‹ Traités approfondis des maladies des yeux et des oreillesChapitre 13 sur 58 · Quand le cristallin cataracte est déplace · texte numérisé non relu

Quand le cristallin cataracte est déplace

soit qu il ait été brisé et jeté par fragmens dans la chambre antérieure, soit qu'il ait été plongé dans le corps vitré ; quand il a été extrait et soumis à la macération , sans le contact de l'air , fl présente les mêmes phénomènes ; il se réduit en flocons blanchâtres : cette conformité de phénomène ne suppose-t-elle pas une conformité d'état ; et s'il est incontestable que dans ces derniers cas le cristallin est privé de la vie , n'est-il pas très-probable qu'il est dans le même état avant d'être déplacé ?

7.0 La couleur jaune s'établit peu-à-peu dans le cristallin par l'effet des progrès successifs de lâge, et elle n'est jamais plus marquée que dans le cas de cataracte, le cristallin ayant conservé sa transparence ; mais ayant perdu une paifiie de son volume, et ce foyer étant entouré d'une couche plus ou moins épaisse de matière llocon neuse blanche , dans laquelle il semble dégénérer et se fondre : cette remarque peut être faite , même sur des sujets d'un âge peu avancé. La couleur dont il s'agit serait-elle le siège de la décrépitude du cristallin , et de sa mort prochaine ?

8.° Pourquoi des blessures , même légères , qui suffisent pour donner lieu à la cataracte ,. ne suffiraient- elles pas pour éteindre la vitalité dans cet organe où elle doit être bien faible , puisqu'on ne connaît pas ses moyens de communication avec le reste du solide vivant , et avec les principaux foyers de la vie.

La cataracte ne serait-elle que la nécrose du cristallin ? C'est au temps et à l'expérience à décider cette question : mais nous ne pouvons dissimuler que nous sommes fort portés à 1&

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( 56 ) % décider par l'affirmative , et à regarder les matières molles qui entourent le cristallin, comme le résidu de la dissolution physique et de la décomposition chimique de ce corps ; et les couleurs diverses de ce même résidu ou du cristallin lui-même encore solide , comme le résultat purement accidentel des nouvelles combinaisons qui s'opèrent dans les principes divisés de ce même organe, déjà frappé de mort.

Il est à craindre que la cataracte ne se forme lorsque, surtout chez un sujet d'un certain âge, la vue est souvent offusquée par des images fantastiques , qui semblent s'interposer entre l'œil et l'objet, et que rien ne peut faire disparaître ; les malades croient voir voltiger des mouches, des toiles d'araignées, etc.; ou bien ils croient quelque corps étranger introduit entre leur paupières ; ils frictionnent leurs >eUx comme pour détourner l'obstacle ; mais ils retrouvent toujours la même difficulté, si l'on fait examiner aux malades des lignes droites tracées , ou les caractères d'un livre : les uns et les autres de ces objets paraissent , ou déviés dans un point de leur étendue , ou interrompus.

Quelquefois cette période de la maladie est accompagnée de douleurs de tête plus ou moins vives , qui , tantôt peuvent être rapportées à quelque classification évidente , et qui tantôt n'ont .aucune raison manifeste.

Cependant la maladie augmente et se manifeste par des signes extérieurs et sensibles : on voit derrière la pupille une sorte de nuage blanc, gris ou jaune, dont le centre est plus opaque que la circonférence , et qui va chaque jour croissant en étendue et en intensité. La pupille

se meut encore dans les variations de la lumière ; mais ses mouvemens sont plus lents et sa dilatation habituelle est plus grande que dans féUt naturel. Le malade dit voir un nuage entre son œil et l'objet qu'il examine ; il n'en distingue pas les contours nettement; pour le voir le mieux qu'il, peut , il est obligé de varier fréquemment l'attitude de sa tète ou celle de son œil, pour chercher ainsi la direction la plus commode ; et celle à laquelle il s'arrête n'est jamais telle que la ligne par laquelle doit passer l'image de l'objet soit d'accord avec l'axe de l'œil ; bientôt la faculté de voir avec ces précautions diminue et disparaît ; le malade ne distingue que la lumière et l'obscurité, ou les coureurs les." plus éclatantes ; l'œif est fixe ou , —

plus

la lumière , et même à la faveur de quelques frictions exercées à travers les paupières. Il faut remarquer cependant que quelquefois la pupille est habituellement de la grandeur naturelle , et quelquefois même plus resserrée ; cette dernière remarque est assez commune quand un seul est affecté de cataracte , et surtout quand il y a en même temps des céphalalgies , ou une sensibilité vicieuse de l'organe malade. Quand il y a eu des douleurs de tète pendant la formation de la cataracte, il n'est pas rare qu'elles cessent ou qu'elles deviennent plus supportables , quand elle est parvenue au point où nous venons de la représenter ; d'autrefois elles persistent sans qu'on puisse en indiquer la raison. On ne peut pas se dissimuler que si , au déV

( 58 ) but de la formation de la cataracte , on étail assez heureux pour trouver un moyen assuré de fortifier le nerf optique , qui est presque toujours primitivement affecté dans cetie maladie , on la dissiperait ainsi que l'apparence de flammes et de nuages dans l'aimosphère qui la précèdent r et qui sont un signe constant de l'altération du nerf, de même que l'inertie et la trop grande dilatation de la pupille.

On sait que les excès de tous genres , les inquiétudes morales , le travail prolongé surtout à une lumière vive , peuvent atténuer la sensibilité du nerf optique , et que cette inervation prolongée peut dégénérer en paralysie complète.

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Mais lorsque j'ai eu le bonheur d'être consulté au début de la maladie , lorsque l'état du: cristallin était peu' dénaturé, que ' l'affection encore profonde , et que la cataracte ( si l'on peut parler ainsi ) n'était pas encore arrivée jusqu'au cristallin , j'ai eu des succès et des succès complets. Mes médicamens ont dissipé plusieurs diaihèses cataractiques , et ont conservé une vue saine , sans le concours d'aucun secours physique à des personnes qui allaient en être privées très-prochainement , et qui déjà apercevaient des nuages , et des corps de toutes couleurs» voltigeans dans l'atmosphère; signe certain de l'inervation de la rétine , conséquence ordinaire de l'opacité commençante du cristallin.

Lorsque ces deux états existent simultanément, il arrive souvent qu'en remédiant à l'affection de la riétine on arrête les progrès de la cafa-

racte , et que celle-ci même se résout complètement , dans un grand nombre de cas. L'expérience m'a convaincu que toutes les cataractes , commençantes , ne doivent point être abandonnées aux seuls efforts de la nature , et qu'elles ne sont point sans espoir de guérison , ainsi que le pensent la plus grande partie des Oculistes. Aussi dans de pareils cas, je n'ai jamais hésité à entreprendre la guérison des malades qui se sont confiés à mes soins ; dans beaucoup de cas de ce genre , l'application de mes remèdes a ramené la vue à son état primitif.

Lorsque j'ai trouvé des malades qui percevaient quelques rayons de lumière par le pourtour du cristallin , comme un grand nombre de cataractes , et qui craignant de perdre ce i ger sentiment de lumière, ne voulaient pas courir les chances d une opération incertaine , j'ai entretenu et quelquefois bonifié cette disposition par des applications périodiques de mes médicamens.

J'ai souvent eu la satisfaction , dans des cas de cataractes capsulaires , où le cristallin était dans son état naturel , ce qui n'avait pas été jugé ainsi par beaucoup d'oculistes , de guérir des malades en très-peu de temps , en détruisant l'opacité de la membrane cristalloïde et de la portion de cornée correspondante y comme je détruis les taies et les taches légères. Et n'auraiton que ce seul avantage de l'application de mes médicamens dans les cataractes , où il y a si souvent difficulté ds savoir si le défaut de vision tient entièrement à l'opacité de la membrane ou à celle du cristallin , je croirais avoir rendu tin grand service à l'humanité de l'avoir pro-

posé, Malgré tout, 1 opacité du Cristallin peut devenir à cet état qui constitue une cataracte parfaite et une cécité absolue ; alors l'opération est la seule indication à remplir. Mais pour assurer le succès de celle-ci , il est toujours bon d'y préparer l'œil. Je n'ai jamais vu manquer une seule opération de cataracte sur ceux qui avaient été préparés par l'usage de mes remèdes , pendant quelque temps. '

Il arrive souvent encore que, sans cela, les malades opérés ne recouvrent pas du tout , ou que très- imparfaitement la vue. Au nombre des causes de nos succès , nous devons signaler cette habitude fâcheuse de beaucoup d'opérateurs qui , pour tirer vanité de leurs talens , s'empressent tout de suite après l'opération , de prouver que le malade jouit de la lumière. A combien de regrets ne s'exposent-ils pas par une semblable conduite ? Et combien le malade ne paye-t-il pas chèrement , par la suite , ce plaisir anticipé ? Aussitôt après l'opération , je fais panser l'œil , et je le recouvre pendant tout le temps que dure l'ophthalmie secondaire ; il n'est plus découvert que pour être humecté de mes remèdes, et jamais l'expérience n'a démenti mon procédé.

Dans beaucoup de cas même où l'opération de la cataracte a été pratiquée selon toutes les règles de l'art , il arrive que la cécité n'en persiste pas moins. Attribuer le défaut de succès à l'opérateur , serait une injustice, trop injurieuse pour que nous ne devions pas chercher ici à justifier le talent et l'art , si bien connus pour ces sortes d'opérations. Quand une opération a été pratiquée et qu'aucun accident consécutif apparent n'est venu pour rendre raison de la cécité, il faut donc rapporter celle-ci à l'amaurose ,

( Ci )

qui , dans la plupart des cas , a cédé à 1 application de mes remèdes , faite à propos et méthodiquement.

J'ai un grand nombre de faits confirmatifs de ma doctrine , qu'il serait trop long d'examiner. Les deux qui suivent prouveront péremptoirement la vérité de mes observations.

PREMIÈRE OBSERVATION

Madame la baronne N avait totalement

perdu la vue par une double cataracte , et l'extrême mobilité de ses yeux ; son état nerveux et la situation du cristallin qui était branlant , avaient fait craindre pour l'opération. Quinze jours de l'application de mes remèdes , avant l'opération , et trente jours ensuite ont suffi pour sa guérison.

DEUXIÈME OBSERVATION

Madame , âgée de 41 ans, portait, depuis

sept ans , une cataracte commençante , ou , pour mieux dire , avait sous la capsule cristaHoïde , une légère opacité de l'humeur qui interdisait l'emploi de tout moyen , et ne laissait au malade que l'espoir d'avoir un jour une cataracte qu'on pourrait opérer.

Consulté par ce malade , je n'ai vu dans cet état du cristallin qu'une faiblesse et un relâchement des ligamens de l'œil , qui tenaU l'iris dans un état de flaccidité. Plusieurs exemples de cas semblables me décidèrent à appliquer mes médicamens, qui dissipèrent l'état nébuleux

et rendirent la vue au malade , qui f aurait infailliblement perdue , s'il lui fût survenu accidentellement une ophthalmie.

TROISIÈME OBSERVATION

» Une vieille femme de cent huit ans , demeurant à Londres , était privée de la vue depuis beaucoup d'années , et s'était refusée à subir aucune opération chirurgicale.

» Invité par plusieurs personnes respectables à faire l'essai de mes remèdes sur les yeux de cette personne , je leur déclarai que cette entreprise me paraissait être un tour de force , et que je craignais que son état de débilité , par rapport à son grand âge , ne put favoriser la réaction nécessaire à sa guérison.

» Cependant, je m'y déterminai afin de connaître quel serait le résultat ; l'application fut faite pendant soixante-un jours , et au bout de ce temps , à la surprise générale , elle a parfaitement recouvré la vue ; son portrait (au bas duquel est écrit son nom , son adresse , ainsi que le nom et le domicile des témoins qui l'ont connue aveugle ) fut exposé dans la bourse de Londres , où allèrent en foule le voir ceux qui ne pouvaient visiter la malade chez elle. Le bruit de cette cure m'attira beaucoup de vieillards qui désiraient recouvrer la vue , et sur un très-grand nombre , environ je quart fut guéri d'affections diverses , mais toutes jusques-là réputées incurables».

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