II. — Manuel opératoire
1° Sons D'AsEPsiEe. — Nous avons vu que l’objection
faite à l'intervention sanglante était la nécessité d’une
asepsie rigoureuse. Tout chirurgien, en effet, qui n’est
pas certain de son asepsie ne doit à aucun prix entre-
prendre une suture osseuse.
Avant l'opération, le membre étant rasé, on le savonne fortement du genou aux orteils; le lavage à l'alcool, à l’éther, complète cette toilette. Le membre ainsi préparé est alors enveloppé dans des compresses aseptiques, jusqu'au moment de l'intervention. On prépare ensuite un coussin de sable sur lequel on étend plusieurs compresses aseptiques et des champs opératoires, et on pose le membre nettoyé sur ce coussin. On recouvre le tout de champs opératoires. Un aide, les mains parfaitement aseptiques, tient le pied et exécutera les différents mouvements que lui indiquera l'opérateur. L'opérateur et son aide direct prennent les précautions aseptiques habituelles : savonnage parfait des mains, lavage à l'alcool, à l’éther, au sublimé, bavette aseptique.
Le malade est soumis à une anesthésie profonde; chloroforme ou éther.
2° INGISION- DES TÉGUMENTS. — Le chirurgien fait une incision à la face antéro-interne de la jambe. La peau, en cet endroit, sépare, seule, le bistouri du tibia ; il n'y a donc rien à craindre. On tombe directement sur le foyer de la fracture. Mais souvent le péroné aussi est fracturé.
Est-il nécessaire de la suturer? M. Turrier (1) nes'en
occupe jamais. Il est certain que le péroné n'entrave