‹ Traités approfondis des maladies des yeux et des oreillesChapitre 26 sur 58 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

fZ?£ Tinjluence et des inconvéniens de l'usage des lunettes.

»bi Ton ne concevait pas l'influence de l'habitude , on concevrait difficilement que les anciens aient pu se passer d'un meuble dont l'usage est si commun de nos jours. Mais il faut dire 'clés lunettes , ce qu'on peut dire de beaucoup de choses , au lieu de chercher à ne pas en faire usage , il est souvent arrivé qu'on a tout fait pour en contracter l'habitude.

Sans nécessité aucune , mais d'après quelques avis inconsidérés, des personnes encore très-jeunes couvrent leurs yeux de lunettes dites conserves, qui, bien loin d'ajouter à la portée de la vue, ne font que la gêner dans ses exercices et hâter sa ruine. Combien de jeunes gens , en France principalement , qui , avec de bons yeux , ayant voulu simuler la myopie pour échapper aux réquisitions militaires et avoir un motif d'exemption , ont pris des conserves qui , par l'habitude, leur sont devenues ensuite indispensables.

La myopie ou vue courte ne constituant qu'un état relatif, ne pourrait constamment trouver dans l'usage des lunettes un moyen toujours utile. L'âge et certaines circonstances passagères peuvent être des raisons suffisantes pour en éloigner l'emploi. Dans l'état naturel jusqu'à la parfaite croissance , il y a myopie à> un degré plus ou moins sensible. Or, jusque-là, l'usage des lunettes n'est donc pas rigoureusement nécessaire.

La myopie n étant point une manière d èire absolue de la vision , l'usage permanent d'un modificateur est au moins inutile quand il n'est pas nuisible. Au chapitre de l'éducation, nous avons déjà dit que la myopie était souvent le fruit de l'habitude vicieuse qu'on laisse prendre aux enfans de regarder de très-près les objets. Ailleurs, cette infirmité est le résultat d'une vive sensibilité , et les individus qui sont myopes à une vive lumière , ont la vue bonne par ua temps nébuleux.

Il n'y a donc véritablement de myopie , que chez celui dont les humeurs de l'œil sont trèsabondantes , et dont la cornée transparente est saillante et sphérique. A ceux-là en effet l'art

{)eut offrir un auxiliaire et un modificateur dans es lunettes.

La presbytie , au contraire , ou la vue longue* est plus réelle et absolue que la myopie. Cette infirmité naturelle , qui appartient à la vieillesse principalement , réclame plus impérieusement que la première, l'aide et le secours des lunettes. Il vaut cependant beaucoup mieux , dans les deux cas, faire usage des remèdes suffisamment ^calculés, et qui peuvent dans un cas amener à distinguer les objets éloignés ; et dans l'autre , ceux qui se trouvent rapprochés , sans faire craindre de fâcheux résultats. La croissance une fois accomplie, la vue reste plus ou moins de temps dans un état permanent de portée absolue, jusqu'à un âge plus ou moins avancé; mais il arrive un moment où , comme on le dit vulgairement, la vue s'affaiblit. C'est alors que l'usage de mes remèdes devient nécessaire et même indispensable.

( iSo )

Les diverses dispositions de la vue qui résultent de conformations organiques, telles que la myopie et la presbytie ; de même aussi que celles qu'on attribue à quelque mode d'excitation nerveuse , comme là nyctalopie et l'héméraiopie , ne peuvent constamment éprouver par lemploi des lunettes , un changement suffisant pour que la vue reprenne toute la perfection dont elle est susceptible , tandis qu'elle l'a souvent retrouvée par l'usage de mes remèdes.

Trop souvent des individus se croyent obligés d'avoir recours aux lunettes , quand l'imperfection de leur vue n'est due qu'à un état morbide. Bien des fois nous avons reconnu que les diverses infirmités nommées ci-dessus , sont aussi souvent consécutives, à des ophtalmies ordinaires qu'essentiellement organiques ; dans tous les cas , si les lunettes ne sont point préjudiciables, elles sont le plus souvent inutiles; et le plus grand nombre des personnes qui nous ont consulté , ont, par nos soins , recouvré tôt ou tard, sinon une vue parfaite, au moins meilleure, et qui s'est toujours conservée telle, sans être tenues à reprendre l'usage des lunettes.

L'inégalité des yeux est encore une àr constance difficile à apprécier , et le degré de courbure qui convient à l'un ne pourrait convenir à l'autre. Cependant puisque toujours nous voyons des verres d'un même foyer être enchâssés ensemble , la parité comme la disparité des foyers peut produire à la longue d'étranges désordres.

il ne suffit point encore de trouver des verres de lunettes dont le foyer soit en rapport avec la portée des yeux^ mais il faut

aussi que ces mêmes verres soient sans dé-: fauts , bien adoucis , d'une seule courbure , parce que la vision n'est jamais plus distincte» que lorsque les rayons qui pénétrent dans l'œil passent par le cenlre du verre. Cette dernière qualité si essentielle , tient à une trop grande précision pour espérer la rencontrer facilement. A raison du travail qu'exige la fabrication de ces verres , leur prix est trop élevé pour que toutes les personnes qui ont besoin de lunettes puissent en faire la dépense. Aussi les pauvres, gens gagneraient-ils plus à se passer de cet instrument , qu'à se servir de ceux que débitent communément les marchands colporteurs.

La disparité des foyers dans un verre de lunette, est quelquefois telle, que ceux de la circonférence sont à celui du centre , comme i4 est à 10 et 10 à 8 , d'où il est aisé de conclure le dommage que les yeux reçoivent de l'usage de pareilles lunettes, qui obligent la pupille à changer de diamètre à chaque instant. Quoique les verres pèriseopiques (i) semblent au premier abord ne convenir qu'à un très-petit nombre de personnes, toujours est-il qu'ils méritent la préférence dans tous les cas, et qu'ils sont les seuls dont on pourrait faire usage avec moins de danger. En agrandissant le champ de la vision, et ayant sur tous les points le même foyer , ils ne produisent , sur les yeux, aucune de ces illusions que déterminent le plus grand nombre des autres verres , dont les moindres- inconvéniens ne sont

(i) C'est aji- célèbre physicien Wollaston , que nous (.levons la perfection des verres pèriseopiques»

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point «3e nous faire mal juger les objets , mais de changer le mode de sensibilité de la rétine, et d'imprimer souvent un défaut de parallélisme aux axes visuels.

Une autre considération non moins importante , est que les axes des foyers des verres soient toujours parallèles à ceux des yeux. C'est dans la manière de monter les lunettes qu'on peut obvier à cet inconvénient. Aussi les montures en écaille ou en corne, ont-elles le défaut de se déjeter en sens différens, et conséquemment de changer la direction de l'axe de leurs foyers. Or, nous préférons pour obvier à ces dérangemens , les montures d'acier , d'or ou d'argent, à celles de corne ou d'écaillé.

Nous ne parlerons pas des lunettes diversement coloriées , et dont les nuances sont su*bordonnées aux divers cospothologiques. Ces lunettes ne conviennent que pour protéger les yeux contre une trop vive lumière. A l'oculiste seul appartient d'en déterminer la nuance et l'emploi. Quant aux monocles , dont l'usage est si répandu aujourd'hui, plus encore par ton que par besoin, qu'il nous suffise de dire que l'œil qu'on exerce à l'aide de cet instrument, a bientôt perdu la faculté d'agir simultanément avec l'autre , et on ne saurait donc trop blâmer les personnes qui, primitivement et sans besoin, ont contracté l'habitude d'agir et d'examiner à l'aide des nouvelles»

DES CHUES

TAITES SUR. D£3 EÏAIiAÏÏIIS 3BE3 YEUX RÉFUTÉES IWCU&A2I.Z0 ,

Sans Opérations chirurgicales y AVEC DES REMÈDES INVENTÉS

par JOHN "WILLIAMS,

Ancien Oculiste du feu Roi Louis XVIII, eic; Membre correspondant des Sociétés de Médecine de Paris , Marseille, Toulouse, Chatons, Clermont-Ferrand , Evreux ; et de la Société d'émulation de Cambrai, etc. etc. etc.

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