RESULTATS DE L'INTERVENTION SANGLANTE
MM. Turriter en France, ARBUTHNOT LANE en Angleterre, Otto RorascaiLpen Allemagne, sont ceux qui, sans aucun doute, ont le plus contribué à cette nouvelle thérapeutique des fractures. Les observations qu'ils ont publiées, les résultats, non seulement immédiats mais encore éloignés qu'ils ont apportés, sont là pour légitimer l'espoir que les chirurgiens doivent avoir dans cette nouvelle méthode. :
Parfois, le soir ou le lendemain de l’opération, il se produit une élévation de la température. Dans la thèse de M. Guisai, le dernier travail qui ait été fait sur ce sujet, cette hyperthermie à été notée ; elle oscille ordinairement entre 38° et 39°, débute sans frisson, n’intéresse nullement l’état général et dure à peine 5 jours. Rien,en somme, sauf le thermomètre, ne révèle un état fébrile; quand, donc, la plaie est normale, quand il n'y à aucun signe de suppuration, le chirurgien n’a pas le droit de s’alarmer, car il est probable que cette hyperthermie est due non pas à la présence du corps
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étranger inclus en plein tissu osseux, mais à la résorption sanguine au niveau du foyer de la fracture : il s'agit là de légères hyperthermies dues à des auto-intoxications. Très rares dans les fractures des petits os, la fièvre serait de règle (67 p. 100) dans les fractures obliques, comminutives, dans celle des os volumineux avec extravasion sanguine considérable. Deux théories sont en présence pour expliquer la pathogénie de cette fièvre : D'après VoLkManx, il s’agit d’une fièvre de résorption due à des substances pyrogènes, provenant de la mortification des tissus atteints par le traumatisme et passant dans le courant circulatoire. Selon WauL, EDELBERG, la fièvre serait simplement due à la résorption et à la fermentation de l’extravasat sanguin. Cette fièvre n’a aucune influence sur la consolidation ; ajoutons qu’elle n’existe pas toujours, et dans l’obser. . vation I de M. Moucuer, le malade n’a jamais eu le moindre mouvement fébrile.
Si, dans quelques cas, il existe de la suppuration, le fait est plutôt rare. M. GuiBaL, dans sa thèse, rapporte n’en avoir jamais vu dans le service de M. Turrier pendant l’année 1902. Lane, Orro RorxsciLzp, déclarent qu'avec une bonne asepsie la suppuration ne doit jamais se montrer dans les fractures fermées. Chez les malades dont nous rapportons plus loin les observations, la suppuration n’a pas été notée.
L'idée d’une suppuration-possible a peut-être arrêté bien des chirurgiens dans cette nouvelle voie de la chirurgie osseuse. Nous avons essayé de montrer que cet
accident était rare et devait le rester de plus en plus.