‹ Traités approfondis des maladies des yeux et des oreillesChapitre 19 sur 58 · DI · texte numérisé non relu

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externe de la caisse; sa partie antérieure présente deux éminences , séparées par un enfoncement, mitoyen , qui s'articulent avec la partie postérieure de la tête du marteau.

La branche supérieure de l'enclume naît de la partie postérieure et supérieure du corps , et se porte horizontalement en arrière, jusqu'à l'entrée des cellules mastoïdiennes. Elle est fort courte , mais assez épaisse. Sa figure ressemble à celle d'un cône aplati transversalement , dont la base est en devant et le sommet en arrière.

La branche inférieure de l'enclume naît de la partie inférieure et postérieure du corps. Elle est un peu plus longue que la branche supérieure. Sa figure est arrondie , et sa direction un peu oblique de haut en bas et de derrière en devant. Sa partie inférieure est légèrement recourbée de dehnrs en dedans , et sa dernière extrémité est creusée pour recevoir l'os lenticulaire qui s'y soude ordinairement. Placée plus en dedans et plus en arrière que le manche du marteau , la branche inférieure de l'enclume en est éloignée supérieurement et rapprochée inférieurement, ou elle le touche presque, et forme avec lui un angle très-aigu.

La structure intérieure de l'enclume est la même que celle du marteau. Dans le fœtus à terme , cet os a déjà acquis les dimensions qui lui sont propres , et ne diffère de l'état où on le trouve dans 1 âge adulte, que par sa consistance , qui est moisis considérable. Il s'articule par la partie antérieure de son corps avec la tête du marteau , et avec l'os lenticulaire par l'extrémité de sa branche inférieure. Pour le mettre dans sa situation naturelle , et distinguer le côté auquel il appartient , on tourne son corps en devant , sa longue branche

presque perpendiculairement en bas , et la concavité de la courbure de cette branche en dedans. L'os lenticulaire est très-petit ; il est situé entre l'extrémité de la branche inférieure de l'enclume et la tête de l'étrier. Il est presque orbiculaire et légèrement convexe sur ses deux faces , dont une est externe et l'autre interne. La première s'articule avec la tête de l'étrier , et- la seconde avec l'extrémité de la longue branche de l'enclume , à laquelle l'os lenticulaire reste presque toujours attaché.

L'étrier est le plus intérieur des osselets de l'ouïe. Il est situé transversalement entre l'extrémité de la longue branche de l'enclume et la paroi interne de la caisse. Sa figure est parfaitement semblable à celle de l'instrument dont il porte le nom. On le divise en base . en branches et en tête. La base en est la partie la plus interne et la plus large : c'est une lame très-mince , dont le contour est convexe supérieurement , et presque droit inférieurement , comme la fenêtre ovale que cette base recouvre et à la circonférence de laquelle elle est unie par une membrane très-mince.

Des deux branches de l'étrier, l'une est antérieure et l'autre postérieure. Elles sont courbées l'une vers l'autre ; mais l'antérieure est plus longue , plus mince et moins courbe que la postérieure. Le côté concave de chacune de ces branches présente une cannelure qui se continue sur la face externe de la base , et dans laquelle s'attache la circonférence d'une membrane très-mince qui remplit l'intervalle qu'elles laissent entre elles.

La tête de l'étrier est placée à l'extrémité d'un col très-court , formé par la réunion des deux branches. Elle est concave à son sommet , pour recevoir la face interne de l'os lenticulaire.

L'étrier est entièrement formé de substances compactes. Dans le fœtus , il ne diffère en rien de ce qu'il est dans l'âge adulte ; il s'articule avec l'os lenticulaire , et, par le moyen de cet os, avec la longue branche de l'enclume. Le pourtour de sa base tient , comme il a été dit , à la circonférence de la fenêtre ovale , par une production membraneuse , qui n'est autre chose qu'une continuation du périoste de la caisse. Pour mettre cet os dans sa situation naturelle , et distinguer le gauche du droit , il faut mettre sa tête en dehors , le bord convexe de sa base en haut , et la branche la plus longue et la moins courbe en avant.

Les osselets de l'ouïe sont recouverts d'un périoste très-fin , qui est une continuation de celui qui tapisse les parois de la caisse du tambour. En passant de l'un à l'autre de ces os , ce périoste en affermit les articulations , et leur tient lieu de ligamens. Dans le fœtus, il est parsemé d'un grand nombre de vaisseaux sanguins, qui disparaissent avec lâge.

Les osselets de l'ouïe sont mus par des muscles qui appartiennent au marteau et à l'étrier. Les muscles du marteau sont au nombre de deux ; l'étrier n'en a qu'un.

Les parois de la caisse du tambour sont tapissées par un périoste très-mince , qui s'enfonce dans les cellules mastoïdiennes , et recouvre la surface de leurs parois. Il se continue avec la membrane interne de la trompe d'Eustache. Celui qui couvre les osselets de l'ouïe , et les unit l'un à l'autre, en est une continuation, aussi-bien que la lame interne de la membrane du tympan 4 la membrane qui couvre la fenêtre ronde , et celle qui unit la base de l'étrier à la circonférence de la fenêtre ovale.

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Dans le fœtus et dans les enfans , ce périoste est parsemé d'un grand nombre de vaisseaux sanguins, et couvert d'une humeur légèrement muqueuse qui exsude de tous les points de sa surface ; mais dans un âge avancé , ces vaisseaux disparaissent , ils s'amincissent et se dessèchent 7 au point qu'on a de la peine à les reconnaître.

Dans le fœtus , la caisse du tambour contient une sérosité rougeâtre , un peu visqueuse ; après la naissance , l'air s'y introduit par la trompe d'Eustache , et elle continue à en être remplie pendant toute la vie.

Du labyrinthe.

Le labyrinthe est composé de plusieurs cavités qui communiquent ensemble , et qui sont creusées dans l'épaisseur de la portion pierreuse du temporal. Ces cavités sont , le vestibule , le limaçon et les canaux demi-circulaires.

Du vestibule.

Le vestibule forme la partie moyenne du labyrinthe ; il est situé derrière le limaçon , devant les canaux demi-circulaires , entre la caisse du tambour et le fond du conduit auditif interne. Il représente une cavité presque ovale , augmentée par deux enfoncemens, l'un hémisphérique , situé dans la partie antérieure et un peu interne de cette cavité, du côté du limaçon ; l'autre demi-elliptique, placé dans la partie postérieure et interne, du côté des canaux demi-circulaires. Ces deux enfoncemens sont séparés par une épine osseuse qui s'élève de la partie inférieure du vestibule, se

( ioS ) porte en dehors cl un peu en devant, et se termine au-devant et au-dessus de la fenêtre ovale par une pyramide fort petite , dont le sommet est aplati et garni de quelques aspérités.

On remarque dans le vestibule sept grandes ouvertures, dont une est la fenêtre ovale, une seconde l'orifice de la rampe externe du limaçon, et les cinq autres appartiennent aux canaux demicirculaires. La fenêtre ovale occupe la partie ex^ terne du vestibule. L'orifice de la rampe externe du limaçon se trouve un peu plus bas et un peu plus en avant. Les ouvertures des canaux demicirculaires se remarquent dans l'enfoncement demielliptique de la partie postérieure du vestibule. Outre les grandes ouvertures dont on vient de parler, on remarque dans le vestibule l'orifice extrêmement petit, de son aqueduc , et un assez grand nombre de petits trous qui donnent passage à des vaisseaux sanguins et à des filets de fa portion molle de la septième paire de nerfs. Le vestibule est tapissé d'un périoste très-fin , qui se continue avec celui de la rampe externe du limaçon , et dans lequel se ramifient les vaisseaux sanguins dont on vient de parler. Il contient aussi d'autres parties molles dont il sera fait mention plus bas.

Du limaçon.

Le limaçon forme la partie antérieure du Iab)rrinthe. C'est une cavité qui représente une espèce de cornet spiral double , creusé dans la partie antérieure du rocher , à peu près comme la cavité d'une coquille de limaçon. La forme du limaçon de l'oreille droite est semblable à celles de toutes les coquilles; celle du limaçon gauche est à contre-

( io6 ) sens , et n'a que peu de semblables dans la nature. A cette marque , il est facile de les distinguer l'un de l'autre.

On considère dans le limaçon une base et un sommet. La base est tournée, en dedans, en arrière et en haut, vers le fond du conduit auditif interne ou acoustique ; elle est percée de plusieurs trous qui communiquent au dedans de la cavité du limaçon. Le sommet est tourné en dehors , en devant et un peu en bas du côté de la trompe d'Eustache.

Le limaçon est formé d'un noyau commun, d'un cornet spiral qu'on peut appeler la lame des contours, et d'une lame spirale ou demi-cloison osseuse. Le noyau commun du limaçon en forme le centre ; il a la figure d'un cône fort court , dont la direction est oblique de derrière en devant , de dedans en dehors , et un peu de haut en bas. Sa base , qui est assez large , répond au fond du conduit acoustique , et fait le milieu de la base du limaçon. Son sommet se termine vers le milieu de l'axe du limaçon , en formant une espèce de cône concave , auquel on a donné le nom d'entonnoir. La surface du noyau commun est taillée en vis par une double rainure , et percée^ d'un grand nombre de trous disposés sur deux lignes. Ces trous sont plus nombreux dans celle de ces rainures qui répond à la rampe interne du limaçon , que dans celle qui répond à la rampe externe.

Le cornet spiral du limaçon est formé par une lame osseuse, mince, qu'on peut appeler ia lame des contours. Cette lame , semblable à un triangle isocèle fort alongé, est recourbée sur elle-même suivant sa largeur , et forme une espèce de demicanal dont les bords plus épais que le reste sont étroitement unis à la surface du noyau. Elle tourne

( io7 ) en spiral , d'abord autour de ce noyau , ensuite autour de l'entonnoir qui le termine , et fait deux tours et demi ; mais la spirale diminue rapidement, en sorte que le limaçon approche en total de la forme globuleuse. Ces tours sont étroitement unis ensemble , le long de leur rencontre , et forment par leur adossement une cloison osseuse entière , que l'on nomme la cloison des contours , pour la distinguer d'une autre cloison en partie osseuse , en partie membraneuse , qui sépare les deux rampes du limaçon, et que Ton nomme la demi-cloison. La face interne ou concave du cornet spiral du limaçon forme la plus grande partie des parois de cette ca\ité. Sa face externe ou convexe est entourée, dans le fœtus, d'une substance spongieuse que l'on peut enlever facilement; mais dans l'adulte , elle est Confondue avec la substance compacte du rocher.

Des canaux demi-circulaires.

Les canaux demi-circulaires tirent leur nom de la forme de leur courbure , quoique chacun d'eux excède un demi-ovale. Ce sont des conduits qui partent du vestibule , et y rentrent après avoir parcouru un certain espace de chemin dans l'épaisseur du rocher. Ils sont au nombre de trois : on les distingue en supérieur , en postérieur et en externe ou horizontal.

Le canal demi-circulaire supérieur, un peu moins grand que le postérieur , mais plus grand que l'externe, est disposé de manière que la conr vexité de sa courbure est tournée en haut , et la concavité en bas. Un de ses côtés est antérieur , et l'autre postérieur. Ses deux extrémités sont infé-

( io8 ) rieures , l'une en dehors , 1 autre en dedans : la première s'ouvre dans la partie supérieure et externe dii \restibule , au-dessus de l'extrémité externe du canal demi-circulaire horizontal , par un orifice évasé et de forme elliptique ; la seconde se réunit avec l'extrémité supérieure du canal demi-circulaire postérieur , et forme avec elle un conduit commun, long d'environ deux lignes, qui s'ouvre dans la partie interne et supérieure du vestibule , audessus de l'extrémité interne du canal demi-circulaire externe, par un orifice arrondi.

Le canal demi- circulaire postérieur est un peu plus grand que le supérieur ; sa convexité est tournée en arrière, et sa concavité en avant. Un de ses côtés est en dehors et l'autre en dedans. Ses deux extrémités sont tournées en avant, l'une en haut , et l'autre en bas : la première est unie , comme il a été dit plus haut, avec l'extrémité interne du canal demi-circulaire supérieur; la seconde s'ouvre dans la partie inférieure interne du vestibule , un peu plus bas et plus en dedans que l'extrémité interne du canal demi-circulaire externe , par un orifice évasé , tantôt orbiculaire , et tantôt elliptique.

Le canal demi-circulaire externe ou horizontal , le plus petit des trois , est situé entre le supérieur et le postérieur. Sa convexité est tourné en arrière et sa concavité en avant ; un de ces côtés est en Jiaut, et l'autre en bas. Ses deux extrémités , tournées en avant et assez près l'une de l'autre , se distinguent en externe et en interne : la première s'ouvre dans la partie externe supérieure et postérieure du vestibule , entre la fenêtre ovale et l'orifice externe du canal demi-circulaire supérieur , par un orifice infundibuliforme. La seconde s'ouvre

( I09 ) , dans la partie interne du vestibule, entre l'orifice

commun aux canaux demi -circulaires supérieur

et postérieur, et l'orifice inférieur de ce dernier,

par une ouverture assez étroite et arrondie.

Les canaux demi-circulaires sont tapissés par un périoste très-fin qui se continue avec celui du vestibule , dans lequel se ramifient des vaisseaux sanguins.

Dans le fœtus et dans les enfans nouveaux nés, on peut débarrasser le labyrinthe de la substance qui l'enveloppe , et qui n'a point alors acquis la même dureté que la lame osseuse qui en forme les parois ; mais dans l'âge adulte, ces parois sont tellement confondues avec la substance du rocher , qu'on ne peut point les distinguer du reste de l'os , et les cavités qui composent cette partie de l'organe de l'ouïe ne sont que comme des conduits et des enfoncemens qui seraient pratiqués dans un morceau d'ivoire.

Les oreilles sont les organes de l'ouïe. Les rayons sonores qui viennent frapper la surface externe de leur pavillon , sont réfléchis par les éminences et les enfoncemens de cette partie , et dirigés pour la plupart vers le conduit auditif externe qui les condense et en augmente la force. Arrivés au fond de ce conduit , ils frappent la membrane du tambour , qui est tendue ou relâchée par l'action des muscles du marteau , suivant que le son est plus grave ou plus aigu. L'ébranlement occasionné par les rayons sonores se transmet , avec les vibrations qu'il excite, delà membrane du tympan à l'air qui remplit la caisse , et aux osselets de l'ouïe , et par le moyen de l'étrier , qui est le dernier de ses osselets , et de la membrane qui bouche la fenêtre ronde à la liqueur qui remplit le labyrinthe. Les

agitations de cette liqueur sont transmises au siège immédiat de l'ouïe , c'est-à-dire , aux ramifications que le nerf acoustique distribue dans les différentes parties de cette cavité. Ce nerf porte au sensorium l'impression du son.

La pratique de la médecine ne s est autant perfectionnée de nos jours , que parce que des médecins observateurs ont recueilli un grand nombre défaits desquels ont découlé ensuite des moyens nouveaux de guérir; et c'est ainsi que la thérapeutique s'est enrichie , non point de ses formules banales qui. tuent l'art , mais de ces calculs généraux qui font faire de si heureuses applications aux praticiens exercés. La médecine oculaire n'est point demeurée sans culture , et cette branche importante de l'art de guérir a été l'objet des méditations de beaucoup de médecins habiles.

La chirurgie avait , depuis Ambroise Paré jusqu'à nos jours , révélé beaucoup de procédés opératoires nouveaux pour les maladies des yeux ; mais il est malheureusement beaucoup de ces maladies, il ne faut pas se le dissimuler , auxquelles la chirurgie ne peut absolument rien : les névroses périodiques , les taies, les nuages de la cornée, les cataractes non formées , les paralysies commençantes des nerfs optiques et des muscles moteurs de l'œil ainsi que des paupières ; maladies auxquelles on n'opposait autrefois que des moyens nuls ou insuffisans , incapables d'arrêter les progrès du mal , et dont le moindre inconvénient était la perte d'un temps précieux qu'il est toujours si nécessaire de ménager pour obtenir la guérison.

Mais si les yeux offrent au praticien le plus habile une difficulté presque insurmontable pour terminer les aecidens , combien les maladies auri-

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Culaïres sont -elles encore plus difficiles a vaincre t L'organe de l'ouïe est bien plus éloigné que celui delà vue de tous nos moyens curatifs, puisque nous n'avons , comme je l'ai démontré précédemment , à notre disposition, que les parties les moins importantes de l'organe, le conduit auditif externe et lepavillon; cequi constitue proprement l'oreille externe.

La sympathie existante entre l'estomac et la tête,' entre l'abdomen et le thorax, est trop bien établie , trop de faits constatent . les rapporta soit sympathiques , soit nerveux , qui lient entre elles telles ou telles parties du corps humain , pour que personne doute un seul instant qu il en existe une très - remarquable entre les parties externes de l'oreille et de l'œil avec les parties de ces organes qui échappent à nos sens : qui est-ce qui n'a pas remarqué le rapport de 1 intérieur de la bouche , par la trompe d'Eustache , avec l'oreille interne ? seul moyen qui reste aux personnes affligées de surdité de percevoir les sons , et dont les entendans eux-mêmes se servent machinalement et par instinct , lorsque , pour mieux entendre , ils demeurent bouche béante ; et certes cet usage n'est pas nouveau : car le roi des poètes latins , Virgile , en bon peintre de la nature , a rendu , dans un des plus beaux chants de l'Enéide, cet état de la figure lorsqu'on écoute attentivement (i).

Je me suis bien pénétré de cette vérité de pratique , que la plupart des effets des médicamens s'obtenaient par sympathie et comme par contrecoup : car, bien qu'on introduise toujours dans l'es-

(i) Intentiquc ora tenebûnt , imlè, etc.»

YjRG. AEneùh c. ïj\

tomac les médicamcns employés pour la guérison de presque toutes les maladies , ce serait une grande erreur de penser qu'arrivé dans cet organe , chaque médicament prend la route des parties lésées qu'on veut guérir, pour aller y agir directement. Rien ne serait plus heureux et en même temps plus facile que le traitement des maladies , s il en était ainsi , comme beaucoup de personnes dans le monde paraissent le croire , par l'analogie qu'elles imaginent exister entre les topiques que la chirurgie applique immédiatement à la surface du corps sur les parties lésées.

Le ventricule gastrique n'est que le récipient , qu'une espèce de cornue chimique dans laquelle se préparent, une deuxième fois, les remèdes qu'on y a introduits ; et cette dernière préparation appartient entièrement à la nature qui a , elle aussi , ses procédés , sa méthode , et , disons-le , ses caprices et ses irrégularités.

Pense-t-on,par exemple, que, dans les maladies de poitrine , qui font le désespoir de la médecine , on puisse faire parvenir directement des substances médicamenteuses dans les poumons ? les vomitifs , les béchiques et les incisifs , employés dans cette funeste maladie , n'agissent tous que par sympathie. Le célèbre Baglivi n'aurait pas autant déploré l'insuffisance de la médecine pour la guérison de la phtisie , dont il était lui-même atteint , si l'on pouvait arriver toujours directement jusqu'au siège du mal (i).

C'est ce qui m'a déterminé à rechercher attenti-

(i) O quàra difficile est pulmonum morbos cogtiorere causas !

Bagliyi Opéra,

( V3) vement les causes du très-grand nombre des maladies des oreilles et des yeux , et à trouver un moyen de les guérir C principalement celles provenant de lésions intérieures ) sans le secours de la chirurgie : ou sait d'ailleurs combien sont superflues les opérations chirurgicales dans les amauroses , par exemple , et dans les douleurs profondes et aiguës de l'oreille.

Mes remèdes s'appliquent, seulement pour les maladies des yeux , sur la cornée , et pour les maladies des oreilles (i) , dans le conduit auditif externe ; c'est par un effet sympathique , analogue à celui dont je viens de parler , qu'ils agissent sur les nerfs optiques et acoustiques. Je n'ai pas besoin de répéter ici rénumération d'une foule de faits authentiques , de cures extraordinaires , opérées contre les maladies des yeux et des oreilles qui constatent leur efficacité ; mais il est de la plus grande évidence que l'impression produite par mes remèdes sur les membranes extérieures de l'œil et de l'oreille se répète aussitôt dans l'intérieur de ces organes, au moyen des filets nerveux qui s'y trouvent répandus en très-grand nombre , comme l'anatomie l'a démontré. C'est par cet ébranlement nerveux que l'on peut expliquer la prompte disparition des cataractes commençantes et des hydrophtalmics. J'expliquerai également la cure des taies qui végètent sur la cornée, d'une manière parasite, comme les fungus sur l'écorce des arbres; ce n'est autre chose qu'une production étrangère à l'animalisation, et dont on la débarrasse en augmentant la vitalité des membranes. C'est donc une très-

(i) Mes renlèdes contre les maladies des yeux, sont tout- à- fait différens de ceux que j'emploie contre les maladies des oreilles.

grande erreur que celle dans laquelle sont tombés beaucoup de médecins , en croyant que la cure des taies et des végétations qu'on voit, se développer sur les cornées était purement mécanique , et qu'il suffisait , comme l'avait proposé Taylor , oculiste anglais et autres, d'user par le frottement ces corps étrangers. De là est venu l'usage des remèdes pulvérulens de toutes espèces , que beaucoup d'anciens médecins n'ont pas encore abandonnés , tels que la tuthie, le sucre cristallisé en poudre , le pain brûlé , etc. , et autres moyens qui n'ont aucune propriété médicamenteuse, non plus que les injections miellées qu'on est dans l'usage de faire dans les oreilles.

Après avoir traité comme le vulgaire des oculistes les maladies des yeux , j'ai essayé , en suivant les malades , de les abandonner à eux-mêmes sans user des moyens oiseux dont je viens, de parler ; et j'ai eu la satisfaction , en les comparant à ceux qui étaient traités par l'ancienne méthode , de m'assurer que les uns et les autres marchaient aussi lentement vers la guérison. Je fis ensuite l'application de mes remèdes sur ces deux classes de malades qui bientôt furent totalement guéris.

Je ne peux résister au plaisir de citer quelques faits à l'appui de ce que je viens d'avancer, et qui prouveront , en même temps , que l'on peut soimême , étant étranger à l'art , appliquer mes remèdes avec un égal succès , même dans les pays les plus éloignés de ma résidence.

ou

DES CIRCONSTANCES PHYSIQUES DE LA VIE QUI PEUVENT NUIRE A LEUR ÉTAT SANITAIRE.

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