‹ Traitement sanguant des fractures de jambe récentesChapitre 12 sur 18 · LAS QE · texte numérisé non relu

LAS QE

: Les fractions directes sur les extrémités osseuses, les fractions indirectes avec contre-extension sur les extrémités du membre.

Pour les tractions directes, on utilisera les divers modèles de davier représentés plus haut, daviers qui permettent de saisir les fragments dans la profondeur et d’exercer sur eux une traction considérable et dans le sens voulu ; ces instruments permettent une bonne prise et facilitent beaucoup la réduction.

Mais, dans les cas difficiles, il faut combiner aux tractions directes les tractions indirectes. Pour cela, on peut utiliser des aides solides; mais il est préférable d’avoir recours à une traction mécanique, dont on peut graduer et mesurer la force. Pour cela, on emploiera la pratique de M. Hennequin dans le traitement des luxations anciennes. Avant l'opération, on aura fixé à une sorte de brodequin engainant le pied et formé par des bandes en toile, une anse solide ou une boucle métallique disposée de telle sorte que la traction se fasse bien dans l’axe de la jambe ; puis un fort piton sera fixé au mur, en {face du pied, et, le moment de la traction arrivé, on reliera par une corde la boucle au piton, de sorte qu'avec un moufle on puisse obtenir une traction considérable. Un dynamomètre et un déclic sont interposés sur le trajet de la corde et permettent, le premier de mesurer, le second d’interrompre immédiatement la traction. La contre-extension sera faite par une alèze passant dans laine et fixée à la table. Par ce moyen, on pourra obtenir, dans la plupart des cas, des réductions absolument rigoureuses, On évitera, par ces précautions préliminaires, ces tentatives longues et pénibles

(Lane à parfois mis une heure) pendant lesquelles le chirurgien peut ne pas toujours observer les règles minutieuses de Pasepsie. La réduction obtenue sera maintenue par un davier à cran quelconque, analogue à la pince « tête de coq » construite par M. Farabeuf pour rapprocher le pubis après symphyséotomie. M. Tuffier a fait construire une pince de ce genre, mais plus forte, chez Collin (fig. 14), et Lane, depuis 1894, se sert d’une sorte de pince qu’il appelle le lion-forceps (g. 16).

Cas où la réduction est impossible. — Enfin, et surtout quand l’accident remonte à dix ou quinze jours, il est impossible de faire disparaître le chevauchement par les moyens indiqués. |,

Nous avons encore, comme ressource, la ténotomie et la résection des fragments.

Voici ce que dit Ransohoff (1) de la ténotomie :

« On prévient le raccourcissement dans des cas exceptionnels par la ténotomie.

« On a beaucoup généralisé la méthode depuis la première opération de Dieffenbach, sectionnant le triceps pour fracture de l’olécrâne. Actuellement, il est d’usage courant de sectionner le tendon d'Achille, les tendons fléchisseurs, le sterno-cléido-mastoïdien, quand il est évident que seule, la contracture musculaire est responsable du raccourcissement, de la déformation. Et ici, il est amusant, par contraste, de citer Ricard : art. des Fractures du Traité de Chirurgie Duplay-Reclus ; en 1890, il écrivait : « Il est

(1) RANSOHOFF. The operative Treatment of irreductible subcutaneous fractures. American Journal of the medical Sciences. Philadelphie and New-York, 1897, p. 417.

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