Quand le cristallin cataracte est déplace
soit qu il ait été brisé et jeté par fragmens dans la chambre antérieure, soit qu'il ait été plongé dans le corps vitré ; quand il a été extrait et soumis à la macération , sans le contact de l'air , fl présente les mêmes phénomènes ; il se réduit en flocons blanchâtres : cette conformité de phénomène ne suppose-t-elle pas une conformité d'état ; et s'il est incontestable que dans ces derniers cas le cristallin est privé de la vie , n'est-il pas très-probable qu'il est dans le même état avant d'être déplacé ?
7.0 La couleur jaune s'établit peu-à-peu dans le cristallin par l'effet des progrès successifs de lâge, et elle n'est jamais plus marquée que dans le cas de cataracte, le cristallin ayant conservé sa transparence ; mais ayant perdu une paifiie de son volume, et ce foyer étant entouré d'une couche plus ou moins épaisse de matière llocon neuse blanche , dans laquelle il semble dégénérer et se fondre : cette remarque peut être faite , même sur des sujets d'un âge peu avancé. La couleur dont il s'agit serait-elle le siège de la décrépitude du cristallin , et de sa mort prochaine ?
8.° Pourquoi des blessures , même légères , qui suffisent pour donner lieu à la cataracte ,. ne suffiraient- elles pas pour éteindre la vitalité dans cet organe où elle doit être bien faible , puisqu'on ne connaît pas ses moyens de communication avec le reste du solide vivant , et avec les principaux foyers de la vie.
La cataracte ne serait-elle que la nécrose du cristallin ? C'est au temps et à l'expérience à décider cette question : mais nous ne pouvons dissimuler que nous sommes fort portés à 1&
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( 56 ) % décider par l'affirmative , et à regarder les matières molles qui entourent le cristallin, comme le résidu de la dissolution physique et de la décomposition chimique de ce corps ; et les couleurs diverses de ce même résidu ou du cristallin lui-même encore solide , comme le résultat purement accidentel des nouvelles combinaisons qui s'opèrent dans les principes divisés de ce même organe, déjà frappé de mort.
Il est à craindre que la cataracte ne se forme lorsque, surtout chez un sujet d'un certain âge, la vue est souvent offusquée par des images fantastiques , qui semblent s'interposer entre l'œil et l'objet, et que rien ne peut faire disparaître ; les malades croient voir voltiger des mouches, des toiles d'araignées, etc.; ou bien ils croient quelque corps étranger introduit entre leur paupières ; ils frictionnent leurs >eUx comme pour détourner l'obstacle ; mais ils retrouvent toujours la même difficulté, si l'on fait examiner aux malades des lignes droites tracées , ou les caractères d'un livre : les uns et les autres de ces objets paraissent , ou déviés dans un point de leur étendue , ou interrompus.
Quelquefois cette période de la maladie est accompagnée de douleurs de tête plus ou moins vives , qui , tantôt peuvent être rapportées à quelque classification évidente , et qui tantôt n'ont .aucune raison manifeste.
Cependant la maladie augmente et se manifeste par des signes extérieurs et sensibles : on voit derrière la pupille une sorte de nuage blanc, gris ou jaune, dont le centre est plus opaque que la circonférence , et qui va chaque jour croissant en étendue et en intensité. La pupille
se meut encore dans les variations de la lumière ; mais ses mouvemens sont plus lents et sa dilatation habituelle est plus grande que dans féUt naturel. Le malade dit voir un nuage entre son œil et l'objet qu'il examine ; il n'en distingue pas les contours nettement; pour le voir le mieux qu'il, peut , il est obligé de varier fréquemment l'attitude de sa tète ou celle de son œil, pour chercher ainsi la direction la plus commode ; et celle à laquelle il s'arrête n'est jamais telle que la ligne par laquelle doit passer l'image de l'objet soit d'accord avec l'axe de l'œil ; bientôt la faculté de voir avec ces précautions diminue et disparaît ; le malade ne distingue que la lumière et l'obscurité, ou les coureurs les." plus éclatantes ; l'œif est fixe ou , —
plus
la lumière , et même à la faveur de quelques frictions exercées à travers les paupières. Il faut remarquer cependant que quelquefois la pupille est habituellement de la grandeur naturelle , et quelquefois même plus resserrée ; cette dernière remarque est assez commune quand un seul est affecté de cataracte , et surtout quand il y a en même temps des céphalalgies , ou une sensibilité vicieuse de l'organe malade. Quand il y a eu des douleurs de tète pendant la formation de la cataracte, il n'est pas rare qu'elles cessent ou qu'elles deviennent plus supportables , quand elle est parvenue au point où nous venons de la représenter ; d'autrefois elles persistent sans qu'on puisse en indiquer la raison. On ne peut pas se dissimuler que si , au déV
( 58 ) but de la formation de la cataracte , on étail assez heureux pour trouver un moyen assuré de fortifier le nerf optique , qui est presque toujours primitivement affecté dans cetie maladie , on la dissiperait ainsi que l'apparence de flammes et de nuages dans l'aimosphère qui la précèdent r et qui sont un signe constant de l'altération du nerf, de même que l'inertie et la trop grande dilatation de la pupille.
On sait que les excès de tous genres , les inquiétudes morales , le travail prolongé surtout à une lumière vive , peuvent atténuer la sensibilité du nerf optique , et que cette inervation prolongée peut dégénérer en paralysie complète.
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Mais lorsque j'ai eu le bonheur d'être consulté au début de la maladie , lorsque l'état du: cristallin était peu' dénaturé, que ' l'affection encore profonde , et que la cataracte ( si l'on peut parler ainsi ) n'était pas encore arrivée jusqu'au cristallin , j'ai eu des succès et des succès complets. Mes médicamens ont dissipé plusieurs diaihèses cataractiques , et ont conservé une vue saine , sans le concours d'aucun secours physique à des personnes qui allaient en être privées très-prochainement , et qui déjà apercevaient des nuages , et des corps de toutes couleurs» voltigeans dans l'atmosphère; signe certain de l'inervation de la rétine , conséquence ordinaire de l'opacité commençante du cristallin.
Lorsque ces deux états existent simultanément, il arrive souvent qu'en remédiant à l'affection de la riétine on arrête les progrès de la cafa-
racte , et que celle-ci même se résout complètement , dans un grand nombre de cas. L'expérience m'a convaincu que toutes les cataractes , commençantes , ne doivent point être abandonnées aux seuls efforts de la nature , et qu'elles ne sont point sans espoir de guérison , ainsi que le pensent la plus grande partie des Oculistes. Aussi dans de pareils cas, je n'ai jamais hésité à entreprendre la guérison des malades qui se sont confiés à mes soins ; dans beaucoup de cas de ce genre , l'application de mes remèdes a ramené la vue à son état primitif.
Lorsque j'ai trouvé des malades qui percevaient quelques rayons de lumière par le pourtour du cristallin , comme un grand nombre de cataractes , et qui craignant de perdre ce i ger sentiment de lumière, ne voulaient pas courir les chances d une opération incertaine , j'ai entretenu et quelquefois bonifié cette disposition par des applications périodiques de mes médicamens.
J'ai souvent eu la satisfaction , dans des cas de cataractes capsulaires , où le cristallin était dans son état naturel , ce qui n'avait pas été jugé ainsi par beaucoup d'oculistes , de guérir des malades en très-peu de temps , en détruisant l'opacité de la membrane cristalloïde et de la portion de cornée correspondante y comme je détruis les taies et les taches légères. Et n'auraiton que ce seul avantage de l'application de mes médicamens dans les cataractes , où il y a si souvent difficulté ds savoir si le défaut de vision tient entièrement à l'opacité de la membrane ou à celle du cristallin , je croirais avoir rendu tin grand service à l'humanité de l'avoir pro-
posé, Malgré tout, 1 opacité du Cristallin peut devenir à cet état qui constitue une cataracte parfaite et une cécité absolue ; alors l'opération est la seule indication à remplir. Mais pour assurer le succès de celle-ci , il est toujours bon d'y préparer l'œil. Je n'ai jamais vu manquer une seule opération de cataracte sur ceux qui avaient été préparés par l'usage de mes remèdes , pendant quelque temps. '
Il arrive souvent encore que, sans cela, les malades opérés ne recouvrent pas du tout , ou que très- imparfaitement la vue. Au nombre des causes de nos succès , nous devons signaler cette habitude fâcheuse de beaucoup d'opérateurs qui , pour tirer vanité de leurs talens , s'empressent tout de suite après l'opération , de prouver que le malade jouit de la lumière. A combien de regrets ne s'exposent-ils pas par une semblable conduite ? Et combien le malade ne paye-t-il pas chèrement , par la suite , ce plaisir anticipé ? Aussitôt après l'opération , je fais panser l'œil , et je le recouvre pendant tout le temps que dure l'ophthalmie secondaire ; il n'est plus découvert que pour être humecté de mes remèdes, et jamais l'expérience n'a démenti mon procédé.
Dans beaucoup de cas même où l'opération de la cataracte a été pratiquée selon toutes les règles de l'art , il arrive que la cécité n'en persiste pas moins. Attribuer le défaut de succès à l'opérateur , serait une injustice, trop injurieuse pour que nous ne devions pas chercher ici à justifier le talent et l'art , si bien connus pour ces sortes d'opérations. Quand une opération a été pratiquée et qu'aucun accident consécutif apparent n'est venu pour rendre raison de la cécité, il faut donc rapporter celle-ci à l'amaurose ,
( Ci )
qui , dans la plupart des cas , a cédé à 1 application de mes remèdes , faite à propos et méthodiquement.
J'ai un grand nombre de faits confirmatifs de ma doctrine , qu'il serait trop long d'examiner. Les deux qui suivent prouveront péremptoirement la vérité de mes observations.
PREMIÈRE OBSERVATION
Madame la baronne N avait totalement
perdu la vue par une double cataracte , et l'extrême mobilité de ses yeux ; son état nerveux et la situation du cristallin qui était branlant , avaient fait craindre pour l'opération. Quinze jours de l'application de mes remèdes , avant l'opération , et trente jours ensuite ont suffi pour sa guérison.
DEUXIÈME OBSERVATION
Madame , âgée de 41 ans, portait, depuis
sept ans , une cataracte commençante , ou , pour mieux dire , avait sous la capsule cristaHoïde , une légère opacité de l'humeur qui interdisait l'emploi de tout moyen , et ne laissait au malade que l'espoir d'avoir un jour une cataracte qu'on pourrait opérer.
Consulté par ce malade , je n'ai vu dans cet état du cristallin qu'une faiblesse et un relâchement des ligamens de l'œil , qui tenaU l'iris dans un état de flaccidité. Plusieurs exemples de cas semblables me décidèrent à appliquer mes médicamens, qui dissipèrent l'état nébuleux
et rendirent la vue au malade , qui f aurait infailliblement perdue , s'il lui fût survenu accidentellement une ophthalmie.
TROISIÈME OBSERVATION
» Une vieille femme de cent huit ans , demeurant à Londres , était privée de la vue depuis beaucoup d'années , et s'était refusée à subir aucune opération chirurgicale.
» Invité par plusieurs personnes respectables à faire l'essai de mes remèdes sur les yeux de cette personne , je leur déclarai que cette entreprise me paraissait être un tour de force , et que je craignais que son état de débilité , par rapport à son grand âge , ne put favoriser la réaction nécessaire à sa guérison.
» Cependant, je m'y déterminai afin de connaître quel serait le résultat ; l'application fut faite pendant soixante-un jours , et au bout de ce temps , à la surprise générale , elle a parfaitement recouvré la vue ; son portrait (au bas duquel est écrit son nom , son adresse , ainsi que le nom et le domicile des témoins qui l'ont connue aveugle ) fut exposé dans la bourse de Londres , où allèrent en foule le voir ceux qui ne pouvaient visiter la malade chez elle. Le bruit de cette cure m'attira beaucoup de vieillards qui désiraient recouvrer la vue , et sur un très-grand nombre , environ je quart fut guéri d'affections diverses , mais toutes jusques-là réputées incurables».
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