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Observation 3
(Thèse de Guisar, 1903, Observation Il, p. 84). — Fracture simple oblique des deux os de la Jambe droite. Insuccès des tentatives de réduction sous chloroforme. Suture. Suppuralion. Guérison. Résultats fonctionnels excellents constatés trois ans el demi après l'opération.
Le nommé (Gramm..., âgé de 32 ans, cocher, entre le
12 juin 1899, à l'hôpital Beaujon dans le service de M. Turrier. Il raconte que la veille au soir, il est tombé du haut de son ; . siège et que son pied droit s’est tordu en dedans, Il n’a pu se E.- relever car la jambe droite était fracturée. On constate en effet une saillie à l’union des deux tiers 4 supérieurs avec le tiers inférieur de la jambe droite. Il y a de | la crépitation. Le fragment supérieur pointe sous la peau. Au- Æ dessous de lui,existe une dépression en coup de hache. On constate enfin une large ecchymose à la face externe du mollet. | La radiographie prise de face montre que la fracture siège x très haut sur le péroné, très bas sur le tibia : sur ce dernier os e le trait de fracture: est oblique en bas et en dedans ; les extré- E- mités fragmentaires sont très déchiquetées ; le fragment inférieur remonte de plusieurs centimètres en dehors et en arrière du fragment supérieur ; ce dernier, très acéré à sa pointe, fait une saillie très prononcée en dedans.
La radiographie prise de profil montre qu'il existe en réalité trois fragments : le fragment inférieur étant subdivisé en deux fragments secondaires par un trait légèrement oblique ; ce fragment moyen revêt une figure à peu près triangulaire à base postérieure. |
Onne constate pas de trait aboutissant à l’articulation tibio-
tarsienne.
ES SE eu
Le 14 juin. — Tentative de réduction sous chloroforme et application d'un appareil plâtré.
Une nouvelle épreuve radiographique permet de constater que le déplacement subsiste tel qu’il était avant la tentative de réduction. Aussi M, Turrier décide-t-il de pratiquer la suture osseuse.
Opérarion. — Le 16 juin, opérateur : M. Turrier.
Rachicocaïnisation.
Incision verticale sur la face interne du tibia,
On enlève un nombre considérable de caillots répandus dans le foyer de la fracture.
Des fibres musculaires sont interposées entre les fragments et en gênent la coaptation exacte. Des tractions vigoureuses sur le pied n'arrivent pas à abaisser le fragment inférieur. On l'abaisse sans peine en le saisissant directement à l’aide du davier coudé et on l’immobilise en bonne attitude avec le davier fixateur.La suture est assurée par deux fils d'argent passés dans le fragment inférieur ouplutôt dans sa pointe qui constitue le fragment moyen ; ces fils sont fermés en avant autour de la pointe du fragment inférieur.
Le davier enlevé, les fragments ne bougent pas. La plaie est suturée sans drainage Pansement aseptique. Appareil plâtré.
Le surlendemain matin, la température s'élève à 38°7 ; le pansement défait, on voit que la plaie est rouge ; une traînée de lymphangite monte suivant le trajet de la saphène ; il y a des ganglions douloureux dans l'aine, Ablation des fils, il s'écoule une petite quantité de pus mêlé de sang. L'examen de ce pus montre qu’il est dû au streptocoque.
Des pansements journaliers permettent de venir rapidement à bout de cette suppuration. Pendant quelque temps, la plaie est désunie, On aperçoit au fond les deux fils métalliques qui restent cependant en place et maintiennent bien les fragments.
L'épreuve radiographique faite quinze jours après l'opération. alors que la suppuration commence à se tarir, montre que la
coaptation est restée parfaite, En effet, les deux fragments sont