IX. Liberté de pêche dans les grandes eau,v
Les grands lacs, les grandes rivières, les grandes baies, et surtout l'Océan, ne sont pas occupés par des propriétés exclusives. On les considère comme n'appartenant à personne, ou poui' mieux dire, comme appartenant à tous.
n n'y a pas de raison poiu' limiter la pêche de l'Océan. La multiplicarion de la plupart des espèces de poissons paraît inépuisable. La prodigalité, la magnificence de la natiu'e à cet égard sm-^jasse tout ce que Ton peut concevoir. L'infatigable LeeuTvenhoeck avait esrimé le nombre des œufs d'une seule moi-ue au delà de dix millions. Ce que nous pouvons prendre et consommer, dans cet immense magasin d'aliments, n'est absohunent rien comparé à la destruction qui s'opère par des causes physiques que nous ne saluions ni prévenir ni afiaiblir. L'homme en pleine mer, avec ses nacelles et ses filets, n'est que le faible rival des grands dominateurs de l'Océan. Il ne fait pas plus de ravages parmi les petites espèces que les baleines. Quant aux poissons des ririères, dos lacs, des petits golfes, les lois prennent pour leur- conservation des précautions efiicaces et nécessaires.
Où il n'y a point de raison de jalousie, point de crainte de voir diminuer le fonds de la richesse par le nombre des concurrents, il faut laisser à chactm le droit de premier occupant, et encoiu'ager toute espèce de travail qui tend à augmenter l'abondance générale.