‹ Traités approfondis des maladies des yeux et des oreillesChapitre 4 sur 58 · XI · texte numérisé non relu

XI

leucomas qui y succèdent, les fistules qui en sont fort souvent la suite ; les dépôts de matières purulentes ou de lymphe épaissie qui se manifestent, soit entre la cornée et la conjonctive, soit dans l'interstice des lames, dont se compose la première de ces deux membranes, comme le nuage ou néphélion, la veine, l'albugo et Ta perle; les petits abcès de la cornée, improprement nommés hypopion; les collections purulentes dans les chambres antérieures et postérieures, constituant lhypopion proprement dit; la procidence de l'iris; l'opacité du cristalin, de la capsule et de l'humeur de Morgagni, formant les cataractes cristallines , membraneuses et laiteuses; lopacité de l'humeur vitrée ou le glaucome; les varices volumineuses et les autres maladies de la toile choroïdienne ; la paralysie de la rétine et du nerf optique ; la compression de ce dernier par une exostose ou une tumeur orbitaire quelconque; l'altération de la partie cérébrale d'où il tire son origine, etc. ; toutes ces affections, dont le nombre est immense , et qui sont à-la-fois le triomphe et l'écueil de la chirurgie , toutes ces affections, dis je, peuvent devenir autant de causes de la perte de la vue.

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La cécité est aussi très- fréquemment accidentelle; elle peut être la suite de quelque violence dirigée contre l'organe visuel ou les parties qui 1 entourent. Les plaies , les piqûres , les contusions violentes, et toute solution de continuité enfin, peuvent être suivies de cécité. Mais cette infirmité est toujours sans remède toutes les fois qu'elle est le résultat de la sortie des humeurs de l'œil; celui-ci alors ne se trouvant plus dans les conditions voulues pour l'exercice de la vue.

L'inflammation de la conjonctive assez intense pour produire un bourrelet charnu, désigné par l'épithète de Chémosis ; celle des paupières ou la blepharophtalmie ; le relâchement et la paralysie de la paupière supérieure; les tumeur* cystiques, lithiasiques ou phlegmoneuses, qui se développent dans l'épaisseur des paupières; l'exophthalmie provoquée par le gonflement des graisses de l'orbite, par le squirrhe de la glande lacrymale, ou par celui de la caroncule du même nom, etc. , entraînent , de même à leur suite, la perte plus ou moins long-temps prolongée, ou, pour parler plus exactement, la suspension momentanée de

la vue. Cette fonction peut être aussi complètement abolie, soit par une ophtalmie aigiïe et violente, soit par une inflammation chronique de la conjonctive assez long-temps prolongée pour altérer le tissu de la membrane, l'épaissir, et en détruire la diaphanéité de la cornée.

La cécité n'est pas toujours le fait de quelque affection immédiate des organes de la vision. Souvent elle est due à des affections éloignées; elle n'existe alors que d'une manière symptômatique ou sympathique. La présence des vers dans les instestins ou dans l'estomac, et l'irritation de ce dernier organe déterminent souvent un état de cécité plus ou moins grave et inquiétant.

D'après tout ce qui précède , il est facile de concevoir que la cécité est tantôt temporaire, tantôt permanente.

]N[ous cessons de distinguer les objets, lorsque nous passons d'un endroit fort éclairé dans un milieu obscur, ou réciproquement, d'un lieu obscur dans un endroit très-éclairé ; mais quelques instans suffisent pour dissiper cette cécité, et pour mettre la sensibilité de notre rétine en équilibre avec la lumière qui la frappe. Un homme, plongé

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