II. — Résultats consécutifs
Prenons maintenant le membre au sortir de l’appareil plâtré. Que de fois le chirurgien s’est aperçu, de la non-consolidation des fragments ! Dans ces cas, il s'agissait, le plus souvent, d’un grand chevauchement des fragments ; on avait cru la fracture réduite convenablement ; l’appareil plâtré avait été appliqué, et, au bout des 60 ou 80 jours, délai classique, à la sortie du plâtre, on avait constaté la mobilité des fragments. Que la cause soit dans l’interposition musculaire ou dans le défaut de production de cal, ainsi que cela se voit chez certains malades, un fait demeure certain, c’est la mobilité des fragments après la durée du traitement. La réduction a donc été insuffisante. 3 observations (VILLE, IX, X) citées dans la thèse de M. Guibal sont
1. Tureier. Sur la réduction des fractures. Bull, de la Soë. de chir. Séance du 19 juin 1901, page 713,
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LEPRENE
intéressantes à ce sujet. Bien que la réduction fut faite chez ces trois malades, avec l’aide de l’anesthésie chloroformique allant jusqu’à la résolution musculaire complète, la consolidation fut nulle et il fallut intervenir. Défaut de consolidation : voici done déjà un accident consécutif grave.
Parfois, la consolidation s’est effectuée ; mais les fragments n'ayant pas été bien coaptés, il en est résulté un cal volumineux. Le plus souvent alors, la plus petite pression sur les extrémités est rendue pénible, et le malade se plaint d’une douleur violente au niveau de la fracture. M. Turrier, dans son merveilleux rapport au Congrès belge de chirurgie, a décrit d’une façon magistrale ces accidents consécutifs et nous lui laissons la parole : « Nous ne voulons pas insister sur les troubles locaux, inévitables, fonctionnels et physiques, observés au siège de la fracture aussitôt après l’ablation de l’appareil. La douleur, la raideur articulaire de la tibio-tarsienne et des articulations du pied, l’œdème au siège de la fracture, l’atrophie musculaire, relèvent de la durée de l'immobilisation : la mobilisation et le massage atténuent rapidement ces accidents passagers, et sans gravité pour la fonction. Nous voulons toutefois faire observer que parmi ces troubles, quelquesuns peuvent relever d’une lésion grave, peut-être définitive : tels les œdèmes qui infiltrent parfois la totalité du membre, les douleurs à irradiations multiples, dans la pathogénie desquels les thromboses veineuses, les névrites ascendantes peuvent déjà jouer un rôle primordial.