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CHAPITRE PREMIER Résultats obtenus par les méthodes classiques

Il est toute une série de fractures de jambe (fractures sans ou à faible déplacement, fractures transversales ou à faible obliquité), dont la réduction est facilement obtenue et maintenue. Pour elles l'appareil plâtré correctement appliqué. donne d’excellents résultats. Nul ne songe, et nous tenons à insister sur ce point, à employer dans ces cas un traitement plus énergique.

Il n’en est pas malheureusement ainsi pour la plupart des fractures obliques ou spiroïdes, ou même pour des frac- tures transversales irrégulières et à fort déplacement. Ce sont ces fractures que nous visons et dans lesquelles nous allons étudier les résultats ënmédiats et tardifs obtenus par les méthodes classiques.

À. — Résultats immédiats. — Obtient-on la réduction dans ces fractures graves par les moyens ordinaires de traitement? Pendant longtemps, on l’a cru; mais, depuis que l'emploi des rayons X est appliqué d’une façon systématique à l’étude des fractures, on a pu s’assurer que cette réduction n’était jamais rigoureuse, mathématique et que très souvent elle était absolument insuffisante. Et pourtant on n'hésite pas, pour réduire, à endormir une ou plu-

sieurs. fois les malades et à exercer, sur le membre, des

Fiq. 1. ee: FIG. 2.

Ces figures, calquées sur la radiographie, représentent une fracture oblique du tibia au tiers moyen ; le péroné était fracturé à sa partie supérieure, si bien qu’on ne voit pas sur la figure sa solution de continuité. Fig. 1, avant réduction, Fig. 2, après réduction sous chloroforme.

tractions considérables. Par l’extension continue, obtient-

FIG. 3. Frc. 4:

Ces deux figures représentent des fractures immobilisées dans des appareils plitrés après réduction sous chloroforme,

on de meilleurs résultats? Peut-être ; mais ils sont tou-

jours bien imparfaits si l’on tient à une réduction tant soit peu rigoureuse. Nous renvoyons ceux qui douteraient à l’article et aux figures de mon maître, M. Tuffier, publiés dans la Presse médicale du 10 janvier dernier. Aux ‘cas qu'il représente, nous en ajoutons quelques-uns tirés soit de son service, soit de celui de mon maître, M. Nélaton.

FIG. 5. — Fracture chez un jeune F1G. 6. — Fracture dans un appareil homme sous l'appareil plâtré après d'Hennequin, substitué au plâtre. multiples tentatives de réduction.

NoTA. — Ces six premières figures sont décalquées sur des radiographies faites sur des malades du service de M. Tuffer, à Lariboisière,

D'ailleurs, ce fait de la mauvaise coaptation, dans les fractures qu’on croyait autrefois réduites, a frappé les :observateurs un peu partout.

= Nous représentons ici un cas de Lane (1) (fig. g) et un cas de Kummel (2) (fig. 10). Ce dernier auteur qui, du 1° avril 1896 au 1° avril 1897, a examiné 1,200 radio-

(1) LANE. The Clinical Journal, London, 7 juillet 1897.

(2) Kummæz. Die Bedeutung der Rôntgenschen Strahlen für die Chirurgie, Arch. f. klinische Chir., 65, p. 194, 1897.

graphies faites sur 243 fracturés, arrive à cette conclusion : qu’il n’y a pas de réduction même approximative, et il cite les travaux confirmatifs de Oberst (x).

Après ces résultats, que penser de chirurgiens qui, comme

F1G. 7. — Fracture à faibleobliquité FIG. 8. — Résultat obtenu par l'ap-

traitée par l’appareïl d'Hennequin, pareil d’Hennequin appliqué par immédiatement posé après l’acci- l’auteur lui-même, une quinzaine dent (service de M. Nélaton). de jours après l'accident (service

de M. Nélaton).

M. Delorme (2) disaient : « J’ai toujours pu réduire et contenir les fractures que j'ai eu à traiter » ?

Comment expliquer cette difficulté à obtenir et surtout à maintenir la réduction ? Dans certains cas, la disposition des fragments qui, taillés en biseau, se touchent par la face

(1) Discussion du mémoire de Roux (de Brignoles). Bulletins de la Société de chirurgie, 1894, p. 516.

(2) Münchener mediein. Wochens., 1895, n° 46.

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