CHAPITRE III
De faction de ï air sur les yeux.
Oi l'air n'a aucune influence sur le sens de la vue, il n'en reste pas moins la cause la plus Ordinaire des maladies des yeux , non seulement par ses qualités physiques permanentes , sa température , son humidité , la rapidité de son mouvement , mais encore par les propriétés jparticulières qu'il peut acquérir accidentellement.
La plupart des ophtalmies reconnaissent pour Cause les transitions subites du chaud au froid; quelquefois f l'action du froid est si prompte et si intense , que l'ophtalgie est subite et comme déterminée par quelques corpuscules qui se seraient introduites entre les paupières. L'air agit d'autant plus encore sur la muqueuse oculaire , qu'à sa température froide il s'y joint beaucoup d'humidité , et dans aucun temps , on ne voit plus de rougeurs d'yeux et d'inflammation dans la conjonctive , que dans les temps froids et brumeux.
Un air chaud et sec occasionne peut - être encore autant de maux d'yeux que le froid. C'est surtout quand les vents d'est et de sud régnent long-temps, qu'on observe cette espèce d'inflammation , que les Grecs ont appelée xérophtalmie ( ophtalmie sèche ). La raison de cette espèce d inflammation , qui détermine un sentiment d'aridité et d'érosion , est l'évaporation prompte de l'humeur lacrymale qui lubrifie habituellement les yeux.
L atmosphère alors agissant immédiatement sur le globe de l'œil , détermine un mal-aise et une douleur ( ophtalgie ) qui est bientôt suivie d'inflammation , pour peu qu'on reste exposé à un courant d'air violent. Cette espèce d'ophtalmie , toujours fort grave et très - opiniâtre , se remarque ordinairement vers le solstice d'été , époque où les vents d'est et de sud régnent plus fréquemment; et elle s'observe communément chez les gens qui sont occupés aux travaux des champs, chez les courriers et les postillons.
Etant susceptible de tenir en suspension une foule d'agens délétères , l'air peut encore déterminer un grand nombre de maux d'yeux , contre lesquels nous ne saurions nous prémunir. Beaucoup d'ophtalmies régnent souvent endémiquement ou épidémiquement , sans trop savoir quelle en est la cause essentielle. L'ophtalmie d'Egypte ,' par, exemple , ne peut-elle pas être attribuée autant » 1 état de l'air, qu'aux variations et changemens brusques de l'atmosphère (r).
Le voisinage des fabriques de certaines pré-
(i) Sur la cause de la nature de l'ophtalmie d'Egypte, les auteurs ne sont nullement d'accord. Des médecins distingue^ prétendent que cette ophtalmie est essentiellement contagieuse , tandis que d'autres se sont prononcés en faveur de l'innocuité. Nous n'avons jamais considéré la contagion que comme une manière d'être relative même dans tous les cas. Toutes les inflammations muqueuses , qui .sont par* ▼enues à un certain degré d'intensité, sont véritablement susceptibles de se transmettre par contact immédiat. Les observations , selon le célèbre ClisUAssier , sont tout-à-fait fa*J Torables à cette conjecture.
parafions chimiques , telles que les acides sulfuriques , nitriques , chloriques , n'est pas moins pernicieux aux yeux qu'à la poitrine de ceux qui habitueliement respirent l'atmosphère éminemment irritante qui règne autour de ces lieux.
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