‹ Traités de législation civile et pénale;Chapitre 136 sur 299 · ENTEE QUELLES PERSONNES LE MAEIAGE SERA-T-IL PERMIS · texte numérisé non relu

ENTEE QUELLES PERSONNES LE MAEIAGE SERA-T-IL PERMIS

Si on voulait se guider ici par les faits historiques, on se trouverait bien embarrassé, ou plutôt il serait impossible de déduire ime seule règle fixe de tant d'usages contradictoires. On ne manquerait pas d'exemples respectables poiu* autoriser les unions que nous regardons comme les plus criminelles, ni poui- en prohiber plusieui-s que nous croyons tout à fait innocentes. Chaque peuple prétend suivre à cet égard ce qu'il appelle la loi de la nature, et voit avec ime espèce d'horreur, sous des images de souillnre et d'impui'eté, tout ce qui n'est pas conforme aux lois matrimoniales de son pays. Supposons que nous sommes dans l'ignorance de toutes ces institutions locales.

et ne consultons que le principe de l'utilité poiu* voir entre quelles personnes il oon\'ient de permettre ou d'interdii'e cette union.

Si nous examinons l'intérieur d'une famille composée de personnes qui diffèrent entre elles par l'âge, par le sexe, et par les devoirs relatifs, il se présentera bientôt à notre esprit de fortes raisons pour proscrire certaines alliances entre plusieui-s indi^•idus de cette famille.

Je vois une raison qui plaide directement contre le mariage même. Un père, un grand-père, un oncle tenant la place du père, pourraient abuser de leiu' puissance pour forcer une jeune fille à contracter avec eux une alliance qui lui serait odieuse. Plus l'autorité de ces parents est nécessaii'e, moins il faut leur donner la tentation d'en abuser.

Cet inconvénient ne s'étend qu'à un petit nombre de cas incestueux, et n'est pas le plus grave. C'est dans le danger des mœurs, c'est-à-dire, dans les maux qui poiu-raient résulter d'un commerce passager hors du mariage, qu'il faut chercher les véritables raisons pour proscrù'e certaines alliances.

S'il n'y avait pas ime barrière iusurmontable entre de proches parents appelés à ^ivre ensemble dans la plus grande intimité, ce rapprochement, les occasions continuelles, l'amitié même et ses caresses innocentes pourraient allumer des passions funestes. ''Les familles, ces retraites où l'on doit trouver le repos dans le setu de l'ordi-e, et où les mouvements de l'âme agitée dans les scènes du monde doivent se calmer, les familles seraient elles-mêmes en proie à toutes les inquiétudes des rivalités, à toutes les fiu'eurs de l'amoiu-. Les soupçons banniraient la confiance ; les sentiments les plus doux s'éteindi'aient dans les cœurs : des haines éternelles ou des vengeances dont la seule idée fait frémir, en prendi-aient la place. L'opinion de la chasteté des jeunes filles, cet attrait si puissant du mariage, ne saurait plus sur quoi se reposer: et les pièges les plus dangereux poui' l'éducation de la jeimesse se trouveraient dans l'asile môme où elle peut le moins les éviter.

Ces inconvénients peuvent se ranger sous quatre titres.

1° Mal de rivalité. Danger résultant d'ime rivalité réelle ou soupçonnée entre im conjoint et certaines personnes du nombre de ses parents ou de ses alliés.

2° Empêchement de mariage. Danger de priver les filles de la chance de former un établissement permanent et avantageux par la voie du mariage, en diminuant la sécurité de ceux qui auraient eu envie de les épouser.

3° Relâchement de discipline domestique. Danger d'intervertir la natirre des relations entre ceux qui doivent commander et ceux qui doivent obéir, ou au moins d'affaiblir l'autorité tutélaire qui, pour

l'intérêt des personnes mineures, doit être exercée sur elles par les chefs de la famille ou ceux qui en tiennent la place.

4° Préjudice physique. Dangers qui peuvent résulter des jouissances prématurées, pour le développement des forces et la santé des indi\idus.

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