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(de Francfort), Turrier, ete. admettent cette interpo-
sition musculaire, l’ayant constatée.
Par contre, M. Guigaz, dans sa thèse, dit n’avoir
jamais rencontré dans ses interventions avec M. Tur- FIER ni la présence d’esquilles, ni d'épanchement sanguin, ni d'interposition musculaire pouvant être la cause de l’irréductibilité, Pour lui, la cause primordiale est la tonicité musculaire. Les tractions que l’on exerce sur le pied épuisent leur action à la fois sur la peau, les parties molles et les muscles ; les extrémités osseuses ne sont pas déplacées ou presque pas ; le contact ne se fait pas entre les surfaces fracturées et la consolidation n'est possible qu'à la faveur d'un gros cal dont les inconvénients sont nombreux.
ARBUTHNOT LANE n’est pas de cet avis ; il n'y a pas de spasme musculaire. Penser « que la contraction spasmodique musculaire est le facteur qui s'oppose à la coaptation exacte des fragments en opposition, est une idée également fallacieuse et imaginaire. »
est surtout dans les fractures obliques que la réduction est difficile. En effet, les fragments ont une grande tendance à glisser l’un sur l’autre, et une coaptation exacte est rendue fort difficile. Il arrive mème parfois que le chirurgien adapte les fragments, l’un contre l'autre d'une façon satisfaisante, qu'une première radiographie montre le bon résultat obtenu et, quelques jours après, ce chirurgien est tout étonné de voir, sur une deuxième radiographie, que les surfaces fracturées ont glissé l'une sur l’autre et qu'elles ont repris
leur place primitive.
De tout ce qui vient d’être dit, deux faits ressortent : l’irréductibilité et le défaut de maintien de la réduction.
En 189%, M. CH. Moxop déclarait à la Société de Chirurgie (1) : « Je n'ai pas encore observé de fracture simple de jambe qui n’ait pu à l’aide de la chloroformisation être réduite sinon complètement, au moins d’une façon satisfaisante. >» M. DELORME, à la mème séance, ajoutait: « J’ai toujours pu réduire et contenir les fractures que. j'ai eu à traiter ». La radiographie est venue prouver que la chose n’est pas toujours vraie. M. Kummez (2) qui, du 1* avril 1896 au 1° avril 1897, a examiné 1.200 radiographies faites sur 243 fracturés arrive à cette conclusion ‘qu’il n’y a pas de réduction même approximative.
Aujourd’hui, en France aussi bien qu’à l'étranger, tous les auteurs sont de cet avis. La coaptation laisse toujours à désirer, la fonction du membre peut être bonne malgré tout, mais la forme est loin d’être parfaite.
C’est cette réduction faite sous l’anesthésie chloroformique allant jusqu’à la résolution musculaire complète que M. Turrier nomme réduction clinique, (c’està-direla coaptation suffisante pour obtenir un minimum de troubles), en opposition à la réduction anatomique. Nous avons vu que le chirurgien ne devait pas toujours
compter sur cette réduction clinique. En effet, nom-
1. Moxon. Société de Chirurgie. Séance du 20 juin 1894. 9, KuumeL. Die Bedeustung der Rœntgenschen Strahlen für die Chirurgie, Arch. f. klinische chir., 55, p. 194, 1897.
mg. as breux sont les accidents qu’elle laisse immédiatement après elle! M. Turrier à nettement fait son procès : «< Du fait de la coaptation non exacte des fragments, dit-il, découlent des accidents primitifs qui sont la lenteur de la consolidation, les troubles vasculaires et nerveux, et ce sont là les moindres inconvénients de ce mode de réduction. Dans tous les foyers de fracture à grand déplacement que j'ai ouverts, j'ai toujours trouvé des interpositions musculaires ou fibreuses. Les débris musculaires déchirés, décollés, écrasés au niveau de leur insertion sur le siège de la fracture constituent autant de corps étrangers qui gènent la consolidation ; et surtout, le contact latéral des extrémités fracturées, contact qui ne se produit plus au niveau des surfaces cruentées, est une disposition défavorable.
Les vaisseaux et principalement les veines, les cordons nerveux du voisinage ont, par suite de ce déplacement permanent, des changements de rapports anatomiques quise traduisent par l’obstruction veineuse, que les auteurs anciens, et surtout GossELIN, avaient parfaitement vue. Ils regardaient la phlébite, nous dirions l’obstruction veineuse, comme un facteur obligé nécessaire des fractures. L'æœdème du membre pendant les premiers jours, souvent pendant les premières semaines de la marche n'a pas d'autre origine que cette oblitération veineuse. Les accidents nerveux primitifs, soubresauts dans le membre, douleurs irradiées, témoignent également d’un trouble dans l'équilibre anatomique du nerf... Quand ils surviennent plusieurs
beures après le traumatisme, quand ils s’accentuent
SRE Le
pendant plusieurs jours, surtout quand ils persistent, le déplacement des os et la tension des nerfs qui en est la conséquence sont les principaux agents de leur production (1). »
Une mauvaise réduction est donc pleine de conséquences graves. Ceci prouve la valeur que l’on doit attacher à la radiographie, la seule méthode vraie et sûre qui nous permet de juger si la fracture est bien réduite, ou si, la réduction étant impossible, nous devons intervenir.