‹ Traitement Sanguin des Fractures Fermées de la JambeChapitre 28 sur 37 · I. — Matériel · texte numérisé non relu

I. — Matériel

La chirurgie des fractures n’impose pas forcément toute une instrumentation spéciale, et les instruments ordinaires que possèdent tout chirurgien sont généralement très suffisants pour amener à bien une suture osseuse. Beaucoup de malades, et particulièrement ceux qui font le sujet de nos observations ont été opérés avec les instruments courants de l'arsenal chirurgical.

Cependant, abaisser un fragment inférieur, maintenir convenablement une réduction, ne sont pas toujours choses aussi faciles qu'on pourrait bien le croite. Pour faciliter de travail ce réduction ; ee maintien de la réduction, M. Turrier a imaginé quelques instruments qui, s'ils ne sont pas forcément indispensables, ont, tout au moins, le mérite d'avoir atteint le but proposé (1).

1. Voir pour cette instrumentation, La Presse Médicale, janvier 1900.

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Il'existe, en effet, un davier coudé permettant de saisir un des fragments et de l’amener au contact de l’autre fragment ; un davier plus fort à deux poignées permettant d’embrasser complètement le fragment, généralement l’inférieur, et de tirer avec les deux mains : un davier fixateur permettant de maintenir la coaptation des deux fragments pendant que l’on fait la sulure.

ARBUTHNOT Lane, en Angleterre, a décrit aussi une instrumentation spéciale dont la pièce principale est le lion-fo rcep s.

Quant aux instruments qui maintiennent la réduction ils sout nombreux. Citons d’abord le nouveau fixateur de LAMBOTTE, décrit par l’auteur au Congrès Belge de Chirurgie. « Le principe de cette suture, dit LAMBOTTE, consiste à visser dans les fragments de fortes tiges d'acier, assez longues pour dépasser largement les parties molles et rendues solidaires au moyen d’un fixateur placé en dehors du membre. >» Puis quand la consolidation est effectuée, les tiges sont dévissées, retirées. Cette méthode de fixation présente l’avantage d’être d’une solidité à toute épreuve et surtout de n’abandonner aucun corps étranger dans les tissus. Les résultats obtenus par M. LamBorTre sont certainement dignes d'intérêt car, en ce qui concerne 2 fractures du tibia, M. LAMBoTTE dit avoir obtenu une réduction parfaite, une consolidation en trois semaines chez l’un, en quatre semaines chez l’autre. Malgré ces résultats, les observations sont trop peu nombreuses pour permettre

de tirer des conclusions.

Les chevilles d'ivoire (Garrscx, BIRCHER, SOGIN, etc.), les chevilles d'os de veau décalcifiés et aseptiques (JALAGUIER) ont été vantées surtout dans le traitement des pseudarthroses. On a d’abord dit qu’elles étaient facilement résorbables; il n’en est pas toujours ainsi puisque Orro RorascHiLzn dans un cas n’a trouvé aucune trace de résorption six mois après l'opération. On a encore dit qu’elles blessaient moins le périoste que la suture et enfin qu’elles favorisaient la formation du cal. Les inconvénients de ces crayons d'ivoire sont au contraire plutôt nombreux: ils réclament un certain écartement des fragments pour qu'ils puissent être introduits dans la cavité médullaire ; or, la chose n'est pas toujours facile. De plus les crayons lèsent forcément la moelle osseuse, la détruisent même sur une certaine étendue ; ils deviennent poreux et sont comme rongés par l’action d’un acide, Enfin, s'il est nécessaire d'enlever un jour une cheville introduite dans un os quelque temps auparavant, il faudra faire une séquestrotomie, opération bien plus sérieuse, bien plus grave que la simple ablation d’un fil d'argent. Mais, il y a des formes de fracture où le crayon retient mieux et plus sûrement les fragments que la suture. Ce sont les fractures transversales ou obliques du moyen degré dont les surfaces de fracture présentent des bords dentelés pointus qui permettent une coaptation suffisante des fragments mais qui nécessitent une fixation par un corps étranger, à cause de leur tendance à se reproduire (Orro RorTascHiLDp).

On a encore songé à immobiliser, au moyen d’at-

Sp telles externes, de plaques métalliques trouées qu’on fixe sur les fragments à l’aide de vis. OLrrer s’est servi d’une armature latérale de platine, HANSManN de plaques en tôle, GLuck d’attelles de cuivre, M. Quénu, tout récemment a fait de grands éloges des plaques d'aluminium et celles-ci ont donné de bons résultats entre les mains de Quénu, Tuiriar, Scawarrz (1). Cependant elles peuvent donner lieu à des accidents ; M. Quexu les a abandonnées : dans un cas de fracture de l’humérus, une pareille plaque avait sectionné le nerf radial. - Fi Lane vante les vis métalliques avec lesquelles il semble n’avoir que des succès. « Les parties molles, -écritil, dans les fractures anciennes (surtout pour le tibia), s'opposent d'une manière considérable au rapprochement des surfaces osseuses. La coaptation peut être assurée par les seules vis en acier. Le fil rend ici des services insuffisants. En effet, je peux dire que la vis m'a été d’une très grande utilité dans toutes les fractures non réduites du tibia, où il s'agissait de maintenir réunis des fragments tiraillés en direction contraire par les parties molles. Je ne pourrais citer un seul cas * où la vis ait manqué son rôle et pourtant j'ai eu des malades qui avaient déjà été opérés sans succès une ou deux fois par d’autres. » (2) Enfin, il y a quelques années, M. JAGoEL a préconisé

pour la contention des fragments des agrafes métal-

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