‹ Traités de législation civile et pénale;Chapitre 112 sur 299 · SUCCESSION · texte numérisé non relu

SUCCESSION

aux lois de les apprécier. C'est au pure à y pourvoir au moyen du di'oit de tester.

Art. IY. Si un enfant à toi, décédé avant toi, laisse des enfants, sa part se distribuera entre eux à portions égales : et ainsi pour tous descendants à V infini.

Remarcpies, C'est la distribution par souches préférée à celle par têtes, pour deux raisons : 1° Pour prévenir la peine d\ittente trompée. Que la part de l'aîné se trouve diminuée par la naissance de chaque cadet, c'est un événement natm-el sui- lequel son attente a dû se former. Cependant, en général, quand un des enfants commence à exercer sa faculté reproductive, celle du père est à peu près à son terme. À cette époque, les enfants doivent se croire arrivés au terme des diminutions que leui's parts respectives doivent éprouver. Mais si chaque petit-fils ou petite-fille opérait ime diminution égale à celle qu'a opérée chaque fils ou chaque fille, la diminution n'aïu'ait plus de bornes. Il n'y aurait plus de données certaines sui- lesquelles on pût asseoir un plan de vie.

2" Les petits-enfants ont pom' ressoiu'ce immédiate les moyens de lem- père défunt. Leur habitude de cooccupation, détachée de leur aïeul, a dû s'exercer par préférence, sinon même exclusivement, sur les fonds de l'industrie paternelle. Ajoutez qu'ils ont dans les biens de leur mère et de ses parents une ressource où les autres enfants de leiu' grand-père n'ont aucune part.

Art. y. Si tu n'as point de descendants, tes biens iront en commun à tes père et mère.

Remarques. Pourquoi aux descendants avant les autres ? 1° Supéi-ioi'ité d'affection. Tout autre arrangement serait contraire au cœur paternel. Nous aimons mieux ceux qui dépendent de nous que ceux de qui nous dépendons. Il est plus doux de régner que d'obéir. 2° Supériorité de besoins. Il est certain que nos enfants ne peuvent exister sans nous, ou quelqu'un qui prenne notre place. Il est probable que nos pères peuvent exister sans nous, puisqu'ils ont existé avant nous.

Pourquoi la succession passe-t-elle aux père et mère plutôt qu'aux frères et sœurs ? 1° La parenté étant plus immédiate fait présumer une affection supérieure. 2" C'est une récompense poui* des services rendus, ou plutôt un dédommagement des peines et des frais de l'éducation. Qu'est-ce (pii forme la part-nté entre mon frère et moi ? Notre relation commime au même père et à la même mère. Qu'estce qui me le rend plus cher que tout autre compagnon avec qui j'aurais passé une égale portion de ma vie ? c'est qu'il est plus cher à ceux qui ont mes premières affections. — Il n'est pas sûr (jue je lui sois redevable de rien, mais il est sûr que je leur suis redevable dç

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