‹ Traités approfondis des maladies des yeux et des oreillesChapitre 35 sur 58 · INCITATION · texte numérisé non relu

INCITATION

Saint-Omcr le 22 juillet 1820.

Le Maire de ta Ville de Saint-Omer à M. Williams, Oculiste honoraire des Rois.

Monsieur, informé des services que vous rendez à l'humanité , en donnant vos soins gratuitement à un grand nombre d'indigens aveugles ou attaqués de maux d'yeux, j'ai l'honneur de vous prier de faire quelque séjour en cette ville lorsque vous y passerez pour vous rendre à Calais. Nos pauvres vous béniront, et moi , monsieur, je me féliciterai bien sincèrement de votre présence en

celle cité, puisqu'elle a pour objet le soulagement des malheureux privés de la vue ou attaqués de maux d'yeux.

Veuillez m'informer a l'avance du moment de voire arrivée, afin que je puisse en donner connaissance aux administrations des hospices et de bienfaisance.

.J'ai l'honneur d'être, etc.

Le Maive de la ville.

Saint-Quentin, le 8 novembre 1828.

Le Maire de la ville de St. -Quentin , à M. Williams , Oculiste honoraire des Rois.

Monsieur , organe du grand nombre de malheureux affectés de maux d'yeux graves et invétérés, que je vous envoie tous les jours, depuis votre arrivée en celte ville, et témoin des prodiges que vous avez déjà opérés, recevez , homme bienfaisant , leurs remercîmens et les miens pour les soins que vous leur prodiguez tous les jours avec le zèle et le désintéressement le plus philanthropique.

J'ai suivi avec autant d'assiduité que me le permettaient mes occupations administratives, vos trailemens dans la salle des hospices et ceux particuliers que vous administrez chez vous, et je rends hommage à la vérilé en vous déclarant ici que les affligés, en grand nombre, que vous traitez et que j'ai interrogés tant en particulier que devant témoins, m'ont attesté avec le sentiment de la plus vive reconnaissance, qu'ils éprouvaient de jour en jour un soulagement dans les maux qu'ils souffraient et une amélioration dans la vue qui en outre-passent leurs espérances et les miennes, quelque fut le degré de confiance que m'ont inspiré les pièces authentiques que vous m'avez présentées, que j'ai encore entre les mains, et qui toutes attestent les succès étonnans que vous avez obtenus de l'efiicacité de vos remèdes dans les diverses contrées que vous avez parcourues.

Je n'ai pu, je vous l'avoue, ne point m'étonner que les individus qui, quelques jours avant, ne voyaient pas pour se conduire , marchaient seuls avec assez d'assurance; que d'autres avaient des taches dans les yeux

lorsqu'ils se présentèrent devant moi pour obtenir leur certificat, et que ces taches disparaissaient d'une manière trés-sensible.

Je vous en conjure, au nom de L'humanité, prolongez, Monsieur, votre séjour dans notre ville , pour y achever des cures que vous avez si heureusement commencées : je joins mes instances à celles aussi vives que touchantes, que vous ont adressées hier nos malheureux affligés, en présence des dames respectables qui dirigent l'hospice des Orphelins, et en la mienne. Combien vous avez dû être délicieusement ému , en entendant appeler sur vous, d'uue voix unanime , toutes les bénédictions du Ciel : ils vous oml proclamé leur père, et vous le serez en effet en leur rendant avec la vue , une existence qui ne leur sera plus à charge, ni à la société;

Comptez, Monsieur , sur la reconnaissance de mes concitoyens , comme sur la mienne, et recevez, etc.

Dupcis.

JjCS Orphelines ds 1 Hospice de Saint-Quentin, dM. Williams, Oculiste honoraire des Rois.

Nos talens et nos faculté? ne nous permettant pas de nous acquitter envers vous d'une manière aussi digne que votre bienfait à notre égard le mérite, permettez-nous de vous prier d'agréer l'hommage sincère de notre juste reconnaissance, pour les soins généreux et assidus que vous avez daigné nous prodiguer, pour le recouvrement de la vue dont une de nos compagnes était privée depuis onze ans : grâce à ces mêmes soins , la vue de plusieurs d'entre nous se trouve dans un état d'amélioration trèssensible.... Puissiez-vous , homme charitable et zélé, recevoir, dès cette vie même, la récompense due à d'aussi éminens services ! Nous espérons tout de cette bonté Divine qui prête toujours une oreille attentive à la voix des infortunés orphelins : oui , nous espérons qu'elle daignera exaucer les prières que nous lui adressons pour votre bonheur et la conservation de vos jours si précieux à l'humanité souffrante. Vivez, vivez, Monsieur, et nos vœux seront accomplis ! ...

C'est dans cet espoir flatteur que nous avons l'honneur d'être , etc.

Camille, Joséphine, Louise , Cléonie, Désirée, Constantin*, Henriette , Irma Eugénie , et Adélaïde Longue, celle qui était privée d'un œil depuis onze ans.

Moi, Supérieure de l'hospice des orphelins, certifie véritable le contenu de cette lettre, faite par les Orphelines, à l'insu de M. Williams.

A Saint-Quentin, le 17 Novembre 1828. A. Fera.

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