et à leur suite, douleurs expulsives, hémorragie, amendement des troubles sympathiques de la grossesse).

Quelquefois, mais rarement, on aura la bonne fortune de voir l'embryon expulsé.

Néanmoins, le diagnostic ne sera complet, que s’il définit exactement le contenu de l'utérus. Dans le cas de grossesse gémellaire ou multiple, on a pu voir l'avortement d’un seul œuf se produire, l’autre restant intact et poursuivant son développement. Le toucher, en ces circonstances exceptionnelles, perçoit un corps adhérent, rond et lisse, produisant une sensation toute particulière.

Dès qu'il sera donc établi que l'utérus ne contient plus que des débris de lœuf, alors seulement il sera permis d'intervenir sans attendre que l’apparition de l'infection ou la persistance de l’hémorragie en amène l'urgence.

L'étude des faits autorise, croyons-nous, cette ligne de conduite.

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